Comment l’être humain peut-il vivre mieux plus longtemps ?

© Kolopa Aurélie, 2020

Êtes-vous séduit à l’idée d’allonger votre espérance de vie ? De vivre beaucoup plus longtemps tout en étant en bonne santé ? D’améliorer votre qualité de vie et de prendre votre santé en main ? Le but étant d’avoir une santé de fer pour toute la vie.

Parlons de télomères. Qu’est-ce que c’est ? Ce sont les extrémités de vos chromosomes qui rétrécissent en vieillissant. Cependant, vous pouvez les agrandir. Comment ? Grâce à la méditation, l’exercice, la nourriture saine, le sommeil et même les multivitamines, qui peuvent vous aider à allonger vos télomères. Vous pouvez donc rajeunir biologiquement tout en vieillissant. Ainsi, vous pouvez par exemple avoir 50 ans, mais vos télomères en auront 35. Le chiffre dépend bien évidemment de combien vous allez allonger vos télomères. Vous devez vivre sainement pour pouvoir augmenter vos chances de vivre longtemps et en bonne santé. Étant donné que vous aurez besoin de notre corps le plus longtemps possible, vous devons donc lui fournir tout ce dont il a besoin. Et cela ne dépend que de vous !

Les règles d’or à table

La nourriture, c’est de l’information. Des instructions pour le corps. Elle améliore votre biologie ou la dégrade. Elle affecte l’expression des gènes et des hormones. Essentiellement, on peut se dire en boucle que tout ce qu’on met dans notre bouche, tout ce qu’on avale va nous aider à soit avoir une longue vie ou soit une vie courte. A vous de choisir. Dès maintenant, pas dans 20 ans. Cela augmente votre espérance de vie, et surtout vous vous sentez bien maintenant. Et comment on y arrive ? Cela commence dans la cuisine. En regardant son assiette, on veut voir des plantes, des protéines de bonne qualité et du très bon gras comme de l’huile d’olive, de l’huile de noix de coco, des noix, des graines, de l’avocat. Avec ce bon équilibre, vous avez les fibres. Qui aident votre corps à éliminer les toxines. C’est simple, laissez la nourriture créée par l’homme. « Mangez celle créée par Dieu ». Dieu a-t-il créé la génoise ? Non. A-t-il créé l’avocat ? Probablement. Ainsi, pas de fausse nourriture. Ni emballé, ni industriel. Faites en usine, on n’y touche pas. Fait à partir d’une plante, on peut manger.

De nombreuses expériences qui ont été faites sur des singes macaques rhésus ont pu affirmer que ceux qui mangent moins en quantité vivent plus longtemps . Car ils produisent moins de déchets oxydatifs qui sont liés à l’accélération prématurée du vieillissement et de l’âge . Une bonne règle à adopter consiste à manger moins à chaque repas, pour fragmenter l’apport alimentaire pendant la journée. Attention, ceci n’est pas une incitation au grignotage ! Manger des aliments dans le respect de l’équilibre: des aliments sains, avec un index glycémique bas.

De plus, adoptez la fragmentation des repas. Autrement dit, « Un petit déjeuner de roi « , « Un déjeuner de prince »,  » Et un dîner de pauvre  » En outre, mangez davantage le matin, bien à midi et moins le soir. Et si nous suivons les adages des proverbes populaires: « Mangez de bon appétit le matin, partagez avec un ami le midi et donnez à votre ennemi le soir.» Pourquoi ? Car les calories du soir sont moins brûlées que celles consommées dans la journée. Ainsi, les corps gras qui ne se transforment pas en énergie ne brûlent pas en dormant et sont directement stockés dans notre organisme. D’où l’importance d’éviter de consommer des aliments trop riches en graisses le soir, car la prise de poids est à la longue inévitable. On prend donc un repas du soir léger.

Pyramide Alimentaire de 2020 complètement revisitée dans son contenu : plus équilibrée et surtout plus durable. Elle est proposée sur le site de Food in Action (site où toute l’info nutrition et diététique est dédiée aux professionnels de la santé ). Mais a été développée par Karott’SA, avec l’appui scientifique du département diététique de l’Institut Paul Lambin (Haute Ecole Léonard de Vinci).
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Il est important de manger des fruits et légumes chaque jour. Diversifiez et choisissez des fruits et légumes de saison. Les fruits et légumes les plus frais possibles sont les plus riches en vitamines. Buvez 1,5 L d’eau par jour au minimum. Cela correspond à 8 ou 10 verres d’eau par jour. Evitez les sodas. Le sucre qu’elles contiennent provoque des réactions hormonales qui augmentent l’appétit. Mot d’ordre : De l’eau, de l’eau, de l’eau ! Et l’alcool ? De l’art de boire… avec la plus grande modération. Pas d’abus de vin et d’alcools.

Au quotidien, variez l’alimentation. Répartissez de façon plus équilibrée l’apport alimentaire sur la journée. Choisissez des aliments complets, riches en fibres et si possibles bio, exempts de résidus chimiques. On conserve ainsi la qualité de l’enveloppe du grain et du germe qui renferme les nutriments essentiels de la céréale. Diminuez la consommation de viande à remplacer par du poisson, des œufs, des produits laitiers maigre ou par une combinaison de céréales et de légumineuse.

Selon Anne-Sophie Masureel, infirmière de formation et responsable de l’équipe santé à Univers Santé à Louvain-la-Neuve, il est clair que l’on vit plus sainement en étant végétarien qu’en étant carnivore. D’après elle, la viande est bonne et certaine viandes sont meilleures que d’autres. Mais en petite quantité. Elle n’est ni pour ni contre, pour elle le fait est de manger équilibré. Les grandes quantités sont mauvaises. Le plus important pour elle c’est de varié et de ne pas être dans une mono-alimentation.

Laissez tomber les sucreries, les aliments raffinés, et les aliments industriels. Faites attention aux excès en sel, sucres et graisses. La santé est tout d’abord dans notre assiette, en passant par une bonne alimentation et une bonne hydratation. Une nutrition saine, et une assiette colorée, est garante d’une alimentation variée et équilibrée.

Parlons du mirage des suppléments… Il est recommandé de ne recourir aux compléments alimentaires que sur avis médical. Un médecin peut, par exemple, vous en prescrire, s’il détecte une carence (c’est assez fréquent pour la vitamine D), ou dans certaines indications médicales bien spécifiques. Pourtant, de nombreuses personnes dans le but de rester en bonne santé, ont recours à des préparations à base de vitamines, de minéraux, de plantes ou encore d’antioxydants, disponibles sans prescriptions médicales en pharmacie, dans les grandes surfaces ou via Internet.

Anne-Sophie Masureel, affirme : « Est-ce vraiment des spécialistes ? Ceux qui préconise cela ? Pour moi les compléments alimentaires sont très soutenus par le Lobby pharmaceutique, il y a beaucoup de pub. C’est du marketing. Si on mange sainement, il n’y a pas besoin de prendre de compléments alimentaires. Nous, on recommande des fruits et légumes. Mangez des mandarines vous aurez des vitamines C, aller courir tous les jours vous aurez vos vitamines D »

40 % de la population utilisent l’un ou l’autre complément alimentaire. Or, il est fortement déconseillé, car leur effet protecteur n’est pas prouvé et les compléments alimentaires pourraient même causer des effets indésirables. Plusieurs études montrent même un risque accru de développer certains cancers suite à la prise de compléments multi-vitaminés et ou d’antioxydants en grande quantité. C’est dire si la prudence doit être de mise avec la prise de compléments alimentaires ! Demandez donc toujours conseil à un médecin ou un diététicien. Priorité à une alimentation saine ! Aucun complément ne vaut une alimentation saine, variée et suffisamment riche en fruits, légumes.

Anne-Sophie Masureel se dit très contente de voir qu’il y a beaucoup plus d’engouements en faveur d’une alimentation saine. Elle se dit plus positive par rapport au changement qu’il y a en faveur de l’alimentation.

La nutrition par « c’est pas sorcier’, le magazine de la découverte et de la science.

Bien dormir pour mieux vivre

Le sommeil, c’est la santé. Sans lui, notre forme et notre moral sont à plat. Il nous rend au centuple ses bienfaits et nous permet de mieux vivre nos journées. Le sommeil est un élément capital dans la vie de l’être humain, puisqu’en moyenne, il passe un tiers de sa vie à dormir. C’est précisément de ces heures de sommeil que dépendent très largement la forme physique et l’équilibre psychologique de chacun. Mais un rythme de vie trépidant entraîne nombre de personnes à négocier le repos que réclame leur organisme, ce qui n’est pas bon.

Il faut savoir que le sommeil se déroule en quatre temps. Une nuit de sommeil est caractérisée par une succession de cycles (4 ou 5 en moyenne) qui durent approximativement une heure et demie chacun. Et chaque cycle comporte lui-même plusieurs stades… D’où l’importance de dormir.

Sachez que le manque de sommeil, l’absence de sommeil ou bien juste son raccourcissement a de grandes conséquences sur notre santé car c’est un facteur de risques impliqué dans de nombreuses maladies. A plus long terme, le déficit chronique du sommeil favorise l’obésité, et peut-être même une diminution de la capacité à éviter les infections. Et qu’à l’inverse, un sommeil réparateur est la clé d’une jolie peau, d’une bonne mine et d’une énergie débordante. Vous l’aurez donc compris pas de négociation possible ! Il faut dormir 8 heures par nuit. Eh oui, le sommeil rend beau ! C’est votre meilleur anti-rides et coupe – faim. En effet, des études scientifiques sur le sujet montrent que le sommeil récupérateur diminue la sensation de faim. Ainsi donc, dormez et vous mincirez !

Cependant de nombreuses personnes souffrent d’insomnie. La rumination mentale et l’anxiété apparaissent comme des causes fréquentes des troubles du sommeil. Essayez de modifier la perception d’une situation que vous ne pouvez supporter. Il y a des situations que l’on ne peut pas changer, il faut donc trouver des solutions pour évacuer les tensions. Les méthodes de relaxation, la pratique d’un sport, ou les habitudes liées au coucher constituent quelques-uns des moyens efficaces et à la portée de tous pour gérer le stress.

L’insomnie mènent pendant la journée à la manifestation d’une grande fatigue à l’origine de difficultés de mémorisation et de concentration. Ainsi que d’une baisse des performances physique et intellectuelles. Cela produit aussi : somnolence, ralentissement de la vitesse de réaction, bâillements répétés, baisse de la vigilance, etc. À cela s’ajoute, un sentiment de nervosité et d’irritabilité.

Si vous en avez la possibilité, et si vous en sentez le besoin, faites une courte sieste en cours de journée. Sachez que faire des siestes est recommandé. Alors n’attendez plus, et faîtes des siestes ! Cette pause permettrait déjà, en outre de faciliter la digestion.

Et voici donc quelques conseils pour trouver rapidement le sommeil : limitez le temps passé au lit en dehors des périodes de sommeil (ne pas y regarder la télévision, y manger, y travailler,…) Préférez le sommeil nocturne au sommeil diurne car il est plus réparateur en règle générale. Maintenez un horaire de sommeil régulier. Il faut de la régularité avant tout. Pratiquez des exercices physiques en journée plutôt qu’en soirée surtout si ceux-ci sont intenses. Une chambre saine, calme et sereine, sont la garantie d’un bon sommeil. Entretenez donc un environnement facilitant le sommeil (maintenir une température de +/- 18°, réduire au maximum la luminosité et le bruit, prendre soin de sa literie et la changer régulièrement, etc.) De plus, ce que vous mangez et buvez le soir à un impact direct sur votre sommeil. Respectez donc une alimentation saine. Les repas gras et copieux sont donc à éviter le soir. Évitez le café, et l’alcool en soirée. Evitez le tabac en toutes circonstances. Et abstenez-vous de prendre des somnifères. Et enfin prévoyez un moment de détente avant le coucher : lisez quelques pages et écoutez de la musique douce,…

La sommeil par « c’est pas sorcier’, le magazine de la découverte et de la science.

BOUGEZ ! Le sport c’est bon pour la longévité !

L’activité sportive doit faire partie de notre hygiène de vie. Elle devrait faire partie de notre existence, comme une évidence. L’activité physique est en réalité obligatoire, et devrait être un réflexe à adopter si vous voulez vivre le plus longtemps possible ! Il n’est jamais trop tard pour pouvoir s’y mettre ! La recommandation est de minimum 30 minutes de marche rapide par jour ou équivalent. Bouger davantage, est ce petit plus indispensable qui permet de rester en forme et de vivre plus vieux en bonne santé. Et cela aide aussi à maintenir son poids et à favoriser l’équilibre psychologique ! Le tout est de persévérer, de se dépasser, jusqu’à ce que nous ne puissions plus nous en passer. Alors, nous resterons en forme, toniques, dynamiques et entreprenants très longtemps. Une activité physique régulière suffisante permet de se sentir bien : diminution de l’anxiété et du risque de dépression, amélioration de la quantité et de la qualité du sommeil. Elle préserve la santé sur le long terme : diminution du risque de développer certaines maladies (hypertension artérielle, cancers, ostéoporose, maladies cardio-vasculaires, etc), diminution du risque de surpoids, de diabète et d’obésité. Et permet d’éviter la sédendarité (faible dépense énergétique couplée à une position assise ou semi-allongée). Vous l’aurez deviné, non au mode de vie sédentaire ! Et oui à la pratique d’une activité physique régulière !

Selon l’OMS, (l’Organisation mondiale de la santé) ceux qui ne pratiquent pas d’activité physique suffisante, encourent un risque de décès majoré de 20% à 30% par rapport à ceux qui sont suffisamment actives physiquement.

Ainsi, il faut réduire le temps passé assis. Marcher un maximum. Dès que cela est possible, marchez plutôt que de prendre la voiture ou les transports en commun. En dehors du travail, limitez le plus possible le temps passé assis : attention par exemple au temps consacré aux écrans. La vie, c’est le mouvement ! Alors bouger sans cesse à tout âge, faites du vélo, marchez un peu tous les jours… Descendez une station de métro, de bus ou de tram avant la vôtre et marchez pendant la dernière partie du trajet. Évitez de prendre la voiture pour faire une petite course, surtout le week-end où nous sommes moins pressés. Allez-y à pied, en vélo… Montez les escaliers au lieu de prendre l’ascenseur ou l’escalator. Accordez-vous une pause quotidienne de 10 minutes pendant laquelle vous faites des mouvements de bras et de jambes. Elle réveille plus que la fameuse pause-café et est bien meilleure pour la santé ! Faites des promenades dans la nature. Et, pourquoi pas, mettez-vous au karaté, un art martial qui discipline le corps et l’esprit !

Ainsi, ayez une vie toujours active ! Pas de retraite pantouflarde ! Le fait de pratiquer peu d’activités sociales n’est pas bon. Pratiquez une activité sportive en collectivité. Et essayez de vous débarrasser du stress.

Réagissant à ce sujet, Anne-Sophie Masureel, ne tranche pas : « Je crois que d’une part, notre mode de vie est assez stressante, il faudrait fondamentalement qu’on y change quelque chose. Mais cela n’est pas encore gagné encore je crois, car on ne va pas dans ce sens là rit-elle. »

Anne-Sophie Masureel termine par un bémol :  » Améliorer son hygiène de vie c’est super, il y a pas mal de choses que l’on peut donc exclure. Cependant, on vit dans une société avec de la pollution atmosphérique,… Et nous consommons des produits toxiques dans l’alimentation même… »

Pour en savoir +

La dépression : pression « du bonheur » et surconsommation

Chaque année, ce handicap invisible qu’est la dépression touche plus de 300 millions de personnes dans le monde et entraîne le décès de 800 000 patients dépressifs suite à un suicide.

Cette maladie très handicapante qui provoque crise d’angoisse, changement d’humeur, grande tristesse et qui peut parfois même amener à la mort, est aujourd’hui toujours un sujet difficile à aborder. Souvent assimilée à de la faiblesse, la dépression est aux antipodes de ce que la société peut attendre de nous : productivité, performance, réussite. Les individus souffrant de dépression restent alors le plus souvent dans le déni et pensent qu’il s’agit simplement d’une petite déprime passagère. Cependant, plus la maladie est prise en charge tôt et plus les chances de guérison sont rapides et le risque de récidive amoindrie. Même si les antidépresseurs sont le plus recommandés par les spécialistes de la santé, d’autres méthodes voient le jour.

Quand le diagnostic tombe…

De toutes les maladies mentales, la dépression est la plus fréquente. Elle toucherait 70% des femmes et 4 à 12% des hommes au cours de leur vie. Elle apparaît le plus souvent à l’âge adulte mais peut également toucher enfants et adolescents. Elle est aussi très fréquente chez les personnes âgées souvent isolées et souffrant d’autres maladies. Personne n’est à l’abri d’être un jour touché par la dépression, cependant certaines personnes peuvent être plus à risque.

Algorithme de diagnostic de la dépression. Baromètre santé 2017, Santé publique France

La dépression est le plus souvent une maladie chronique alimentée de périodes de récidive et de rémission. Un handicap difficile à gérer qui a des répercussions sur la vie des malades et qui entraînent l’apparition de différents symptômes tels que la perte de l’appétit, l’insomnie, l’irritabilité, la perte de plaisir…

Court métrage « Et toi ça va ? » réalisé par la Fondation Pierre Deniker

Faut-il la traiter ? Oui, et rapidement ! Certains dépressifs sont dans le déni ou pensent que la dépression se règlera d’elle-même. C’est faux. Il est primordial de commencer le plus rapidement possible un traitement. Mais comment traiter la dépression ? Les experts des maladies mentales recommandent le plus souvent un traitement médicamenteux à prendre pendant plusieurs semaines. En moyenne un traitement d’antidépresseurs dure neuf à douze mois. 2 patients sur 3 devront essayer plusieurs antidépresseurs avant de trouver celui adapté. Des thérapies comportementales peuvent également accompagner la prise de médicaments.

Chiffres provenant de l’Inserm sur la dépression

En parler à son entourage : une étape difficile mais essentielle

Les personnes atteintes de dépression ont du mal à en parler à leurs proches et à rencontrer des professionnels du sujet. Être atteint de dépression est encore un sujet tabou et souvent mal compris ou minimisé par les familles. Elle est souvent associée à un « coup de mou » ou une « faiblesse » et pourtant c’est bien plus que ça. La dépression est un réel handicap.

Marie-Laurence de Bellefroid, psychothérapeute nous dit : « Il y a ce tabou qui est lié à la productivité et à la « pression du bonheur ». On vit dans une société où il est mal vu de ne pas être actif, hyper actif. On est dans l’action, dans le faire, il y a toujours des questions sur « quelles sont tes ambitions », « à quoi es-tu occupé ». Même quand on ne fait rien on fait semblant d’être occupé. Et puis il faut toujours avoir l’air heureux, quand on est à une fête il faut sourire, quand on est au boulot on met son masque du boulot. Il faut toujours être au top, peu importe la génération. »

Elle nous dit également que les troubles mentaux n’ont pas une localisation spécifique, il n’y a pas de lésions, telles que nous pouvons l’observer dans le cas de cancers. Donc c’est une maladie qui semble moins légitime.

La dépression touche deux fois plus les femmes que les hommes. Mais ces chiffres sont difficiles à prendre en compte étant donné que le diagnostic de la maladie se fait deux fois moins chez les hommes que chez les femmes. Et pourtant le taux de suicide est lui trois fois plus élevé chez les hommes. Il existe un stéréotype qui reste aujourd’hui alimenté soutenant l’idée que les femmes sont plus concernées.

« Une des explications à ce taux de suicide plus élevé chez les hommes est qu’ils ont des stratégies de passage à l’acte qui sont souvent beaucoup plus létales, donc plus efficaces, il y a donc peut être la même quantité d’hommes et de femmes qui essaient de se suicider mais les hommes réussissent plus facilement. » nous explique Marie-Laurence de Bellefroid.

Lors de notre interview elle rajoute que les hommes sont élevés dans l’action et pas le verbal, ils ont beaucoup moins de facilité à parler et donc vivent leurs souffrances en silence. L’homme est celui qui doit protéger sa famille, qui doit être le soutien économique, celui qui doit être courageux. Les hommes consultent beaucoup moins, ils ne consultent pas pour des symptômes qui pourraient les rabaisser dans cette idée de virilité, et donc les hommes vont souvent se rediriger vers la consommation de substances, d’alcool, de drogues…

« On aura tendance à croire que monsieur est alcoolique et pas qu’il est dépressif » – Marie-Laurence de Bellefroid

Court métrage « Genre et santé, attention aux clichés ! » Dépression – animation pédagogique. Inserm

Une surconsommation de médicaments

Graphique de dose quotidienne d’antidépresseurs pour 1000 habitants dans une sélection de pays. OCDE/statista.com

Selon les chiffres de la Santé Publique de Belgique et de l’OCDE, la prescription d’antidépresseurs a presque doublé en Belgique ces dernières années. 80 millions de comprimés en plus ont été consommés cette dernière décennie. Cela signifie qu’un Belge sur neuf prendrait des antidépresseurs.

Même si la prise d’antidépresseurs est la solution la plus conseillée par les professionnels de la santé, cette consommation de médicaments n’est pas sans danger. De plus en plus de personnes développent une forme de dépendance vis-à-vis des antidépresseurs. Ce phénomène serait davantage présent chez les seniors. Et ce n’est pas sans conséquences puisqu’ils auraient des effets directs sur les capacités cognitives.

Marie-Laurence nous explique : « Les médicaments psychopharmacologiques comme tous les autres médicaments ont des effets bénéfiques et des effets adverses. Pour les médicaments de la santé psychiatrique, tous ne fonctionnent pas de la même façon chez tout le monde. Il faut connaître le médicament pour ne pas mettre en danger la personne. C’est un peu une balance, les effets négatifs, les effets adverses et les effets positifs, il faut les évaluer en fonction de la situation de la personne. Quel est le taux de souffrance de la personne ? Quels sont ses besoins ? Son niveau de fonctionnalité ? Il faut toujours évaluer le contexte pour voir si donner des médicaments est une bonne décision pour cette personne ou pas.
On sait aussi que plus la personne est âgée, moins ils fonctionnent et plus longtemps on les prend, moins ils fonctionnent aussi ».

De plus, selon Solidaris, plus de 80% des antidépresseurs sont prescrits par un médecin généraliste et non un psychiatre. Alors que ces médicaments ne devraient être prescrits que dans des formes graves de dépression, d’autres alternatives sont recommandées pour des formes moins graves comme la psychothérapie mais est moins accessible financièrement.

« Les médecins généralistes n’ont pas été formés en santé mentale, ils ne sont pas spécialistes, donc aller chez le médecin généraliste pour avoir une prescription d’antidépresseurs et rentrer chez soi et revenir le mois prochain pour une nouvelle prescription, est je pense, une pensée un peu magique et simpliste du vrai problème. Les médicaments en santé mentale sont utiles pour traiter les symptômes mais ils ne guérissent pas la cause du problème, les racines. », Marie-Laurence, psychothérapeute.

Mais elle rajoute que la tâche des médecins généralistes est fort compliquée, parce que c’est eux qui doivent convaincre les patients d’aller consulter le personnel adéquat et c’est sur leurs craintes et leurs tabous qu’ils doivent travailler et non pas sur leur symptômes de dépression. C’est parfois également de la bienveillance du médecin qui ne sait pas comment traiter le patient d’une autre façon ou qui sait que son patient n’ira jamais voir un psy ou ira voir un autre médecin jusqu’à ce qu’il en trouve un qui accepte de lui prescrire. C’est donc aux spécialistes de la santé mentale d’être en contact avec les médecins et de les aider, leur expliquer et créer un réseau pour la bonne orientation des patients.

Ce nombre impressionnant de prescriptions d’antidépresseurs par les médecins généralistes s’explique également par le fait qu’il n’existe aujourd’hui pas de normes, pas de législation concernant cette prescription. Et pourtant, dans d’autres pays, si un patient arrive à la pharmacie avec une prescription d’antipsychotique par un médecin généraliste, le pharmacien ne lui donnera pas le médicament. « C’est compliqué parce que les médecins généralistes ont le droit, c’est à eux de se rendre compte qu’ils n’ont pas été formés à ça et devrait référer les patients à des spécialistes » affirme notre psychothérapeute.

Et les autres solutions : les « antidépresseurs » de demain

Une technique de méditation appelée « thérapie cognitive de pleine conscience » aussi appelée « Mindfulness » pourrait aider les personnes atteintes de dépression, et notamment prévenir les rechutes. Si le traitement classique passe par la prise d’antidépresseurs de plus en plus d’individus recherchent des méthodes alternatives aux médicaments. Spécialiste de cette pratique Marie-Laurence nous explique en quoi elle consiste :
« Le Mindfulness se focalise sur le présent, sur le ici et maintenant et pendant ces temps de pratique ont diminue les ruminations sur le passé parce que la dépression se base sur le passé. (…) Le Mindfulness cherche aussi à se détacher de cette idée que les pensées et les émotions sont des vérités. On devient plutôt témoin de ces pensées qui sont intrusives, de ce que l’on ressent et n’est pas impliqué dedans avec la même intensité. Dans la dépression on a tendance à ruminer sur nos pensées négatives et croire que c’est la vérité mais toutes les autres pensées qui peuvent être plus positives on ne les regardes pas. »

Même si de nouvelles méthodes de soins sont choisies par de plus en plus de personnes, les antidépresseurs ne vont pas disparaître parce que derrière les médicaments il y des laboratoires et donc des enjeux économiques énormes. Mais ces thérapies prennent de la place et la baisse de confiance en la médecine occidentale obligent les professionnels de santé à prendre en compte ces orientations plus naturelles. « Je pense que ça va devenir plus un complément, une transition d’accompagnement. Les seules personnes qui doivent évaluer ce qui marche et ne marche pas sont les patients. Le traitement ne doit pas être imposé mais doit être choisi » conclue Marie-Laurence.

Ce qui est sûr, c’est qu’encore aujourd’hui, la dépression n’est pas un sujet dont on parle aisément. On parle beaucoup de chiffres dans la santé publique, mais on ne fait pas assez de prévention au travail et dans les écoles, c’est là qu’il y a un travail à faire.

POUR EN SAVOIR PLUS :
Dépression : mieux la comprendre pour la guérir durablement
Mieux comprendre la dépression
Qu’est-ce que la « Pleine Conscience » ou « Mindfulness » ?

Julie Sebes, 21 ans. Étudiante en Bachelier Communication à l’ISFSC. S’intéresse à différents sujets culturels, politiques, sociales et aime mettre en avant des sujets dont on ne parle pas assez.

Le système de soins de santé Belge sur la sellette.

Pourquoi est-il sur la sellette ? Pour l’instant le système de soins de santé en Belgique est au top à plusieurs niveaux mais qu’en sera-t-il d’ici vingt ans, sera-t-il toujours aussi performant qu’aujourd’hui ?

https://pixnio.com/fr/science-fr/la-science-medicale/stethoscope-instrument-hopital-medecine-soins-de-sante-sante-dispositif-clinique

Belgique; société solidaire

En Belgique nous avons la chance de vivre dans une société qui se dit solidaire, cela grâce a un système mis en place en 1860. C’est pendant la révolution industrielle que l’ancêtre de nos mutuelles a été créé. Durant cette époque les ouvriers devaient faire face à de nouveaux risques sur leur lieu de travail, ils ont donc créé une caisse commune pour se protéger. Trente ans plus tard, en 1891, l’Etat va subsidier ces sociétés d’assistance mutuelle à condition que celles-ci se rattachent à l’un des différents partis politique existant à l’époque. De là, diverses assurances verront le jour.

Celle qui nous intéresse ici est l’assurance soins de santé.  Elle est géré par l’INAMI (Institut National Assurances Maladies Invalidités). Cet organisme s’occupe de la cotisation liée aux soins de santé. L’assurance soins de santé est obligatoire depuis 1944 et elle coûte environ 10€ par mois en fonction de la mutuelle à laquelle l’on est affilié.

Mais donc qui y a droit à cette assurance et à quoi cela nous sert ?

Tout le monde peut bénéficier d’une assurance soins de santé, il suffit d’être affilié à une mutuelle.  Cela donne droit à une prise en charge, en tout ou en partie par notre assurance, du coût de nombreuses prestations de santé de base. Par exemple ; des soins médicaux primaires, des soins hospitalier, des soins de santé paramédicaux ( kinésithérapie, ergothérapie, logopédie,..), des médicaments, de la revalidation, …

Cette « aide » permets d’avoir accès à des soins de santé de qualités sans avoir pour autant à dépenser des fortunes, comme nous l’a expliqué le Dr Pierre Mols cardiologue à Uccle lors de son interview.  « j’ai eu à faire à un patient ayant besoin de soins vitaux mais qui sont extrêmement coûteux, chaque dose de ce médicament coûtait près de 6900€, il a eu ce traitement durant 10 jours ». Grâce à sa mutuelle ce patient n’a pas dû payer un seul euro. « il se serait trouvé dans un autre pays, tel que les États-Unis, s’il n’avait pas eu la chance de bénéficier d’une super assurance, il se serait malheureusement retrouvé au cimetière par faute de moyens ».

Les lois sociales sont un des points forts de la politique de santé en belgique.

Notre système est également très performants en matière de la prise de rendez-vous. Chez nous les rendez-vous s’obtiennent dans un laps de temps assez court ,d’autres pays tel que l’Irlande ou bien même le Royaume-Uni ne peuvent pas en dire autant.

La société Health Powerhouse réalise chaque année, depuis 2005, un classement des pays en fonction de leur système de soins de santé, dans son dernier rapport la Belgique est classé 5ème sur 35, l’un de nos atouts est l’accès aux soins de santé où nous sommes classé 2ème.

Ce tableau, réalisé par la société Health Powerhouse, regroupe les pays faisant partie de l’Europe et les compare sur leur accessibilité aux soins de santé.

Le seul paramètre sur lequel nous devons encore fournir des efforts d’après ce rapport est celui du temps d’attente pour un rendez-vous en psychiatrie pédiatrique. Lorsque l’on compare nos résultats avec par exemple ceux de l’Irlande, qui eux, sont dans le rouge a tous les niveaux, on constate que l’on ne pas si mal lotis en Belgique.

Cet accès aux soins de santé coûte-il trop cher à l’Etat ?

Depuis que l’assurance soins de santé est devenue obligatoire (1944), la santé coûte de plus en plus cher à l’Etat car il y a de plus en plus de personnes affiliées aux mutuelles et ils sont plus à devoir être remboursé. Malgré cela le Dr Mols nous répond que non cela ne coûte pas trop cher à l’Etat de nous permettre un bon accès aux soins de santé.  « Il vaut mieux se soigner régulièrement qu’attendre que le mal s’amplifie » confie le cardiologue. Mais Pierre Mols constate qu’on vit une médecine qui est de plus en plus duelle, la société est de plus en plus duelle, de plus en plus de personnes prennent des assurances privées. On fait donc face à un problème dû au clivage entre le privé et le public où l’on risque de perdre ce système de soins de base mais de qualité.

Aujourd’hui n’importe qui en Belgique peut avoir accès aux soins de santé et ça dès lors qu’il peut démontrer qu’il possède la nationalité belge et qu’il est inscrit dans une commune. « même une personne sans abris y a droit », relève le Dr Mols, « il faut souvent les prendre par la main et leur montrer qu’ils y ont droit ». Cela fonctionne grâce au système solidaire de nos lois sociales, ce sont les travailleurs qui cotisent pour ceux qui ne travaillent pas ou plus ( chômeur, pensionnés, …). Mais cela pourrait bel et bien changer si la dualisation de notre société s’intensifie.

Le vieillissement de la population

Avec ce principe de cotisation vient un autre problème pour le futur et surtout celui des jeunes générations. La Belgique connais un vieillissement de la population, ce qui implique qu’il y aura plus de personnes qui ne travailleront plus par rapport à celle qui travailleront. Cela entraînera une baisse des cotisations ce qui signifie entre autre ; moins de remboursements, des pensions plus faible et par conséquent des personnes âgées qui auront moins d’argent à consacrer à leur santé. La hausse de l’âge de la retraite, soit des personnes qui vont devoir travailler plus longtemps, ce qui va occasionner une plus grande fatigue du corps. Et encore bien d’autres impacts sur notre société future

Sauf que, oui en effet nous vivons plus longtemps mais pas forcément en bonne santé, cela veut dire que nous aurons besoin de plus de soins de santé, mais qui dit soins de santé dit remboursement d’après nos lois. Si ce n’est que là les caisses de cotisations ne seront plus aussi remplie qu’aujourd’hui .

En effet un bon accès aux soins de santé ne coûte sans doute pas trop cher à l’Etat de nos jours, mais qu’en sera-t-il d’ici quelques années lorsque les impacts de ce vieillissement de population se feront ressentir ?

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Changer de sexe en Belgique : un parcours semé d’embûches.

Drapeau de la fierté transgenre, dessiné par Monica Helms. Pixabay License. Libre pour usage commercial. Pas d’attribution requise.

Les transgenres rencontrent encore de nombreuses difficultés pour changer de sexe et pour faire reconnaître officiellement leur identité. Personnel médical incompétent, soins de santé trop chers, discrimination…

D’après une étude de l’institut pour l’égalité des femmes et des hommes de 2009 près d’un transgenres sur quatre est réticent à se faire soigner. Il apparaît que les personnes transgenres ont difficilement accès à des soins réguliers ou qu’ils ont vécu des expériences négatives en la matière : un médecin généraliste qui refuse un patient , une hospitalisation dans le mauvais service, etc.

Souvent, le personnel médical n’est pas compétent et pas très coopératif pour aider un patient transgenre. Dans 60% des cas, le médecin n’a pas su ou n’a pas voulu donner d’informations aux personnes transgenres pour leurs problèmes spécifiques. De plus, elles subissent des remarques intrusives et des comportements déplacés dès leur arrivée à l’accueil des hôpitaux.  Elles sont obligées de présenter leur carte d’identité, ce qui cause des situations gênantes et qui entraîne parfois un refus de consultation car le sexe sur les cartes d’identité n’est pas encore mis à jour.

Des coûts et un temps d’attente trop long

Le prix élevé des soins (consultations, hormones, interventions chirurgicales, épilation) et le manque de précision par rapport à leur remboursement par les assureurs et l’Institut national d’assurance maladie-invalidité (INAMI) constitue un autre problème pour les personnes transgenres qui sont à la recherche d’une aide psycho médicale. La pression financière peut être très élevée pour certains. Il faut compter environs plus de 15 000 €  pour une vaginoplastie et pour une augmentation mammaire, car la caisse d’assurance maladie ne rembourse que 80% des frais d’hospitalisation réels. Les délais d’attente sont parfois très longs pour un rendez-vous. Il faut attendre entre 2 et 8 mois pour obtenir un rendez-vous avec un médecin spécialisé et les listes d’attente pour une vaginoplastie ne cessent de s’allonger.

Avant n’importe quelle opération, il faut avoir au préalable suivi un traitement hormonal d’un an au minimum. Une prise quotidienne de progestérone et d’œstrogène est nécessaire, ainsi que des d’anti androgènes tel que l’Androcur qui vont stopper la sécrétion de testostérone. « De toutes les hormones que l’endocrinologue m’a prescrites l’Androcur est la plus chère car elle n’est pas remboursée, explique Ambre Mirzakekiantz, jeune femme transgenre de 20 ans. Tous les mois je dois payer une boîte à 35€, ce qui s’accumule à tous mes autres frais médicaux. »

Ambre Mirzakekiantz, jeune femme transgenre de 20 ans.
© El Ouamari Fayçal 2019

De lourdes démarches administratives

Contrairement à nos homologues Français, depuis le 1er janvier 2018 les personnes transgenres en Belgique pourront faire modifier officiellement leur enregistrement du sexe et leur prénom sans conditions médicales. C’est au travers d’une procédure administrative auprès du fonctionnaire de l’état civil qu’ils pourront changer de sexe sur leurs documents administratifs. Effectivement, jusqu’en 2007, il fallait se présenter devant un magistrat pour pouvoir changer de sexe, la procédure exigeait une intervention chirurgicale et un certificat médical attestant que la personne en question était sous suivi psychologique.

Malgré cette loi, les démarches administratives restent compliquées car le demandeur doit faire une déclaration qui prouve sa volonté de modifier son sexe et son prénom, ce qui le pousse à se justifier une nouvelle fois… « Ce fut pénible et long pour tout changer, surtout pour tout ce qui concerne la mutuelle. J’ai l’impression que toute cette paperasse ne finira jamais sutout que je suis encore domiciliée et attachée à la mutuelle de mes parents », raconte Ambre la jeune bruxelloise.

Discrimination et harcèlement 

Les trans subissent davantage le rejet et l’exclusion dû au manque d’acceptation de la société. Ils et elles sont par ailleurs plus susceptibles d’être exposé.e.s à la discrimination, au harcèlement ou à des formes de violence transphobe car leur apparence et leur comportement ne respectent pas les rôles de genre associés traditionnellement au sexe qui leur a été attribué à la naissance. Ambre, qui a subi de nombreuses formes de discriminations et de harcèlement, s’est fait frapper à la sortie d’une boîte de nuit de la capitale et s’est même vue refuser un job car elle ne rentrait pas dans les critères conventionnels.

« Il était 3h du matin, mes copines étaient encore dans la boîte de nuit, je fumais ma clope à même pas 10 mètres du Bloody Louis en attendant mon Uber. Tout d’un coup un groupe de 3 gars est venu devant moi. Ils m’ont fait des avances que j’ai refusées, lorsqu’ils se sont aperçus que j’étais trans ils se sont moqués de moi, m’ont craché au visage et m’ont bousculé violement. Sur le moment, j’étais sous le choc car c’était la première fois que cela m’arrivait, j’ai directement appelé les secours… »

Agression transphobe sur une jeune femme à Paris
le 2 avril 2019.

D’après une étude belge, “Être transgenre en Belgique” menée auprès de 244 personnes transgenres, les pensées suicidaires et les tentatives de passage à l’acte sont très fréquentes, indépendamment du fait que ces personnes vivent ou non selon l’identité de genre souhaitée. Les personnes trans ont jusqu’à 10 fois plus de risque de passer à l’acte que leurs pairs cisgenres. 62% ont déjà eu des pensées suicidaires et 22% ont déjà fait au moins une tentative de suicide. Des chiffres alarmants qui tirent la sonnette d’alarme…

Ambre anciennement « Sacha » m’explique qu’elle aussi a déjà pensé à passer à l’acte dans les moments difficiles. « Certes, j’y ai pensé mais je ne le ferai jamais, ce n’est certainement pas en se suicidant que les choses vont évoluer. Je pense plutôt que c’est avec la prévention dès le plus jeune  âge dans les écoles qu’on sauve des vies. »

Parler, sensibiliser et visibiliser

Plusieurs campagnes de lutte contre l’homophobie et la transphobie ont été réalisées par l’Institut pour l’Egalité des femmes et des hommes, en collaboration avec le Centre interfédéral pour l’égalité des chances et la Fédération Wallonie-Bruxelles. Des campagnes destinées aux jeunes et aux professionnels qui les encadrent, cette campagne a été réalisée en 2016 et a pour objectif de déconstruire les mythes et stéréotypes liés à l’homosexualité et aux transidentités.

Ambre garde espoir…

« Je suis consciente de la chance que j’ai d’être dans un pays progressiste comme la Belgique qui milite en faveurs des droits LGTBQ+, me confie Ambre. Aujourd’hui je n’ai plus peur, je me trouve belle et courageuse. Toutes ses épreuves de la vie m’ont fait comprendre qui je suis réellement et je suis plus que jamais motivée à faire valoir mes droits et ceux de ma communauté. Même si le chemin vers ma transformation reste difficile, j’essaie de voir le côté positif des choses, c’est mon petit secret… »

Continuer la lecture de « Changer de sexe en Belgique : un parcours semé d’embûches. »

Une nouvelle voie vers un accès plus facile aux soins de santés ?

L’accès aux soins de santés, un défi pour certains :

Quand on parle de problèmes d’accès aux soins de santé, nous pensons directement à tourner la tête de l’autre côté de l’atlantique. Cependant, la Belgique n’est pas épargnée puisque 9 % des familles wallonnes doivent reporter des soins de santé à cause des coûts de ceux-ci venant mettre en doute l’efficacité de notre système qui se veut normalement égalitaire, social et surtout universelle. En réaction, le gouvernement, depuis quelques années, a mis en place diverse plans pour essayer de rendre plus accessible les soins de santés.

Un des projets les plus important et pourtant pas toujours connu du grand publique est la création dans les quartiers d’une nouvelle forme d’institution de soin de première ligne, celle des maisons médicales.

Les maisons médicales, une nouvelle voie :

Les maisons médicales sont des établissements de soins de première ligne. Elles sont apparues dans les années 70 en Belgique à contre-courant de la mentalité de l’époque qui se voulait centrer au maximum sur les hôpitaux. Cette mentalité a vite révélé certaines faiblesses, surtout au niveau des personnes à faible revenu qui se sont vu presque mises à l’écart des soins de santé malgré les plans d’aide sociale mis en place par l’état.

© shutterstock 2019

Les maisons médicales ont montré un nouvel axe de soins de santé, principalement centré sur le patient dans sa globalité. Ainsi, ne mettant plus à l’écart l’état physique, économique, psychologique mais également social de la personne, revenant à un médecin plus social.

Plus social dans les soins, mais également dans la structure, car celle-ci est directement implante dans les quartiers au plus proches des patients. Plus social économiquement, car plus accessible, avec des tarifs et forfait avantageux. Plus sociable de la gestion, avec les membres médicaux qui participent activement aux décisions de la structure.

Plus social dans les soins, mais également dans la structure, car celle-ci est directement implante dans les quartiers au plus proches des patients. Plus social économiquement, car plus accessible, avec des tarifs et forfait avantageux. Plus sociable de la gestion, avec les membres médicaux qui participent activement aux décisions de la structure.

Les maisons médicales ont créé une autre voie et vision de l’accès aux soins santé contemporains, se voulant le plus universel et accessible.


Medicinae Médicinale ?

video mise en ligne sur youtube par
Fédération des maisons médicales le 18 déc. 2017.

Les maisons médicales, les MM comme on les nomme dans le milieu professionnel, n’ont pas cessés de croître depuis les années 80. Leurs nombres dépassent aujourd’hui 160 MM, reparties dans toute la Belgique avec plus de 360 000 personnes affiliées.

« En 30 ans, les MM ont connu un important développement : leur nombre n’a cessé d’augmenter au rythme de douze MM ouvertes par an ces dernières années. »

Les maisons médicales « à la loupe »
étude de Solidaris Octobre 2017

Comment expliquer cette réussite ?

Les maisons médicales se sont distinguées des autres systèmes de soins grâce à plusieurs spécificités qui on remplir les définis des autres systèmes. La plus importante peut-être, est les faits que le patient ne paie pas l’acte en soi, mais paie chaque mois un forfait lui donnant accès à volonté aux consultations.

Le Dr.Madoki médecin généraliste dans son cabinet.
© Louis-Jourdan Leclercq 2019

Permettant ainsi, aux personnes de ne pas devoir dépenser des sommes trop importantes pour leurs soins ou consultations. Mais au-delà de la simple consultation, cela permet un réel suivi du patient, comme l’explique le docteur Madoki, médecin généraliste dans une maison médicale


« […] par exemple, j’ai un patient pour lequel j’ai un diagnostic qui n’est pas tout à fait sûr, parce qu’il est au début de la maladie. Je voudrais m’assurer que je ne me trompe pas, donc si je suis à l’acte, j’aurais du mal à le faire revenir parce qu’il va devoir venir à nouveau et dépenser l’argent, et il n’a peut-être pas beaucoup de sous. Il va peut-être s’imaginer que c’est pour gagner de l’argent que je vais le faire revenir car je peux très bien dire Revenez dans deux jours, on va voir si rien ne s’était.
Mais avec le forfait, moi, ça va me permettre d’avoir un médecin de meilleure qualité parce que je peux voir le patient autant de fois que je veux. Un exemple plutôt que lui donner un antibiotique, je peux très bien dire, « Ecoutez, on va attendre voir comment ça va se développer si je vois que votre corps résiste, je ne vous donne pas d’antibiotiques » et ce sera revenu moins cher à tout le monde tout en ayant de meilleurs soins […] »


En plus du suivi personnel du patient sur du long terme et si besoin régulier, une des spécificités des maisons médicales est le partage des dossiers entre le personnel soignant, permettant une grande flexibilité.

Un patient veut consulter son médecin habituel qui n’est pas là, pas de souci, un des confrères peut prendre en charge la personne directement en ayant directement accès à tout son dossier ou plus simplement dans le cas de soins spécifiques, ou le patient doit être pris en charge par un autre médecin spécialisé.

La localisation des maisons médicales est aussi un de leurs plus gros atouts avec leur emplacement au plus près de leurs patients, dans leur quartier. Permettant ainsi un suivi presque « personnalisé » du quartier et, par conséquent, de ne pas faire que du soin curatif, mais également du préventif, qui est bien souvent oublié dans notre système de santé.



« […] Il y a eu, par exemple, dans le quartier des vagues de suicide importées, il y a quelques années, des suicides de façon violente avec des défenestrations, donc c’était vraiment très,très très violent.
On a eu sentiment qu’il fallait faire quelque chose dans le quartier. Eh bien, on a eu de l’argent pour le faire, mais si on était à l’acte, on n’aurait pu que constater parce qu’on n’aurait pas eu les moyens de mettre en place des campagnes pour essayer de sensibiliser les jeunes et etc.
C’est intéressant, parce qu’on prend en charge véritablement le quartier et les patients sur l’ensemble de la problématique de santé, et on n’est pas uniquement cantonnés à « Tu es malade, tu viens, je soigne et puis après
au-revoir ». On peut être présent avant que la « maladie » n’intervienne. En parlant de problèmes liés au risque de diabète de l’obésité, les accidents domestiques, tout ça s’est pris en charge également par le préventif. »


Les maisons médicales séduisent également les personnes qui ne se sentent pas à l’aise avec les structures « habituelles ». Où elles ont peur d’être jugées sur leur origine ou leurs statuts sociaux économiques, comme l’explique Liam, patient dans une maison médicale dans un article de l’observatoire belge des inégalités :



 « Ici, il y a une diversité dans la maison médicale, il y a des médecins de toute origine. Personnellement, ça me rassure, je sens bien qu’il n’y aura pas de racisme. Je sais qu’il prendra son temps pour voir ce que j’ai réellement. J’ai des amis qui sont partis chez des médecins privés et vu qu’ils sont d’origine maghrébine, ils ne se sentaient pas à l’aise parce qu’ils sentaient que le médecin avait des réserves. »

Liam, patient , témoignage dans  » Les maisons médicales, garantes d’un accès aux soins de santé pour tou·te·s ?  » le 2 septembre 2019

Les maisons médicales ont réussi à combler le déficit des autres structures ce qui à séduit de plus en plus de belges. Mais il n’existe pas de solution miracle au problème de l’accès aux soins.

Les maisons médicales malheureusement ne répondent pas à tous les problèmes que l’on rencontre dans l’accès aux soins de santé en Belgique. Cependant elles ont réussi à donner accès aux soins a des personnes qui était exclue ou en difficultés. Leurs nombres grandissant montrent le bon fonctionnement et la volonté du et dans le projet.

Et peut-être par la suite à enclencher de nouvelles avancées qui permettront un réel changement de notre système de santé en rendant véritablement égalitaire, qualitatif et accessible à tous.


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