De bons soins de santé avec un petit budget, est-ce possible ?

Chaque année, en Belgique, le prix des soins de santé augmente un peu plus. Ça commence par les médicaments, ensuite la consultation chez le médecin, le prix des soins ambulatoire ou encore celui d’une hospitalisation. Comment peut-on éviter de débourser des mille et des cents ? Pour éviter ça, l’État a mis en place toute une série d’aides à la disposition de tous.

Lors de l’année 2019, on a pu constater qu’un bruxellois sur quatre ne se soigne pas ou reporte des soins de santé par manque de moyens financiers et selon Maria employée à la mutuelle libérale du Brabant à Uccle, ce nombre ne va faire qu’augmenter. En Belgique, 7% des personnes de revenu inférieur déclarent des besoins en soins non satisfaits à cause de la distance, des coûts ou des temps d’attente. Mais il faut savoir que beaucoup de choses sont mises en place en Belgique pour aider la population lors des paiements de ses soins de santé.

La mutuelle, l’aide la plus importante.

À partir du moment où on est inscrit dans le registre d’une des nombreuses communes de la Belgique et qu’on a plus de 25 ans ou que l’on travaille, on doit de s’inscrire à la mutuelle. Avant le 1er janvier 2012, on s’inscrivait gratuitement à la mutuelle. Un certain pourcentage (proportionnel au revenu de chacun) était prélevé, pour les salariés sur leurs salaires et pour les chômeurs indemnisés sur leurs indemnités comme cotisation envoyé à l’ONSS pour couvrir les besoins de santé de la population belge. On appelle ça : l’assurance obligatoire.

Mais ces cotisations étant devenues insuffisantes pour subvenir aux besoins de santé de toute la population, chaque membre doit aussi cotiser pour une assurance complémentaire obligatoire (= mutualité). Le montant de la cotisation est fixé par la mutuelle dans laquelle on s’inscrit. Grace à l’assurance complémentaire obligatoire, la personne payant la cotisation ainsi que toutes les personnes domiciliées chez celle-ci qui ont un revenu inférieur à un certain plafond sont couvertes par la mutuelle.

La mutuelle entre-elle en jeu dans toutes les dépenses de santé des belges ?

« Bien sûr, si la personne est en ordre de mutuelle et qu’elle est toujours couverte, la personne est prise en charge. » nous confirme Maria Citrano. Elle ajoute que lors d’une hospitalisation, par exemple, le patient reçoit la facture avec les frais couverts par la mutuelle déjà déduit. Celle-ci rembourse 70% de la somme et les 30% restants sont à charge du patient en plus des frais supplémentaires comme une chambre seule.

C’est bien chouette d’être inscrit dans une mutuelle mais qu’est-ce que ça apporte ?

Calcule des remboursements.
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Celle-ci a différentes missions, la première étant de rembourser en partie ou en totalité les soins de santé comme les consultations chez le médecin généraliste ou spécialiste, la médecine alternative, le prêt de matériel médical (béquille, par exemple) les accouchements, les soins dentaires, infirmiers, de kinésithérapie et hospitaliers.

En cas d’incapacité de travail (ou d’invalidité), de grossesse et de maternité, la mutuelle paie des indemnités. Elle verse aussi une allocation en cas de décès pour les frais funéraires. La mutuelle se doit d’informer ses membres sur la santé et ce qui y touche mais aussi de défendre toute personne étant membre, par exemple en cas de litige. En plus de tout cela, elle propose plusieurs formules payantes d’assurance (non obligatoire) qui, lorsque l’assurance de base n’intervient pas, permettent un remboursement plus important et plus large des soins de santé.

 » Il n’y a absolument aucune limite à ce que la mutuelle rembourse par personne, la mutuelle n’est pas plafonnée tel une assurance privée. » explique madame Citrano. D’ailleurs, elle rembourse jusqu’à 100% des frais avec le MAF.

Le MAF, C’est quoi ?

Le système du maximum à facturer permet de limiter les dépenses au niveau des soins de santé des ménages. Pour chaque ménage, un plafond est calculé par la mutuelle dans laquelle celui-ci est inscrit. Si les frais médicaux à la charge du ménage ( les 30% restants ) atteignent ce plafond alors tous les frais qui s’y ajoutent au cours de la même année sont remboursés en totalité par la mutuelle. Il existe plusieurs types de MAF.

D’autres solutions sont-elles mises en place ?

L’intervention majorée (IM anciennement connu sous « BIM ») permet aux personnes à faible revenu d’avoir accès à de meilleurs remboursements, de payer moins cher leurs médicaments, etc. L’IM fonctionne avec le système du tiers payant, c’est-à-dire, que vous ne devez payer que les frais à votre charge lors d’une consultation chez le médecin et non l’entièreté de la somme et ensuite attendre un remboursement. Pour bénéficier de l’intervention majorée, il faut réponde à différents critères avec ou sans contrôle des revenus.

Lorsque l’on bénéficie de l’intervention majorée et que l’on va consulter un médecin conventionné, la consultation revient à 1 euro (sauf si on n’a pas de dossier médical global chez celui-ci, auquel cas cela ajoutera 50 centimes au prix). Mais il n’y a pas que les bénéficiaires de l’IM qui peuvent en profiter, les personnes ayant un revenu d’intégration (CPAS) et celles bénéficiant d’une allocation aux personnes handicapées peuvent aussi en profiter!

Ce n’est pas tout, il existe aussi des maisons médicales. Il n’y a aucun critère spécifique pour s’inscrire dans une maison médicale. Le principe de ces maisons est assez simple, elle travaille avec un principe de forfait. Le patient, sa mutuelle et la maison médicale passent un contrat qui permet au patient de venir consulter sans rien payer. Comment ? dans le cadre de ce contrat, l’INAMI verse à la maison médicale ce forfait en passant par la mutuelle du patient. Par contre, celui-ci est obligé de se faire soigner dans la maison à laquelle il est affilié, si le patient va ailleurs la mutuelle ne rembourse rien (sauf exception limitée).

L’échappatoire aux prix élevés des médicaments, le générique.

En effet, les médicaments génériques sont 31% moins chers que les marques. Comment est-ce possible ? Si les médicaments génériques ont un coût moins élevé c’est parce que pour les fabriquer, les firmes pharmaceutiques utilisent une formule créée au moins 20 ans plutôt. Elles n’ont donc aucun frais de recherche et ne le facturent donc pas dans le prix du médicament comparé aux marques qui, elles partent de zéro.

Sont-ils pour autant moins performants que les marques ? absolument pas. Les médicaments génériques sont composés des mêmes principes actifs. Ils procurent également les mêmes effets que les médicaments de marque. Parfois, les génériques peuvent se présenter sous d’autres formes que celles de l’originale. Leurs couleurs aussi peut être différente, la seule obligation est de changer de Nom.

« Les médecins devraient être les premiers à en parler aux patients, ce sont eux les mieux informés. Mon médecin généraliste m’en a parlé à plusieurs reprises. » déclare Maria. Elle ajoute ensuite  » mon pharmacien me demande régulièrement si je désire le générique lorsqu’on m’a prescrit la marque. De plus en plus de pharmaciens le font, ils devraient tous le faire. »

Bien que chaque année, les notes de frais médicaux de tous augmentent de plus en plus, des solutions sont mises en place pour nous aider. La mutuelle est d’ailleurs l’une des plus grosse que l’on ait, elle gère tous nos remboursements, paie pour nous si on décide d’aller en maison médicale, calcule le MAF de chacun et avant toute chose elle est la pour répondre à toutes nos questions. Beaucoup de choses sont là pour aider la population, il faut juste savoir bien s’informer !

Pour en savoir +

Les prix des médicaments sont de plus en plus élevés : est-ce grave, Docteur ?

Les prix des médicaments

Les prix des médicaments en Belgique sont trop élevés et cette tendance ne fait que se confirmer. Ces prix sont-ils vraiment justifiés ? Devons-nous nous inquiéter de savoir si nos médicaments pourront encore être remboursés ? C’est ce que nous avons cherché à savoir.

Chacun le constate, les prix des médicaments en Belgique sont trop chers et même de plus en plus chers, notamment par rapport à nos voisins, au point que certains Belges n’hésitent pas à aller les acheter en France ou aux Pays-Bas.

Pour de nombreux experts, les conséquences à terme sont très inquiétantes. Pour Mme Julie Frère, porte-parole francophone de Test-Achats, magazine de défense des droits des consommateurs que nous avons rencontrée, ce prix trop élevé des médicaments risque de poser à terme un grave problème de santé publique. En raison des coûts de plus en plus élevés des médicaments, le budget de l’assurance maladie est en train d’exploser et on devra peut-être refuser de rembourser certains médicaments ou n’autoriser leur remboursement que pour certaines catégories de personnes comme les malades les plus atteints. D’après Mme Martine Van Hecke, experte Santé à Test-Achats, c’est déjà le cas, par exemple, pour le Sovaldi, un médicament très efficace contre l’Hépatite C.

Mais au fait : qui fixe les prix ?

Mme Van Hecke nous rappelle quant à elle que « c’est le SPF Economie qui détermine le prix des médicaments, et il consulte pour cela une commission « prix-médicaments » où sont présents différents partenaires ». La fixation des prix se fait donc par une négociation entre les firmes pharmaceutiques, l’INAMI (l’Institut National d’Assurance Maladie-Invalidité, qui se charge du remboursement des soins de santé) et l’Etat. L’Etat intervient donc bel et bien dans la négociation, et c’est même le ministre qui a le dernier mot sur le prix final, mais d’après Mme Van Hecke, « L’Etat n’a pas assez de données pour décider si le prix est juste ou non », notamment en raison du manque de transparence des sociétés pharmaceutiques.

En effet, les sociétés pharmaceutiques utilisent toujours l’argument du coût de la recherche pour justifier le prix élevé des médicaments, mais il est très difficile de vérifier leurs informations car elles refusent de donner les détails sur leurs procédures de Recherche et Développement (R&D). Elles essaient évidemment toujours d’obtenir le prix de vente le plus élevé possible pour leurs nouveaux médicaments mis sur le marché, et ces derniers temps ces prix ont atteint des sommes ahurissantes, en particulier pour les médicaments contre le cancer ou contre les maladies orphelines. On se souvient de la petite Pia, atteinte d’amyotrophie spinale, une maladie héréditaire mortelle dont le traitement fourni par un laboratoire américain coûtait 1,9 million d’euros.

Publiée par TeamPia sur Vendredi 11 octobre 2019
La petite Pia et sa maman, atteinte d’une maladie mortelle dont le traitement, non remboursable, coûtait la somme ahurissante de 1,9 million d’euros.

Une course folle au profit

Test-Achats dénonce cette course au profit extrême menée par les sociétés pharmaceutiques, dont une autre pratique pose question : il s’agit du procédé par lequel une firme pharmaceutique rachète un ancien médicament qui a fait ses preuves et qui est vendu à très bas prix, puis le relance sur le marché en l’ayant à peine modifié, mais en demandant un prix exorbitant. Comme le souligne la journaliste Anne Liesse dans une note parue sur le site de l’Institut Emile Vandervelde, cette pratique conduit à un rapport de force asymétrique entre les autorités et les firmes pharmaceutiques et influence considérablement la fixation du prix des médicaments. Liesse donne également l’exemple d’une firme italienne qui « a abusé de son monopole sans aucun scrupule en multipliant par plus de 300 fois le prix d’un médicament traitant une maladie génétique rare mortelle, passant de 38 euros à 12.750 euros. » Test-Achats a d’ailleurs déjà déposé cinq plaintes auprès de l’autorité belge de la concurrence contre ce genre de pratiques permises par le monopole des firmes pharmaceutiques sur certains médicaments.

Une autre pratique de cette industrie pose question : certaines firmes pharmaceutiques bénéficient de soutiens financiers publics pour la Recherche et le Développement des aides, qui peuvent se chiffrer en millions d’euros. Anne Liesse explique ainsi que « ces recherches fondamentales qui aboutissent à la découverte de nouveaux médicaments sont financées en grande partie par les contribuables. Pourtant, ces fonds publics, investis dans une recherche visant à produire un bien collectif (de nouvelles connaissances), se retrouvent privatisés lors de la phase de développement des médicaments. Le contribuable paie donc doublement : d’abord, pour financer une grande partie de la recherche qui participe au développement des médicaments (via l’impôt), ensuite en payant des prix exorbitants lorsque ces nouveaux médicaments sont mis sur le marché (via les cotisations sociales et en tickets modérateurs). »

Enfin, les experts dénoncent le manque de transparence dans la négociation entre l’Etat et les firmes pharmaceutiques, qui empêche un véritable contrôle démocratique sur ces pratiques. Ici est notamment pointé le rôle des lobbys pharmaceutiques qui sont extrêmement influents en Belgique…

Que peut-on faire ?

Des solutions existent pourtant. C’est d’abord au niveau européen que les Etats devraient s’allier pour négocier un prix « normal » avec les firmes pharmaceutiques, car celles-ci n’hésitent pas à jouer un Etat contre l’autre dans un secteur pourvoyeur d’emplois hautement qualifiés.

La deuxième priorité serait de mettre fin aux négociations secrètes entre les Etats et les firmes pharmaceutiques afin de permettre aux citoyens d’exercer un véritable contrôle démocratique sur l’ensemble des systèmes. Plus de transparence de la part des sociétés pharmaceutiques sur les véritables coûts de la Recherche serait nécessaire.

Par ailleurs, l’Autorité de la Concurrence doit beaucoup plus jouer son rôle, notamment au niveau européen, pour mettre fin aux abus des situations de monopole.

Une autre solution proposée par les experts serait que les investissements et les aides des Etats dans la Recherche et le Développement soient conditionnés à la fin du processus par une commercialisation du produit à un prix raisonnable, c’est-à-dire abordable pour les assurances maladie.

À plus long terme, il faudra peut-être revoir le modèle de développement du secteur avec une meilleure coordination public-privé, avec plus d’investissements des services publics, et une recherche de nouveaux médicaments fondés sur les besoins réels de la société et des citoyens.

Pouvons-nous être optimistes quant à la résolution de ce problème de plus en plus aigu ? Pas vraiment. L’experte Santé de Test-Achats se dit même franchement pessimiste à court terme tant les intérêts financiers sont élevés : « Le problème est à l’agenda politique, des propositions de lois sont en préparation, notamment sur le contrôle démocratique de l’ensemble du processus, mais pour le moment, il n’y a rien de vraiment concret. » Mais cela n’empêche pas que des actions de sensibilisation soient menées, telle cette campagne lancée par Test-Achats en partenariat avec Médecins du Monde, qui a récolté plus de 9.000 signatures en Belgique et plus de 250.000 en France.

C’est le signe que le citoyen est conscient du danger et est prêt à se mobiliser pour éviter un jour de se retrouver dans une situation où certains médicaments seraient réservés à une élite financière, tandis qu’ils resteraient inaccessibles pour le commun des mortels…

Pour en savoir +

Santé : conséquences de l’inflation belge

Annuler un rendez-vous chez un médecin alors qu’on en avait besoin par manque de moyens, c’est la réalité de quatre Belges sur dix en Wallonie et à Bruxelles. Pour cause : des prix de consultations trop élevés, un remboursement insuffisant, une inflation générale du coût de la vie. Les inégalités sociales pour l’accès aux soins de santé sont de plus en plus grandes.

Aujourd’hui le lien entre la classe sociale d’un individu et son accès aux soins de santé est clairement fait. Les études l’ont prouvé. Malgré tout, les soins de santé sont en recul par rapport aux besoins vitaux. Même la classe moyenne belge a plus de mal. L’explication ? L’inflation du coût de la vie de tous les jours. « Il n’est pas devenu plus cher pour les gens de payer les soins de santé. Mais il y a effectivement une inflation du coût de la vie courante. Les soins passeront après les besoins primaires », commente Jérôme Vrancken, data-analyst au Service Etudes de Solidaris.

Les Belges avec des revenus bas sont plus susceptibles de se déclarer en mauvaise santé contrairement aux personnes plus riches. Cette différence économique n’a pourtant pas de rapport direct avec le budget annuel belge en soins de santé qui s’élève à 10,3% du Produit intérieur brut (PIB) et qui n’a pas beaucoup bougé depuis 2017. Par ce pourcentage élevé du budget de l’Etat, les Belges sont considérés comme les plus généreux de l’Union Européenne en soins de santé. Et malgré cela et une moyenne d’espérance de vie augmentée de quatre ans depuis 2000, il reste une différence de cinq ans de vie entre les groupes sociaux instruits et non-instruits.

L’instruction, une différence ?

L’instruction de la personne ainsi que l’accès à la prévention sont deux éléments importants des différences dans l’accès aux soins de santé. Nos seniors sont parmi les plus touchés par cette inégalité. Les personnes les mieux instruites, les mieux au courant, vivent jusqu’à cinq ans de plus que les personnes en précarité. Malgré tout, la santé de nos seniors recule depuis 2015. Entre départs anticipés pour réduire le stress ou encore pour cause de maladie, 15,6% des retraités regrettent de ne pas être partis plus tôt. Alors que l’âge légal de la pension recule ! Et pourtant selon une étude Solidaris, un quart des francophones belges auraient souhaité partir plus tard. Pour ceux en précarité, pour des raisons économiques. Les seniors avec le plus de diplômes ont tendance aussi à vouloir quitter plus tardivement leur travail.

La prévention trouve aussi une place moindre dans la population défavorisée. Un exemple simple : le nombre de mères adolescentes. Elles sont jusqu’à 7,5 fois plus présentes dans les groupes en précarité. Pour cause : une pratique de la contraception très différenciée d’un groupe à un autre. Un autre type de prévention avec une différence fortement présente : le dépistage du cancer du sein chez les femmes ainsi que du cancer du col de l’utérus. Cette couverture est inférieure jusqu’à 14% et 11% dans les populations précarisées. De plus,il y a 25% de dépistage en moins pour le cancer du col de l’utérus en 10 ans!

La précarité étudiante ne peut être mise de côté !

Entre 2012 et 2018, le coût des études a augmenté de 21% selon la Fédération des étudiants francophones. PHOTO/ Andrew Tan / Pixabay

Un autre type de personne pouvant être touchée par la précarité sont les étudiants. Nous le voyons actuellement en France avec cet étudiant immolé à Lyon. La période des études représente un coût certain pour les parents ou bien les étudiants eux-mêmes. En 2017, la Fédération des étudiants francophones (FEF) sortait une enquête qui fait le lien entre la prostitution de certains et le payement des études. Si les élèves du supérieur ont du mal à payer la vie au quotidien, les soins passeront au second plan. « Les étudiants sont effectivement des profils plus à risque », intervient également Jérôme Vrancken. Entre 2012 et 2018, le coût des études a augmenté de 21% laisse savoir la FEF dans un communiqué de presse de 2018.

#LaPrécaritéTue. Un étudiant français s’immole devant le crous à Lyon – France Info / l’Actu.

Plus on descend sur l’échelle sociale, plus on fait face à des décès avant l’âge de la pension, aux maladies chroniques, graves et invalidantes. Un exemple : il y a deux fois plus de personnes diabétiques et trois fois plus de personnes handicapées parmi la population défavorisée que parmi les riches. Les personnes précarisées se retrouvent étonnamment plus souvent hospitalisées et pour des périodes plus longues que les personnes qui ne sont pas ou moins en difficultés financières. La raison : l’état de santé souvent plus dégradé et une prévention moindre.

La Belgique a une couverture de soins de santé à 99,8%. Elle dépense un peu plus de 10,3% de son PIB aux soins de santé. Ce qui est plus que dans les pays voisins. Selon Jérôme Vrancken, l’appartenance à un groupe social définit l’impact socio-économique sur la santé et l’état de santé d’une personne. L’Etat prend en charge jusqu’à 80% des dépenses dans le domaine de la santé. Les 20% qui restent peuvent représenter un énorme budget pour les personnes en difficulté financière. Chez Solidaris, l’utilisation d’un tiers-payant permet un accès plus ‘simple’ aux soins de base comprenant les visites chez le généraliste ainsi que celles chez le gynécologue. Ce tiers-payant signifie que le patient ne paiera que le ticket modérateur à la place de la totalité du prix, le reste passant directement de la mutualité au prestataire de soin. Généraliser le tiers-payant serait un premier pas vers la santé pour tous.

Remboursement mutuel, une solution ?

Toujours selon J. Vrancken, la Belgique a une couverture quasi universelle à 99,99% grâce à l’assurance maladie obligatoire. Dans la catégorie des gens en difficulté pour cet accès aux mutuelles, les migrants et les sans-abris sont en première place. Le remboursement belge se fait selon une convention signée entre les représentants des professionnels de la santé, des mutualités et des pouvoirs publics. Dans ce document se trouve le prix officiel. Celui-ci se décompose en deux ou trois parties : l’honoraire officiel, à charge de la mutualité, le ticket modérateur, à charge du patient, et les suppléments d’honoraires s’il y en a, également à charge du patient. Il est aussi important de mentionner que les médecins ne sont pas obligés de suivre la convention et peuvent toujours demander le prix qu’ils veulent. Aujourd’hui, certaines mutualités telles que Solidaris, proposent un remboursement total après l’ouverture d’un Dossier médical global (DMG) chez son médecin traitant. Cela signifie qu’elle remboursera aussi le ticket modérateur qui était jusque-là à charge du patient. « Malgré tout, si vous avez des suppléments d’honoraire car votre généraliste n’est pas conventionné, ils resteront à votre charge », confirme Mr. Vrancken.

Si la Belgique est bonne élève en soins de santé, elle ne dépense que 2,2% des 10% du PIB pour les soins en santé publique et prévention des maladies. Ce chiffre se trouve en dessous de la moyenne européenne. Par ce chiffre, il est possible d’affirmer que le nombre d’hospitalisations potentiellement évitable est plus élevé dans notre pays que dans nombre d’autres pays de l’EU. Ne serait-ce pas le prochain pas vers des soins plus accessibles ?

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