Vivre dans la rue et se soigner, un vrai parcours du combattant

Un sans-abri emmitouflé dans un duvet dans le centre de Lausanne (Suisse) Benoît Prieur-CC-BY-SA

Être confronté au manque d’hygiène, aux carences alimentaires, aux intempéries, à l’insécurité… Voici le dur quotidien que vivent des milliers de sans-abri dans nos rues. Quel impact ce mode de vie rudimentaire a-t-il sur leur santé ? Et quelles sont les répercussions liées au coronavirus pour les personnes sans domicile fixe ?

Entre le 3 et le 26 mai dernier, des chercheurs du CHU Saint-Pierre de Bruxelles ont réalisé une étude pour voir dans quelle mesure les sans-abri seraient plus vulnérables face au coronavirus que la population générale. Il en est ressorti qu’une personne vivant dehors à trois fois plus de risques d’être hospitalisé des suites d’une infection lié à la COVID-19 qu’une personne ayant un toit.

Des personnes fragilisées

Ils seraient entre 4000 et 4500. Voici le nombre estimé de personnes sans domicile fixe qui vivent dans notre capitale. Pour beaucoup d’entre eux, leur santé n’est pas perçue comme étant une priorité.

Entre la recherche d’un repas et d’un endroit où passer la nuit, se soigner devient secondaire et cette négligence se voit : « je constate beaucoup de sans-abris avec des mycoses au niveau des pieds, elles sont très souvent le résultat d’avoir marché pendant un long moment dans des chaussures abimées où encore des infections parasitaires telles que des poux et la gale», explique Isabelle Verreckt, infirmière au sein de l’ASBL bruxelloise La Fontaine.

Isabelle Verreckt ©Lecluyse Nicolas 2020

Mais il y a aussi des personnes qui souffrent de divers problèmes mentaux. Ceux-ci sont malheureusement encore trop souvent oubliés ou jugés comme n’étant pas assez importants. Pourtant, parmi ces troubles on retrouve parfois des pathologies psychiatriques graves, comme : la schizophrénie, des troubles bipolaires et des dépressions majeures. Selon Isabelle Verreckt : «Certaines personnes ont eu un suivi psychiatrique par le passé, mais depuis qu’ils sont à la rue ils n’ont plus eu de traitement ce qui aggrave leur état mental».

De plus, « beaucoup de sans-abri qui ne vont pas bien se tournent vers l’alcool et la drogue pour oublier leurs problèmes. Résultat? Cette consommation devient plus régulière et donc petit à petit ils peuvent développer un comportement addictif. Cette problématique s’ajoute à leur longue liste de problèmes, ce qui ne les aide pas à avancer » explique Isabelle Verreckt.

Le coronavirus, la goutte de trop ?

L’hiver est là. Températures négatives et journées plus courtes rythment désormais le quotidien des habitants de la rue. Une situation qui en temps normal est déjà compliquée, mais cette année ça l’est encore plus particulièrement. Le couvre-feu à partir de 22h qui a été instauré sur l’ensemble du territoire de la capitale oblige parfois les sans-abri à se cacher pour éviter de croiser la police. Depuis le début de cette pandémie, le message est clair : garder minimum 1,5m de distance entre les personnes, porter un masque à partir du moment où la distance sociale ne peut être garantie ainsi que se laver régulièrement les mains. Mais qu’en est-il lorsqu’une personne n’a pas les moyens de s’acheter des masques?

Le CPAS de la Ville de Bruxelles distribue désormais depuis plusieurs semaines des masques en tissus aux sans-abri. Un moyen pour eux d’être en règle, certes, mais pas forcément efficace. Le mauvais usage du masque compromet parfois son efficacité, car nombreux sont ceux qui gardent le même masque pendant plusieurs jours, ce qui évidemment peut impacter lourdement leur santé déjà fragile. Interrogée sur la question, une assistante sociale du CPAS de 1000 Bruxelles explique : « il y aurait aux alentours de 30% de sans-abris qui seraient infectés, où étés contact COVID et placés en isolement».

Un toit temporaire

L’accès aux tests n’est pas toujours évident pour les sans domicile fixe. Souvent le fait de ne pas posséder une carte médicale peut sévèrement compliquer les choses. En effet cette carte, délivrée par le CPAS aux personnes nécessiteuses, permet la gratuité des frais médicaux et pharmaceutiques pour les personnes en grande précarité. Lorsqu’un sans-abri possède cette carte, il peut se faire tester auprès d’un médecin généraliste agrée par le CPAS où une maison médicale. Dans le cas il où il n’est pas titulaire de ce genre de carte, l’accès aux tests est plus compliqué.« A ce moment là, le sans-abri peut se faire tester via Bruss’Help, l’organe de la coordination des personnes sans-abris à Bruxelles, mais évidemment cela prendra plus temps», explique Isabelle Verreckt.

Ensuite, si le test se révèle positif, la personne peut être mise à l’abri afin d’éviter que son état de santé s’aggrave et faire en sorte qu’elle ne contamine pas d’autres personnes. La Ville de Bruxelles a donc mis certains endroits très spécifiques à disposition des habitants de la rue, comme par exemple l’hôtel Galia. Cet hôtel accueille les personnes qui seraient positives à la covid-19 en leur proposant un hébergement et des soins durant la quarantaine.

Une porte de sortie?

Si pour la plupart des sans-abri l’espoir de retrouver un jour un toit et une vie autonome les aide à tenir le coup, pour d’autres ce n’est pas forcément le cas. En effet, une minorité de ces personnes préfèrent la vie dehors, qui leur convient mieux. Ils estiment qu’il y’a plus besoin de payer les frais du quotidien, pas d’obligations, pas de travail, pas de comptes à rendre… une liberté totale donc. Selon madame Verreckt : « La porte vers la sortie peut être ouverte par le CPAS où le Samusocial, mais encore là il faudra s’armer de patience car le chemin peut être long. La persévérance sera indispensable ».

Plus mourir dans l’anonymat

Chaque année plusieurs dizaines de personnes sdf meurent dans les rues de Bruxelles. En 2019, 62 personnes y ont perdu la vie, ce qui représente une diminution comparée à l’année précédente, où 68 décès ont étés enregistrés. Pour l’année 2020 il n’y pas encore de chiffres de disponible, mais il est quasi sûr que ceux-ci seront plus élevés à cause de la pandémie. Pour rendre un dernier hommage à ces personnes, il existe un collectif spécial, nommé « Morts de la rue ». Ce réseau d’associations organise chaque année un hommage, en collant un nom et un visage sur les chiffres de ceux qui ont perdu la bataille contre l’extérieure. L’espérance de vie en rue est que de 48 ans.

Pour en savoir plus…

Nicolas Lecluyse, 21 ans. Étudiant en bachelier de Communication à l’ISFSC depuis septembre 2020.

Covid-19 : accès aux soins pour les SDF.

Pour protéger les personnes sans domicile fixe, le gouvernement et plusieurs organisations ont mis en place des dispositifs pour mettre ces derniers à l’abri durant cette crise sanitaire du coronavirus.  Quelles sont-elles ? 

Le 13 mars a eût lieu un comité de concertation qui traitait comme sujet le coronavirus. Dans ce comité de concertation a été prise la décision de faire un confinement total . Mais quand est-il des SDF ? En août dernier, le CHU Saint-Pierre a fait une étude. D’après eux, sur 100 000 habitants, 650 personnes atteintes de la covid-19 seraient des personnes sans-abris contre 194 non SDF. 

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La Belgique compte aujourd’hui, plus de 17 000 personnes décédées du virus présent depuis le début de l’année. Le nombre de SDF morts parmi ces 17 000 personnes décédées reste encore inconnu. De plus, parmi ces 17 000 personnes, les personnes sans domicile fixe restent les personnes les plus vulnérables à attraper le coronavirus. Ils n’ont pas d’hébergement où se confiner en plus de leur hygiène de vie qui n’est pas favorable. Il est donc important de trouver des endroits où les loger durant cette période de crise sanitaire. 

La meilleure défense contre la covid-19, c’est d’avoir un toit.

Mustapha Akouz

Les dernières solutions d’hébergements pour les sans-abris

Pour pouvoir protéger les personnes sans-abris, plusieurs mesures ont été mises en place. Le Samu social a mis à disposition des lits dans des hôtels pouvant accueillir un certain nombre de sans-abris à l’aide de la croix rouge. D’après monsieur Mustapha Akouz, président du CPAS d’Anderlecht, en plus des hôtels qui ont été ouverts pour les SDF, les centres d’hiver ont également ouvert leurs portes pour ces derniers. Cependant, les centres d’hivers peuvent accueillir 50 % de leur capacité en cause, la distanciation sociale. « Il y a à ce jour, plus ou moins 3000 places d’hébergement saturées à Bruxelles », a confirmé Nathalie Abascal Toca, responsable dans le domaine des SDF du CPAS d’Anderlecht.

Le CPAS d’Anderlecht collabore avec la COCOM et sa commune pour venir en aide aux SDF

« Il y a un projet qui commence en janvier prochain, pour l’hiver, on vient de conclure avec la COCOM et la commune d’Anderlecht une collaboration. On a une structure où on peut accueillir 35 résidents » a confirmé le président du CPAS d’Anderlecht, Mustapha Akouz. 

Pour certaines personnes, il est impossible de respecter le couvre-feu

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Depuis l’annonce du deuxième confinement, les personnes sans domicile fixe doivent, elles aussi, respecter le couvre-feu dans la commune dans laquelle ces derniers se trouvent. La capacité d’accueil dans les centres d’hébergement étant saturée, certaines personnes restent dans la rue et sont dans l’incapacité de respecter le couvre-feu imposé par le gouvernement.

Dix organisations se mobilisent

Pour y remédier dix organisations ont décidé de distribuer aux personnes se trouvant dans la rue, 2 500 « attestations de non-hébergement » afin que ces derniers puissent rester dans la rue sans avoir de problèmes. Des organisations telles que, le Samu social, les Médecins du Monde, Médecins sans Frontières et pleins d’autres encore. 

Les SDF présentent des symptôme de la covid-19 dans les hôpitaux

Les hôpitaux sont ouverts pour tout le monde, mais qu’en est-il des SDF qui viennent aux urgences avec des symptômes de la covid-19 ? Et bien, les personnes sans-abris sont prises en charge par les médecins et la facture des soins sera envoyée au CPAS qui eux, se chargeront de payer les soins de santés. 

Les solutions de la fondation Roi Baudouin

Dans les hôpitaux, on retrouve beaucoup de SDF atteints du coronavirus, c’est pour cela que la Fondation Roi Baudouin a mis deux dispositifs d’urgence pour soutenir ces derniers en cette période de crise sanitaire. Le premier dispositif est de distribuer des repas aux personnes sans domicile fixe et le deuxième est de mettre en place des lieux d’accueil pour ces derniers afin qu’ils ne manquent de rien pendant cette période compliquée. 

Nouveau Centre de dépistage à Bizet  

D’après le président du CPAS d’Anderlecht, un centre de dépistage a ouvert ses portes le 6 novembre dernier dans la commune d’Anderlecht à Bizet.

Un bus de dépistage viendra aux sans-abris

Bruno De Meue, directeur des secours de la Croix-Rouge de Belgique, a confirmé qu’un bus de dépistage sillonnera les rues de la capitale pour tester les personnes précarisées.  

Le vaccin pour les SDF ?

Le vaccin de la covid-19 est quant à lui attendu en début de l’année 2021, il sera réservé dans un premier temps, pour le personnel soignant ainsi que pour les personnes jugées à risques. Parmi ces personnes à risque nous ne retrouvons pas les personnes sans domicile fixe.

Aspects positifs du premier confinement

Malgré les aspects négatifs du coronavirus pour les personnes sans-abris, en plus des hôtels qui ont été disponibles pour ces derniers, 16 personnes sans domicile fixe ont obtenu un hébergement permanent dans la commune de Gand.

Lors du premier confinement des tentes ont été mises à disposition pour les sans-abris dans les parcs de la ville de Liège. 

Des ambulances mises à disposition pour les personnes précarisées

En mars dernier, le Samu social a mis en place un dispositif d’enregistrement par ambulances des personnes sans domicile fixe. La transportation des personnes sans-abris suspectées d’avoir le coronavirus est très délicate, ce dispositif a permis d’isoler ces derniers dans des centres d’isolations pour ne pas prendre le risque de contaminer d’autres personnes. 

Les prochains projets à venir pour les personnes sans domicile fixe pour leurs soins de santés en général ? 

Un des projets qui est en cours est celui-ci, au printemps prochain un centre de jour ouvrira ses portes à Bruxelles pour accueillir les  jeunes personnes sans-abris âgées entre 13 ans et 26 ans. 

Comme l’a dit l’échevin d’Anderlecht, monsieur Mustapha Akouz, « La meilleure défense contre le covid-19, c’est d’avoir un toit. »


Pour en savoir plus :

  • https://www.rtbf.be/info/regions/liege/detail_sm-ile-un-sourire-pour-encourager-les-sdf-liegeois-a-se-soigner?id=10654697

Alexia Carbone

Étudiante en communication à l’ISFSC, passionnée de littérature et de montage vidéo

Covid-19 : Le Samu social et la Croix-Rouge amènent des solutions pour héberger les sans-abris

Depuis mars dernier, la Belgique connaît une crise sanitaire nationale qui touche toutes les personnes, sans exception, sur le territoire belge. Mais quand est-il des personnes sans domicile fixe ? Y a-t-il des solutions pour ces personnes dans la difficulté ? 

Le Samu social a la solution !

Le Samu social avec l’aide de la Croix-Rouge a mis en place plusieurs solutions pour venir en aide aux personnes n’ayant aucun endroit où se loger durant cette crise sanitaire. En commençant par ouvrir un centre temporaire de 70 places dans un hôtel de Schaerbeek en collaboration avec Bruss’help. 

Une personne sans domicile fixe dormant sur un banc. Image par planet_fox de Pixabay

D’autres hôtels sont prêts à accueillir les sans domicile fixe

Ce n’est pas tous, d’autres hôtels ont également ouvert leurs portes pour accueillir des personnes dans le besoin, un hôtel bruxellois a libéré 400 lits pour les familles nombreuses qui n’ont pas d’endroit où se confiner. D’autres hôtels ont également ouvert leurs portes pour accueillir des personnes dans le besoin. Le parlement européen a également mis à disposition un bâtiment pouvant accueillir 100 femmes seules. 

En espérant que cela suffisent pour mettre un maximum de personnes précarisées à l’abris

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Les seniors de Waterloo accèdent-ils aisément aux soins?


A l’heure où la population a une plus grande espérance de vie, Waterloo tente de faire son maximum depuis quelques années afin que les personnes âgées puissent continuer de garder une certaine indépendance et autonomie. Le monde évolue, les seniors aussi!

Quels sont les repères pour les futures générations? Qui sont les piliers familiaux? Qui sont présents pour donner un conseil juste? Les aînés. Mais être un senior, c’est également souffrir d’isolement, avoir des difficultés à accéder à certains soins de santé et des difficultés grandissantes à accomplir des tâches quotidiennes. Actuellement 20.6 % de la population Waterlootoise est âgée de plus de 65 ans. Un chiffre en constante augmentation ces 30 dernières années. Comment fait-on pour se préparer au vieillissement dans cette commune? Différents services sont mis à disposition des personnes âgées afin de leur faciliter les accès aux soins et de leur maintien à domicile.

Dans la commune de Waterloo, trois secteurs sont mis en place afin d’aider au maximum les seniors: les soins de santé, différents services afin de favoriser le maintien à domicile et de lutter contre l’isolement et enfin, les animations.

A commencer par le CPAS (Centre Public d’Action Sociale) de Waterloo et plus précisément le service SAFA (Services d’Aide aux Familles et aux Ainés). Celui-ci a créé plusieurs prestations indispensables afin de préserver le maintien à domicile des personnes âgées et permet par la même occasion de lutter contre l’isolement. Le SAFA propose entre autres le service des repas sur roues. En effet, les personnes ayant plus de 65 ans peuvent, si elles le souhaitent, commander leurs repas pour tous les jours de la semaine (également à la carte) et ceux-ci seront livrés chez eux pour plus de facilité. Qui plus est, il est possible de faire appel à une aide-ménagère ou encore une aide-familiale. L’aide-ménagère les seconde dans le nettoyage de l’habitation. Quant à l’aide-familiale, celle-ci a pour mission de favoriser une vie active au quotidien le plus longtemps possible (accompagnement pour faire les courses, se rendre à la pharmacie ou encore à la banque, …). Enfin, un dernier prestataire, mais non des moindres, le service transport. Il permet aux seniors (ou personnes à mobilité réduite), qui ont des difficultés de déplacement à garder une certaine forme d’indépendance : accompagnement aux rendez-vous médicaux, à divers magasins et sur le lieu de leurs loisirs.

L’animation pour lutter contre l’isolement.

Le secteur de l’animation est organisé par la commune elle-même. Elle propose régulièrement des spectacles à prix réduit afin que toutes les personnes âgées puissent en profiter. Par ailleurs, la commune offre la possibilité de participer à des excusions culturelles ou encore de partir en voyage une fois par an. Cette année, le programme culturel et d’animation pour les seniors de Waterloo a dû être suspendu en raison de la crise sanitaire. En temps normal, pour les seniors souffrant d’isolement, c’est l’occasion de partager un moment de convivialité et d’échange.

Ces différents secteurs ont dû faire face à une certaine adaptation en ces temps de pandémie, afin de continuer leurs activités tout en assurant la sécurité des personnes âgées. C’est le cas par exemple du service d’aides-ménagères qui lutte contre cette pandémie. Mais ce n’est pas tout, la continuité de ces prestations permet, entre autres, de lutter contre l’isolement des seniors.

Coronavirus: la ligne téléphonique Solitud’écoute renforcé (0800 47 47 88)

En Belgique, toutes les communes et les CPAS ne proposent pas tous ces services. Effectivement, ces prestations ne dépendent pas d’une obligation prévue dans les devoirs afférents à une administration communale. « Il s’agit d’une analyse distincte d’une commune à l’autre, déclare Etienne Verdin, Président du CPAS de Waterloo depuis 2001. Selon la situation sociologique, c’est à dire l’âge, la dépendance, … et la situation sociale de la commune, c’est à dire les moyens, … on se rend compte que tel ou tel service serait utile à Waterloo et pas spécialement à Saint-Gilles, et inversement. »

Un personnel compétent pour lutter contre la pandémie.

En ce qui concerne les différents services de soins, outre ceux proposés par certaines mutuelles ou des sociétés privées, la commune de Waterloo et le CPAS possèdent une maison de repos: « Le Gibloux ». Depuis le début de la pandémie, celui-ci a dû s’adapter afin de protéger au maximum ses résidents. Monsieur Etienne Verdin a attesté que les résidents avaient de la chance, jusqu’ici, aucun décès de la covid-19: le personnel est un personnel compétent , dévoué et capable de s’adapter à toutes circonstances. Malheureusement, les temps sont longs et malgré les efforts du personnel soignant, l’isolement reste dramatique. Cela n’empêche pas la maison de repos de tout de même fêter les anniversaires des résidents tout en gardant les précautions nécessaires ; ceci donnant l’occasion d’avoir une bouffée d’oxygène et un moment chaleureux.

La Wallonie ne compte pas moins de 18.9% de personnes âgées de plus de 65 ans. Ce chiffre devrait atteindre plus de 27.1% en 2071.

Fédération Wallonie-Bruxelles

« Je suis satisfait des prestations que propose notre commune, selon moi, il faut toujours s’adapter et surtout évoluer, explique humblement Monsieur Etienne Verdin. Cela évolue dans le temps, la crise de la Covid-19 l’explique dans le sens que, par exemple, le nombre de repas à domicile a fortement augmenté. On est passé de 120 repas par jour en moyenne à 150 repas par jour. » En effet, le CPAS de Waterloo a dû s’adapter quand à la demande de repas à domicile mais outre la Covid-19, ce service devra faire face à une adaptation constante. Selon le site de la Fédération Wallonie-Bruxelles, la Wallonie ne compte pas moins de 18.9% de personnes âgées de plus de 65 ans. Ce chiffre ne fera qu’augmenter dans les prochaines années et devrait atteindre plus de 27.1% en 2071. Monsieur Etienne Verdin assure que ces différents services sont en constante évolution; il est primordial d’observer les besoins des seniors et d’ensuite analyser les capacités pour arriver à une solution qui convienne à tous. Le but étant de prévoir le besoin des personnes âgées avant même qu’il ne se fasse ressentir.

Plusieurs sources de diffusion d’informations.

0800 16 210 est le numéro gratuit pour les seniors afin qu’ils puissent obtenir toutes informations dont ils ont besoins.
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Toutes ces prestations sont bénéfiques pour les personnes âgées mais le plus important reste que celles-ci soient informées de ce qui est mis à leur disposition. C’est un point que met à l’honneur le Président du CPAS de Waterloo:  » Je tiens toujours à annoncer une réponse durable à un projet, je n’aime pas les effets d’annonces qui n’aboutissent pas. Le plus important c’est de dire ce qui est fait et pas ce qui va se faire. » Afin d’informer la population waterlootoise de l’actualité de la commune, celle-ci possède son propre journal d’informations gratuites distribué dans les boîtes aux lettres toutes les semaines (le « Waterloo Info »). Ce dernier informe de tout ce qui se passe dans la commune et de toutes les nouveautés. En plus de ce journal, se trouve sur internet « Les services pour les personnes âgées en Wallonie, offre et utilisation » afin d’être informé sur ce qui est mis en place dans sa propre commune. Il est important d’informer qu’un numéro de téléphone gratuit existe pour les seniors afin qu’ils puissent poser toutes leurs questions et qu’il puissent recevoir des conseils si nécessaire. Comme source d’informations non officielle mais non négligeable, il y a « le bouche à oreille » entre voisins, amis, familles qui n’hésitent pas à prendre le temps de téléphoner et d’échanger toutes ces informations sur la commune.

« Le cheval de bataille » de la commune Waterlootoise est le maintien des personnes âgées à domicile le plus longtemps possible. Il est également important de permettre aux seniors d’avoir accès à différents domaines de soins. De nouveaux projets seront bientôt disponibles comme le service « brico-dépannage » (service qui verra le jour en fonction de l’évolution de la crise sanitaire) qui sera proposé par le SAFA afin d’intervenir pour effectuer de petits travaux de bricolage. Monsieur Etienne Verdin garanti que « efficacité » et « perdurable » sont les mots d’ordre dans la commune de Waterloo!


Pour en savoir +
Le journal de la commune de Waterloo « Waterloo Info » est disponible sur le site officiel communal.

Le site « Petit frères des pauvres, non à l’isolement des aînés », donne plus d’information concernant le numéro gratuit afin de luter contre la solitude des seniors.

Le site « Iweps » a publié une étude relative aux chiffres de l’espérance de vie et de mortalité en Belgique.


Lhéa Guillaume

Etudiante à l’ISFSC et passionnée par le journalisme. Ce que j’aime dans les études de communication c’est de pouvoir jongler dans différents domaines et de pouvoir aborder beaucoup de sujets. Rêve de partir à la découverte du monde.

Le cohortage en maisons de repos, une innovation efficace

Le phénomène est mis en place depuis peu par les soins de santé. Explications.

L’expérience a débuté à Liège en octobre dernier. L’idée ? Transférer des patients covid vers d’autres établissements. Cela évite aux hôpitaux d’être saturés. Durant la première vague du coronavirus, les maisons de repos ont envoyé de nombreux résidents en milieu hospitalier de cette manière. Aujourd’hui les rôles s’inversent. Les maisons de repos peuvent également servir de points d’appui aux établissements de santé.

Une norme en devenir

La seconde vague de l’épidémie étant plus impactant au niveau des hospitalisations, il a fallu trouver une solution pour répartir au mieux les patients sur l’ensemble du pays. Et pouvoir ainsi s’occuper des cas les plus préoccupants.

Les patients sont envoyés dans les maisons de repos les plus proches. Fredlegrain, CC BY-SA 3.0 via Wikimedia Commons

La Région de Bruxelles-Capitale a elle aussi adopté la pratique. Le ministre Alain Maron affirme par ailleurs que le cohortage n’apporte pas une charge de travail supplémentaire au personnel des maisons de repos. Et souligne que seuls les patients guéris de tout symptôme sont aptes à être transférés.

Le personnel des maisons de repos est aujourd’hui formé pour ce genre de situation. Mais également bien mieux équipé pour pouvoir traiter des patients covid. Ils sont devenus des alliés indispensables pour faire face au virus. L’Aframeco (l’Association Francophone des Médecins Coordinateurs) et le MRS (Conseillers en Maisons de Repos et de Soins) soulignent ainsi l’importance du cohortage et ont d’ailleurs partagé une circulaire à ce sujet.


Covid-19 : la crise au cœur des maisons de repos

La première vague du coronavirus a causé des ravages dans les maisons de repos. Le personnel de ce genre d’établissement s’est retrouvé parfois démuni de tout moyen. Qu’en est-il aujourd’hui ?  

Les maisons de repos au centre de l’attention d’Alain Maron
© Renard Baptiste 2020

Interrogé à ce sujet, le ministre bruxellois de la Santé Alain Maron souligne que le véritable problème de la première vague a été le manque de préparation : « Il n’y avait pas de plan d’action dans les maisons de repos consacré à ce genre de pandémie. Les plans Influenza mis à jour par le fédéral en juillet n’ont pas été suffisants, ceux-ci étant destinés principalement pour la grippe. » Après les vacances de carnaval, la découverte d’un gros cluster dans une maison de repos à Watermael-Boitsfort a été le véritable signal d’alarme du secteur déclare M.Maron.

Un manque de ressources évident

Selon lui, les manquements les plus évidents se situaient au niveau matériel. Le fait que le fédéral ait brûlé les stocks stratégiques de masques n’a pas aidé le personnel soignant. Ce qui pose problème également est le manque de formation de ceux-ci pour pouvoir prendre les mesures adéquates dans ce genre de scénario. Cependant il l’affirme, il n’y a pas de problème budgétaire à ce niveau-là. Les maisons de repos ont reçu beaucoup de matériel, des équipes de remplacement sont prêtes et le régional a maintenant un stock de réserve.

MSF a d’ailleurs été envoyé dans les différentes maisons de repos du pays, pour aider et former le personnel. L’organisation décrit, entre autres, dans son rapport publié en juillet dernier, que les principaux problèmes touchant aux ressources humaines ont inclus : un taux d’absentéisme élevé, un manque de moyens du secteur préexistant, un manque d’investissement dans les connaissances et le renforcement des compétences du personnel, une diminution marquée des visites par les médecins généralistes…

Alain Maron est globalement d’accord avec le contenu de ce rapport : « Il y a eu beaucoup de disparations de médecins généralistes, certains ont vraiment aidés en dehors de leur pratique habituelle mais d’autres ont complètement disparu et parfois même des médecins coordinateurs des maisons de repos. L’absentéisme en cascade a été un vrai problème aussi mettant le personnel restant sous tension, finissant malade ou alors avec trop de pression morale. Maintenant on oblige à ce qu’une maison de repos remplace directement une personne malade. » En revanche la situation n’a pas été la même dans toutes les maisons de repos. Il y avait des médecins coordinateurs préparés qui avaient déjà mis en place des procédures.

Et l’humain dans tout ça ?

La mortalité des patients au-delà de la moyenne ou encore le stress du personnel ont été des facteurs traumatisants pour ceux-ci durant la première vague. Il a fallu au gouvernement quelques semaines pour financer un centre d’association et ainsi mettre en place des soutiens psychologiques appropriés pour le personnel. Le ministre de la Santé se veut rassurant à ce sujet et affirme que le gouvernement continue à subventionner ces associations avec une priorité pour le personnel soignant. Au niveau du testing des procédures sont mises en place par le fédéral depuis l’été. Les cas avérés et suspects au niveau des résidents, mais aussi du personnel étaient traités. En septembre dernier l’ensemble des maisons de repos de Bruxelles ont été testées. Or, il y a une limite à cela, actuellement en Belgique la capacité maximale de test par jour est de 70 000 et il y a une priorité à tester les cas confirmés. Les protocoles ont été diminués et le personnel ne se fait donc plus traiter de manière systématique, ce qui n’est pas le cas des résidents qui représentent la partie la plus à risque de la population. Mais le personnel n’est pas pour autant laissé de côté, le fédéral a investi dans des tests rapides développés en laboratoire et ceux-ci devraient arriver durant le mois de novembre.

Un autre impact délicat de cette crise du coronavirus a été l’appel à l’aide des résidents face à la solitude suite aux mesures renforcées qui ont été prises au mois de mars. Cela a notamment engendré de nombreux cas de glissement. M. Maron l’admet cette mesure n’était pas idéale : « Cela ne les a pas protégés, le virus était déjà à l’intérieur des maisons de repos sans que l’on s’en rende compte, la fermeture n’a pas suffi et à provoqué de nombreux effets pervers dont le glissement. » Pour s’en rendre compte, il a visité les maisons de repos à Bruxelles après la première vague. Et ce qui en ressort est principalement ce point qui a traumatisé le personnel de soins. Pour remédier à cela aujourd’hui, des protocoles sont mis en place pour les laisser voir leur famille ou pratiquer certaines activités tout en limitant la propagation du virus.

Plus le droit à l’erreur

« Une telle situation ne peut pas se produire une deuxième fois« , signale Alain Maron suite au plan d’action mis en place dans les maisons de repos. Avec le matériel, les moyens budgétaires et les mesures cités plus haut accordés au secteur, la deuxième vague ne peut être aussi catastrophique que la première. On peut le constater, le personnel gère mieux le choc en ce moment. « Si ce paquet de moyens avait été disponible en février, cela ne se serait pas passé comme ça. Mais à ce moment-là ce n’était pas possible. »

Certaines maisons de repos montrent cette tendance positive. Une expérience est en cours avec l’UZ Jette et la maison de repos qui dépend du CPAS de Jette. La maison de repos accepte d’accueillir des malades de l’hôpital, car elle a assez de ressources disponibles pour les aider ! Cette pratique, appelée cohortage, n’est pas obligatoire et est propre à la capacité de chacune des résidences. À noter que seuls les patients guéris sont transférés.

Le ministre de la santé bruxellois visite régulièrement les différentes maisons de repos de la région Bruxelles-Capitale. Il est important de se rendre véritablement compte de la situation exceptionnelle de ces établissements.

Mais une contrainte reste toujours la difficulté à remplacer le personnel malade. Ce métier avec beaucoup de responsabilités est en pénurie. Cela reste la plus grosse crainte de M. Maron, mais il le dit : « Le maximum a été mis en place. Il y a aujourd’hui plus d’argent par résident qu’il n’y en a jamais eu. »


En savoir plus à ce sujet

Afin d’en savoir davantage sur le sujet, voici quelques liens utiles.



Un étudiant… Enthousiaste

Salut ! Je m’appelle Renard Baptiste. Je suis étudiant en 1ère communication à l’ISFSC, j’ai toujours cherché à m’informer. Auparavant j’ai suivi des études de graphisme à l’INRACI et à la Haute École Francisco Ferrer. Mais étant quelqu’un de social et qui aime débattre de tout et n’importe quoi je pense avoir trouver ici ma voie !