Les hommes ont-ils des difficultés d’accès aux soins de santé ?

4K, CC0, domaine public, libre de droits 1 les étapes de la santé

De nos jours, accéder aux soins est une source d’angoisse. La plus grande difficulté rencontrée est les moyens financiers d’autant plus que la plupart des patients passent dans les mailles du filet.

En Belgique, environ 35 % de la population déclare avoir renoncé à des soins de santé pour des raisons financières. Parmi les frais de santé les moins bien pris en charge par l’Assurance maladie, les soins dentaires ou encore l’achat de lunettes arrivent en première place.

Est-il difficile pour une personne d’obtenir un accès aux soins de santé en Belgique ?

« Je pense que de nos jours, il est difficile d’obtenir un soin de santé. Pourquoi ? Faut savoir qu’en Belgique l’accès aux soins de santé est lié à deux conditions : le statut administratif donc être inscrit au registre national et le domicile (avoir une adresse de référence). Malgré les nombreuses mesures prises, il existe encore un certain nombre de personnes qui n’accèdent pas aux soins de santé. Et souvent les personnes n’arrivent pas toujours à réunir ces deux conditions. Comme par exemple : les personnes qui ne sont pas en ordre de séjour, les demandeurs d’asile etc. Et puis il y a aussi les personnes qui réunissent les deux conditions, mais qui n’ont pas les moyens de se soigner. Donc obligé de se tourne vers des maisons sociales. » (Auteur anonyme).

Fréquence et motifs des refus des soins.

Un médecin m’a révélé part son expérience, le refus des soins sont très exceptionnel. La majorité du temps il concerne les actes diagnostiques et thérapeutiques, en raison des traitements ou risque de complication.

Les premières contraintes que rencontrent une personne face à l’accès aux soins de santé.

« Il n’est pas rare que le patient rencontre des contraintes de se faire soigner, ce qui peut sérieusement bouleverser la relation entre patient et médecin. Les causes de ces contraintes sont multiples et parmi celles-ci on retrouve notamment :

Un mauvais apriori à l’égard des médecins, et, plus largement, du système de santé

Le coût qui restera à charge

La peur (du diagnostic, de la douleur, des complications…) ; »

Une expérience d’un refus de soins.

Pixabay License Libre pour usage commercial
✓ Libre d’utilisation.
✓ Aucune attribution nécessaire. Un homme en blouse blanche

Le médecin interviewé m’a donnée un exemple d’un patient souffrant régulièrement de maux de ventre et de douleur abdominale. Il  avait refusé à plusieurs reprises de subir des coloscopies pourtant conseillés par divers gastro-entérologue. Les raisons évoquées étaient la peur et les risques de coûts financiers élevés de cette opération. Le médecin lui a proposé un examen en lui expliquant les aides financières existant pour ce type d’opération et qui pourrait donc l’aider du côté financier. Le patient a donc accepté et l’examen a mis en évidence une tumeur du colon sigmoïde malheureusement déjà avancé avec une évolution défavorable. Le faite d’avoir refusé à plusieurs reprises de se faire soigner, a empêché de trouver la tumeur et de la traiter rapidement.

Le système de santé belge est considéré comme l’un des meilleurs au monde. Il prend en charge de nombreux frais. Mais tout le monde n’a pas accès aux mêmes soins.

Le gouvernement l’acteur principal de l’accès financier aux soins

« Faut savoir que le système financier de la sante en Belgique est basé d’une chose sur la taxation directe progressive, d’une deuxième choses les cotisations proportionnelles de sécurité sociale liées aux revenus et le financement supplémentaire lié à la consommation de biens et de services (taxe sur la valeur ajoutée) TVA »

Trop chers chez le dentiste

Les prix d’une consultation chez un médecin :  

Certains médecins font payer les consultations plus chères que les tarifs fixés par la loi, cela s’appelle des « dépassements d’honoraires ». Par exemple, le prix de base d’une consultation chez un médecin en Belgique est de 23 €. L’assurance maladie la rembourse à hauteur de 70 %, soit 16 €. Certains médecins ont des tarifs qui dépassent les sommes remboursées. Tout le monde ne peut pas se permettre de payer un tel montant.

Malheureusement, être bien soigné reste en grande partie une question d’argent dans notre pays car l’Assurance maladie ne rembourse pas tous les frais médicaux. Il est possible de souscrire à une « mutuelle » ou à une « assurance complémentaire santé » qui finance une partie des frais non pris en charge (qu’il prend juste une petite partir des soins). Il reste encore des personnes qui n’ont pas les moyens de se payer une « bonne » mutuelle, qui rembourse bien les soins.

Quelle est la différence entre médecin conventionné, non conventionné ?

Le médecin conventionné est celui qui pratique les honoraires prévus par la convention. Dans ce cas, vous ne payez alors que ce qu’on appelle le ticket modérateur, c’est-à-dire la différence entre le montant remboursé par la mutualité et les honoraires fixés par la convention.

Le médecin non conventionné est libre de pratiquer les prix qu’il souhaite. Il peut donc réclamer des suppléments au-delà des tarifs fixés par cette convention. On appelle cela les suppléments d’honoraires. Ceux-ci ne sont jamais remboursés par la mutualité.

Certains médecins refusent de soigner :

Même si c’est illégal, certains professionnels de la santé refusent de soigner les patients modestes. Des études ont montré que ceux qui bénéficient de « l’aide sociale » subissent des discriminations de la part des médecins, surtout des spécialistes, qui refusent de les recevoir. Pour eux, c’est aux hôpitaux publics de se charger d’eux.

lInstitut national de la statistique et des études économique,INSEE, en sigle, a publié une étude française qui révélait que plus on est aisé, plus l’espérance de vie est élevée.

 Cette étude démontre que l’espérance de vie à la naissance des hommes riches est de 84,4 ans ; cependant, elle est de 71,7 ans pour 5 % des plus pauvres, soit 13 ans d’écart. Chez les femmes, cet écart est plus faible : 8 ans séparent les plus aisées des plus pauvres aux femmes riches.

Alors que notre système de santé est réputé pour être l’un des plus égalitaires au monde, de plus en plus d’européen déclarent avoir renoncé à des soins médicaux pour des raisons financières.

Pixabay License Libre pour usage commercial
Pas d’attribution requise
Des médicaments trop coûteuse ?

L’augmentation du prix de certains médicaments… La santé serait-elle devenue un luxe ?

Des familles belges considèrent le prix des médicaments comme une charge moyenne ou lourde.

Sylvie Duquenoy journaliste a la RTBF a déclaré à la radio RTBF ‘’ Aujourd’hui, nous en sommes surtout aux nouveaux traitements dont la moyenne est autour de 40 000€, mais cela peut aller jusqu’à 100 000€ par an. A l’heure actuelle, les firmes ne se basent plus du tout sur le coût de la recherche ou sur le coût de production du médicament. Pour proposer leurs prix, elles se basent sur une donnée économique. En effet, des économistes ont calculé la valeur d’une année de vie. Et une année de vie en bonne santé vaut 40 000€. Cela a un prix... ‘’

Qu’est-ce que l’assurance maladie, quel est l’intérêt d’avoir une mutuelle ?

La mutuelle santé, également appelée complémentaire santé, est un contrat d’assurance intervenant en complément ou supplément de l’Assurance maladie afin de diminuer le reste à charge de l’assuré (ticket modérateur, dépassements d’honoraires, frais dentaires et d’optique, etc.).

Est-il devenue une mauvaise idée de prendre une mutuelle ?

Les complémentaires santé coûtent de plus en plus cher

Une enquête de  » l’UFC-Que Choisir » révèle que les tarifs des mutuelles n’ont cessé d’augmenter depuis plus de dix ans. La cotisation moyenne à une complémentaire santé s’élève en 2017 à 688 € par an, soit 47 % de plus qu’en 2006. Les cotisations complémentaires ont ainsi progressé trois fois plus vite que l’inflation sur la dernière décennie.

Les assurances offrent une protection sociale dans 2 domaines :

 • Elle intervient financièrement dans les frais médicaux des assurés pour une vaste gamme de prestations : prestations médicales, médicaments, séjour en hôpital ect..  

• Elle garantit un revenu en cas de perte de salaire à la suite d’une incapacité de travail atteignant un degré suffisant.

En conclusion : « Toute personne a droit à un niveau de vie suffisant pour assurer sa santé, son bien-être et ceux de sa famille, notamment pour l’alimentation, l’habillement, le logement, les soins médicaux », nous dit la Déclaration universelle des droits de l’homme adoptée par l’Assemblée générale des Nations Unies.

Tu te demandes comment bénéficier d’une bonne assurance santé ou tu te demandes « C’est quoi une bonne mutuelle ?  » ou  » Quel est l’intérêt d’avoir une mutuelle ?  » n’hésite pas à te renseigner en cliquent sur les liens proposer.

Changer de sexe en Belgique : un parcours semé d’embûches.

Drapeau de la fierté transgenre, dessiné par Monica Helms. Pixabay License. Libre pour usage commercial. Pas d’attribution requise.

Les transgenres rencontrent encore de nombreuses difficultés pour changer de sexe et pour faire reconnaître officiellement leur identité. Personnel médical incompétent, soins de santé trop chers, discrimination…

D’après une étude de l’institut pour l’égalité des femmes et des hommes de 2009 près d’un transgenres sur quatre est réticent à se faire soigner. Il apparaît que les personnes transgenres ont difficilement accès à des soins réguliers ou qu’ils ont vécu des expériences négatives en la matière : un médecin généraliste qui refuse un patient , une hospitalisation dans le mauvais service, etc.

Souvent, le personnel médical n’est pas compétent et pas très coopératif pour aider un patient transgenre. Dans 60% des cas, le médecin n’a pas su ou n’a pas voulu donner d’informations aux personnes transgenres pour leurs problèmes spécifiques. De plus, elles subissent des remarques intrusives et des comportements déplacés dès leur arrivée à l’accueil des hôpitaux.  Elles sont obligées de présenter leur carte d’identité, ce qui cause des situations gênantes et qui entraîne parfois un refus de consultation car le sexe sur les cartes d’identité n’est pas encore mis à jour.

Des coûts et un temps d’attente trop long

Le prix élevé des soins (consultations, hormones, interventions chirurgicales, épilation) et le manque de précision par rapport à leur remboursement par les assureurs et l’Institut national d’assurance maladie-invalidité (INAMI) constitue un autre problème pour les personnes transgenres qui sont à la recherche d’une aide psycho médicale. La pression financière peut être très élevée pour certains. Il faut compter environs plus de 15 000 €  pour une vaginoplastie et pour une augmentation mammaire, car la caisse d’assurance maladie ne rembourse que 80% des frais d’hospitalisation réels. Les délais d’attente sont parfois très longs pour un rendez-vous. Il faut attendre entre 2 et 8 mois pour obtenir un rendez-vous avec un médecin spécialisé et les listes d’attente pour une vaginoplastie ne cessent de s’allonger.

Avant n’importe quelle opération, il faut avoir au préalable suivi un traitement hormonal d’un an au minimum. Une prise quotidienne de progestérone et d’œstrogène est nécessaire, ainsi que des d’anti androgènes tel que l’Androcur qui vont stopper la sécrétion de testostérone. « De toutes les hormones que l’endocrinologue m’a prescrites l’Androcur est la plus chère car elle n’est pas remboursée, explique Ambre Mirzakekiantz, jeune femme transgenre de 20 ans. Tous les mois je dois payer une boîte à 35€, ce qui s’accumule à tous mes autres frais médicaux. »

Ambre Mirzakekiantz, jeune femme transgenre de 20 ans.
© El Ouamari Fayçal 2019

De lourdes démarches administratives

Contrairement à nos homologues Français, depuis le 1er janvier 2018 les personnes transgenres en Belgique pourront faire modifier officiellement leur enregistrement du sexe et leur prénom sans conditions médicales. C’est au travers d’une procédure administrative auprès du fonctionnaire de l’état civil qu’ils pourront changer de sexe sur leurs documents administratifs. Effectivement, jusqu’en 2007, il fallait se présenter devant un magistrat pour pouvoir changer de sexe, la procédure exigeait une intervention chirurgicale et un certificat médical attestant que la personne en question était sous suivi psychologique.

Malgré cette loi, les démarches administratives restent compliquées car le demandeur doit faire une déclaration qui prouve sa volonté de modifier son sexe et son prénom, ce qui le pousse à se justifier une nouvelle fois… « Ce fut pénible et long pour tout changer, surtout pour tout ce qui concerne la mutuelle. J’ai l’impression que toute cette paperasse ne finira jamais sutout que je suis encore domiciliée et attachée à la mutuelle de mes parents », raconte Ambre la jeune bruxelloise.

Discrimination et harcèlement 

Les trans subissent davantage le rejet et l’exclusion dû au manque d’acceptation de la société. Ils et elles sont par ailleurs plus susceptibles d’être exposé.e.s à la discrimination, au harcèlement ou à des formes de violence transphobe car leur apparence et leur comportement ne respectent pas les rôles de genre associés traditionnellement au sexe qui leur a été attribué à la naissance. Ambre, qui a subi de nombreuses formes de discriminations et de harcèlement, s’est fait frapper à la sortie d’une boîte de nuit de la capitale et s’est même vue refuser un job car elle ne rentrait pas dans les critères conventionnels.

« Il était 3h du matin, mes copines étaient encore dans la boîte de nuit, je fumais ma clope à même pas 10 mètres du Bloody Louis en attendant mon Uber. Tout d’un coup un groupe de 3 gars est venu devant moi. Ils m’ont fait des avances que j’ai refusées, lorsqu’ils se sont aperçus que j’étais trans ils se sont moqués de moi, m’ont craché au visage et m’ont bousculé violement. Sur le moment, j’étais sous le choc car c’était la première fois que cela m’arrivait, j’ai directement appelé les secours… »

Agression transphobe sur une jeune femme à Paris
le 2 avril 2019.

D’après une étude belge, “Être transgenre en Belgique” menée auprès de 244 personnes transgenres, les pensées suicidaires et les tentatives de passage à l’acte sont très fréquentes, indépendamment du fait que ces personnes vivent ou non selon l’identité de genre souhaitée. Les personnes trans ont jusqu’à 10 fois plus de risque de passer à l’acte que leurs pairs cisgenres. 62% ont déjà eu des pensées suicidaires et 22% ont déjà fait au moins une tentative de suicide. Des chiffres alarmants qui tirent la sonnette d’alarme…

Ambre anciennement « Sacha » m’explique qu’elle aussi a déjà pensé à passer à l’acte dans les moments difficiles. « Certes, j’y ai pensé mais je ne le ferai jamais, ce n’est certainement pas en se suicidant que les choses vont évoluer. Je pense plutôt que c’est avec la prévention dès le plus jeune  âge dans les écoles qu’on sauve des vies. »

Parler, sensibiliser et visibiliser

Plusieurs campagnes de lutte contre l’homophobie et la transphobie ont été réalisées par l’Institut pour l’Egalité des femmes et des hommes, en collaboration avec le Centre interfédéral pour l’égalité des chances et la Fédération Wallonie-Bruxelles. Des campagnes destinées aux jeunes et aux professionnels qui les encadrent, cette campagne a été réalisée en 2016 et a pour objectif de déconstruire les mythes et stéréotypes liés à l’homosexualité et aux transidentités.

Ambre garde espoir…

« Je suis consciente de la chance que j’ai d’être dans un pays progressiste comme la Belgique qui milite en faveurs des droits LGTBQ+, me confie Ambre. Aujourd’hui je n’ai plus peur, je me trouve belle et courageuse. Toutes ses épreuves de la vie m’ont fait comprendre qui je suis réellement et je suis plus que jamais motivée à faire valoir mes droits et ceux de ma communauté. Même si le chemin vers ma transformation reste difficile, j’essaie de voir le côté positif des choses, c’est mon petit secret… »

Continuer la lecture de « Changer de sexe en Belgique : un parcours semé d’embûches. »

Le Gouvernement face à l’overdose de pénurie

Image: Auteur inconnu via Pexels

On compte 633 conditionnements de médicaments qui manquent depuis le 3 décembre dernier selon l’AFMPS (Agence Fédérale des Médicaments et des Produits de Santé). La pénurie, cette gangrène qui ronge la Belgique depuis plus de 4 ans maintenant ne cesse d’augmenter. Que fait le gouvernement face à cette situation ?

dimitrisvetsikas1969
Pixabay License Libre pour usage commercialPas d'attribution requise
Au Parlement Fédéral, on tente de résorber la pénurie, en proposant un système d’amende allant jusqu’à 100 000 euros pour certaines firmes.
Image: dimitrisvetsikas1969 via Pixabay CC

Avant toute chose, gardons à l’esprit, que cette pénurie de médicaments concerne majoritairement les conditionnements de médicaments. Les médicaments ne sont donc pas tous différents, certains peuvent être substitués par un produit comportant le même type de molécules mais portant un autre nom (ex: les médicaments sous formes génériques), il est aussi possible de retrouver exactement le même produit mais sous un autre dosage. 


Le 28 août 2019, Kathleen Depoorter, pharmacienne de métier et député à la NV-A propose une loi obligeant le signalement des médicaments manquants ainsi que le motif de ce manque. Cette loi augmente le prix des amendes qui sanctionne le non-respect du signalement, on parle d’un passage de 1000 à 100 000 euros d’amende pour les firmes. Une suspension des exportations de médicaments étant régulièrement indisponibles a également été évoquée. La proposition de loi de madame Depoorter a permis de réétudier la responsabilité des grossistes-répartiteurs qui sont les grossistes des médicaments, faisant office d’intermédiaire entre les pharmacies et les laboratoires pharmaceutiques. On contraint donc ces grossistes à livrer dans les 24 heures sous peine d’amende. Le but d’une telle sévérité envers les firmes et grossistes? Favoriser notre marché et minimiser le problème de pénurie en Belgique. Proposition de loi qui  quelques mois plus tard ( le 6 novembre 2019), est annulée suite à une discussion de R.De Caluwe (Open Vld), N.Farih (CD&V) et K.Depoorter elle-même, via amendement.

Toujours concernant les grossistes répartiteurs belges, ceux-ci devraient avoir le privilège de l’approvisionnement prioritaire par les firmes déjà présentes en Belgique, tout en étant limités au niveau de la délivrance qui se fera à d’autres grossistes répartiteurs à l’étranger, des hôpitaux ou pharmacies. Les députés, Dirk Janssens de l’Open Vld, Nathalie Muylle du CD & V et Damien Thiéry du MR sont les dépositaires de cette proposition.

La pénurie a engendré un autre problème au point de vue légal, le droit à la substitution des pharmaciens. En effet, les pharmaciens doivent, parfois malgré eux, proposer aux patients des médicaments équivalants à ceux prescrits par le médecin. Le hic, seul les médecins ont ce droit, jusque peut-être l’obtention du “Droit à la substitution” qui devrait être proposé d’ici quelques semaines.

La propagation 

Entre octobre et décembre de cette année, l’indisponibilité est passée de 573 à 633 conditionnements de médicaments manquants. Il est bon de savoir que le gouvernement tente de prendre les choses en mains, mais comprendre la propagation de ce dysfonctionnement en est une autre. 

Il y a différentes raisons à l’indisponibilité d’un médicament ( ou dans d’autres cas, son conditionnement). Celui-ci peut avoir été supprimé ou tout simplement en rupture de stock. Pour qu’un médicament soit supprimé du marché belge, il doit enfreindre des règles établies par l’OMS (l’Organisation Mondiale de la Santé), on y retrouve entres autres le respect des normes de qualité, de innocuités (il faut que le médicament ne soit pas toxique) et d’efficacité.

Ces quelques mots peuvent paraître rassurants, néanmoins des risques restent à prendre en compte, l’AFMPS n’écarte pas le possible problème de confusion venant du patient à cause du dosage qui peut différer et il ne faut pas non plus écarter la perte de temps considérable à laquelle sont également soumis les pharmaciens. On parle de 5 à 6 heures où le pharmacien se débrouille pour trouver une alternative au patient quand il y en a une. Mais la procédure n’est pas si aisée, car ne l’oublions pas, jusqu’à l’application du droit de substitution des pharmaciens, celui -ci n’avait légalement pas l’autorisation de fournir un équivalent au client.

Certains professionnels de la santé redoutent, entre autres, une perte de confiance envers les pharmacies. N’étant pas toujours informé de la raison de cette pénurie, le patient se dirige chez son pharmacien avec une ordonnance de son médecin, il s’attend donc à pouvoir recevoir ses traitements. Manque de chance, aucun équivalent n’est disponible. Il ressort bredouille pour revenir 3 jours plus tard (délais d’attente moyen pour la commande d’un médicament).  

A qui la faute?

Néanmoins, rappelons-nous que le manquement auquel la Belgique fait face aujourd’hui, n’est pas majoritairement dû à un non respect des normes. Il est vrai que des cas d’incendies de firmes, ou de manque au niveau des matières premières sont soulignés. Dans le livre Economie du médicament, Nathalie Coutinet, économiste à l’université de Paris XIII , met en avant un désir de rentabilité des firmes pharmaceutiques. Ces firmes qui ne cessent de s’adonner à un phénomène de délocalisation, pour bénéficier d’une main-d’oeuvre à moindre coût . Ce système est d’abord pratiqué pour mieux répondre à l’augmentation de la demande mondiale en produits médicamenteux. Les esprits économistes plaideront un mécanisme naturel, mais celui-ci devient problématique lorsque les pays d’origines de ces firmes sont délaissés , et favorise des pays étrangers à plus forte demande.

 Raison autre, une demande de certains produits tout simplement pas suffisant aux yeux des firmes pharmaceutiques, donc plus ou trop peu produit.  C’est ainsi que malheureusement, des médicaments indispensables tels que Paclitaxel, utilisé en grande partie dans le traitement du cancer du sein, s’est retrouvé en rupture de stock en novembre dernier, c’est via une dérogation que le médicament a pu être importé de l’étranger 2 jours plus tard, avec un surcoût que les patients n’ont pas eu à connaître. Ainsi que le Clamoxyl antibiotique sous sa forme injectable qui traite les infections pulmonaires et entres autres urinaires mais également utilisé par les patients atteints de la maladie de Lyme et d’endocardite bactérienne.

Les maux de la fin?

Une fin à cette pénurie est-elle possible? Monsieur WARMOES, député à la Chambre et Président à la Commission de la Santé et de l’Egalité des Chance, répond ; “Notre but est d’abord de stabiliser la pénurie avant de parler d’éradication ». Du chemin reste à faire…

More

De bons soins de santé avec un petit budget, est-ce possible ?

Chaque année, en Belgique, le prix des soins de santé augmente un peu plus. Ça commence par les médicaments, ensuite la consultation chez le médecin, le prix des soins ambulatoire ou encore celui d’une hospitalisation. Comment peut-on éviter de débourser des mille et des cents ? Pour éviter ça, l’État a mis en place toute une série d’aides à la disposition de tous.

Lors de l’année 2019, on a pu constater qu’un bruxellois sur quatre ne se soigne pas ou reporte des soins de santé par manque de moyens financiers et selon Maria employée à la mutuelle libérale du Brabant à Uccle, ce nombre ne va faire qu’augmenter. En Belgique, 7% des personnes de revenu inférieur déclarent des besoins en soins non satisfaits à cause de la distance, des coûts ou des temps d’attente. Mais il faut savoir que beaucoup de choses sont mises en place en Belgique pour aider la population lors des paiements de ses soins de santé.

La mutuelle, l’aide la plus importante.

À partir du moment où on est inscrit dans le registre d’une des nombreuses communes de la Belgique et qu’on a plus de 25 ans ou que l’on travaille, on doit de s’inscrire à la mutuelle. Avant le 1er janvier 2012, on s’inscrivait gratuitement à la mutuelle. Un certain pourcentage (proportionnel au revenu de chacun) était prélevé, pour les salariés sur leurs salaires et pour les chômeurs indemnisés sur leurs indemnités comme cotisation envoyé à l’ONSS pour couvrir les besoins de santé de la population belge. On appelle ça : l’assurance obligatoire.

Mais ces cotisations étant devenues insuffisantes pour subvenir aux besoins de santé de toute la population, chaque membre doit aussi cotiser pour une assurance complémentaire obligatoire (= mutualité). Le montant de la cotisation est fixé par la mutuelle dans laquelle on s’inscrit. Grace à l’assurance complémentaire obligatoire, la personne payant la cotisation ainsi que toutes les personnes domiciliées chez celle-ci qui ont un revenu inférieur à un certain plafond sont couvertes par la mutuelle.

La mutuelle entre-elle en jeu dans toutes les dépenses de santé des belges ?

« Bien sûr, si la personne est en ordre de mutuelle et qu’elle est toujours couverte, la personne est prise en charge. » nous confirme Maria Citrano. Elle ajoute que lors d’une hospitalisation, par exemple, le patient reçoit la facture avec les frais couverts par la mutuelle déjà déduit. Celle-ci rembourse 70% de la somme et les 30% restants sont à charge du patient en plus des frais supplémentaires comme une chambre seule.

C’est bien chouette d’être inscrit dans une mutuelle mais qu’est-ce que ça apporte ?

Calcule des remboursements.
Pixabay licence libre de droit pour usage commercial.

Celle-ci a différentes missions, la première étant de rembourser en partie ou en totalité les soins de santé comme les consultations chez le médecin généraliste ou spécialiste, la médecine alternative, le prêt de matériel médical (béquille, par exemple) les accouchements, les soins dentaires, infirmiers, de kinésithérapie et hospitaliers.

En cas d’incapacité de travail (ou d’invalidité), de grossesse et de maternité, la mutuelle paie des indemnités. Elle verse aussi une allocation en cas de décès pour les frais funéraires. La mutuelle se doit d’informer ses membres sur la santé et ce qui y touche mais aussi de défendre toute personne étant membre, par exemple en cas de litige. En plus de tout cela, elle propose plusieurs formules payantes d’assurance (non obligatoire) qui, lorsque l’assurance de base n’intervient pas, permettent un remboursement plus important et plus large des soins de santé.

 » Il n’y a absolument aucune limite à ce que la mutuelle rembourse par personne, la mutuelle n’est pas plafonnée tel une assurance privée. » explique madame Citrano. D’ailleurs, elle rembourse jusqu’à 100% des frais avec le MAF.

Le MAF, C’est quoi ?

Le système du maximum à facturer permet de limiter les dépenses au niveau des soins de santé des ménages. Pour chaque ménage, un plafond est calculé par la mutuelle dans laquelle celui-ci est inscrit. Si les frais médicaux à la charge du ménage ( les 30% restants ) atteignent ce plafond alors tous les frais qui s’y ajoutent au cours de la même année sont remboursés en totalité par la mutuelle. Il existe plusieurs types de MAF.

D’autres solutions sont-elles mises en place ?

L’intervention majorée (IM anciennement connu sous « BIM ») permet aux personnes à faible revenu d’avoir accès à de meilleurs remboursements, de payer moins cher leurs médicaments, etc. L’IM fonctionne avec le système du tiers payant, c’est-à-dire, que vous ne devez payer que les frais à votre charge lors d’une consultation chez le médecin et non l’entièreté de la somme et ensuite attendre un remboursement. Pour bénéficier de l’intervention majorée, il faut réponde à différents critères avec ou sans contrôle des revenus.

Lorsque l’on bénéficie de l’intervention majorée et que l’on va consulter un médecin conventionné, la consultation revient à 1 euro (sauf si on n’a pas de dossier médical global chez celui-ci, auquel cas cela ajoutera 50 centimes au prix). Mais il n’y a pas que les bénéficiaires de l’IM qui peuvent en profiter, les personnes ayant un revenu d’intégration (CPAS) et celles bénéficiant d’une allocation aux personnes handicapées peuvent aussi en profiter!

Ce n’est pas tout, il existe aussi des maisons médicales. Il n’y a aucun critère spécifique pour s’inscrire dans une maison médicale. Le principe de ces maisons est assez simple, elle travaille avec un principe de forfait. Le patient, sa mutuelle et la maison médicale passent un contrat qui permet au patient de venir consulter sans rien payer. Comment ? dans le cadre de ce contrat, l’INAMI verse à la maison médicale ce forfait en passant par la mutuelle du patient. Par contre, celui-ci est obligé de se faire soigner dans la maison à laquelle il est affilié, si le patient va ailleurs la mutuelle ne rembourse rien (sauf exception limitée).

L’échappatoire aux prix élevés des médicaments, le générique.

En effet, les médicaments génériques sont 31% moins chers que les marques. Comment est-ce possible ? Si les médicaments génériques ont un coût moins élevé c’est parce que pour les fabriquer, les firmes pharmaceutiques utilisent une formule créée au moins 20 ans plutôt. Elles n’ont donc aucun frais de recherche et ne le facturent donc pas dans le prix du médicament comparé aux marques qui, elles partent de zéro.

Sont-ils pour autant moins performants que les marques ? absolument pas. Les médicaments génériques sont composés des mêmes principes actifs. Ils procurent également les mêmes effets que les médicaments de marque. Parfois, les génériques peuvent se présenter sous d’autres formes que celles de l’originale. Leurs couleurs aussi peut être différente, la seule obligation est de changer de Nom.

« Les médecins devraient être les premiers à en parler aux patients, ce sont eux les mieux informés. Mon médecin généraliste m’en a parlé à plusieurs reprises. » déclare Maria. Elle ajoute ensuite  » mon pharmacien me demande régulièrement si je désire le générique lorsqu’on m’a prescrit la marque. De plus en plus de pharmaciens le font, ils devraient tous le faire. »

Bien que chaque année, les notes de frais médicaux de tous augmentent de plus en plus, des solutions sont mises en place pour nous aider. La mutuelle est d’ailleurs l’une des plus grosse que l’on ait, elle gère tous nos remboursements, paie pour nous si on décide d’aller en maison médicale, calcule le MAF de chacun et avant toute chose elle est la pour répondre à toutes nos questions. Beaucoup de choses sont là pour aider la population, il faut juste savoir bien s’informer !

Pour en savoir +

On enterre les pauvres, l’écart social se creuse.

En Belgique, appartenir à certaines classes sociales influence l’accès aux soins de santé. Alors que les SDF comptent sur les diverses ASBL pour survivre, la classe moyenne peine à s’autoriser tous les soins quand les personnes aisées n’ont, elles, aucune difficulté. Pourquoi un si grand déséquilibre alors que l’accès aux soins de santé est un droit fondamental pour tous ?

Aujourd’hui en Belgique, une personne sur quatre renonce à se soigner et sélectionne les médicaments qui lui sont prescrits pour des raisons financières. D’après l’enquête menée par Solidaris, c’est le report des consultations chez les médecins spécialistes qui a le plus augmenté en 4 ans, passant de 17,7% à 25,6% !

La précarité fait passer les soins de santé à la trappe !

Le minimum vital (revenu minimal que doit posséder une personne pour pouvoir subvenir à ses besoins primaires tels que la nourriture, le logement, l’éducation et les soins de santé) est calculé à partir du contexte socio-économique.

Chez nous, une personne isolée aurait besoin de 1.115 € pour vivre au-dessus du seuil de pauvreté, pourtant le revenu minimum d’allocations d’insertion ne s’élève qu’à 956 €. Cette différence induit une obligation de faire des choix, et ce sont bien souvent les bilans médicaux, particulièrement les soins spécialisés, qui sont abandonnés au profit des besoins vitaux tels que se nourrir, se loger. Si ces choix peuvent s’avérer judicieux sur le court terme, à long terme, ces décisions sont responsables de maladies dépistées trop tard qui finalement aboutissent à des dépenses accrues, voire à une espérance de vie réduite.

Ainsi, les belges les plus pauvres voient leur vie se raccourcir de 14 à 17 ans.

Ces chiffres aberrants s’expliquent notamment par l’origine de la classe sociale et le niveau d’éducation qui entraînent une barrière informationnelle. Ce qui empêche les personnes dans le besoin de savoir à qui s’adresser. 56% des belges vivant dans les quartiers les plus pauvres risquent de mourir dans l’année contrairement à ceux qui vivent dans les quartiers les plus riches, épargnés par ce phénomène. Le manque de revenus entraîne en cascade un manque d’hygiène et encourage les personnes concernées à consommer des produits moins qualitatifs, à abuser de la « malbouffe ». Les difficultés financières obligent aussi certaines familles à résider dans des logements à moindre coûts qui sont parfois insalubres, favorisant le développement de maladies ou d’infections chroniques.

L’enquête Solidaris montre que la précarité force aussi les malades à faire des choix dans les médicaments prescrits par les médecins et dans les consultations chez les spécialistes. L’étude rapporte qu’en 2016, les groupes sociaux les plus faibles se distinguaient par des difficultés financières plus importantes que les autres groupes. Mais 4 ans plus tard, si les groupes sociaux les plus élevés ne sentent aucune différence, et même une amélioration, les classes moyennes, elles, ne peuvent plus faire face au manque de moyens pour se soigner. Ce sont dans les classes faibles et moyennes que les reports de consultations chez les médecins se sont le plus accrus. Les inégalités sociales continuent de se creuser, impactant fortement l’accessibilité aux soins de santé.


©Lara Jacqmin, 2019

Solidaris : « Nous ne laissons personne au bord du chemin. »

C’est par la rencontre de Laurence Lejeune, déléguée à la gestion journalière de Solidaris, que le rôle de la mutualité dans la lutte contre ces inégalités se précise. Elle livre lors d’une interview que Solidaris a pour vocation de ne laisser personne au bord du chemin. 96,9% des affiliés sont satisfaits des services de Solidaris qui représente, à l’échelle Wallonne, 888.223 titulaires et 1.320.702 bénéficiaires. Si ces personnes sont aussi satisfaites de leur mutuelle, c’est qu’elles y trouvent des solutions aux problèmes liés à l’accès aux soins de santé.

Pour les personnes précarisées, la mutuelle applique la pratique du tiers payant, qui dispense le patient d’avancer les frais de santé pris en charge par la mutuelle. Même si la quote part qui reste à leur charge peut s’avérer encore difficile à payer pour certains.

Parallèlement, l’information est un problème majeur dans la difficulté d’accès aux soins de santé. C’est pourquoi Solidaris met en place toute une série d’actions pour faciliter la vulgarisation de l’information. Laurence Lejeune explique que « Les permanences sociales, ainsi que les conseillers, le call center et tout notre réseau de première ligne sont tout à fait disponibles et prêts à aider quiconque les questionne pour un document non compris. Nous avons pleinement conscience que ce n’est pas évident pour tout le monde de se familiariser avec la complexité administrative, c’est pourquoi nous tendons à vulgariser les procédures administratives, afin d’offrir plus d’accessibilité et une meilleure information ». Solidaris organise aussi des conférences thématiques par petits groupes ciblés, pour rappeler l’importance d’être correctement couvert en cas de soucis de santé. Car, Laurence Lejeune le rappelle, les études sociologiques montrent que les personnes les plus précarisées s’isolent et ne demandent pas l’aide dont ils auraient pourtant besoin.

Solidaris privilégie par ailleurs divers moyens de communication, du contact direct au sms, en passant par l’application mobile, afin que chacun puisse retrouver le mode le plus efficient selon ses habitudes de vie.

Solidaris : « Ayons le courage de faire de la sécurité sociale une priorité pour laquelle tout le monde cotise, en ce compris les multinationales ! » 

Si la Belgique peut se vanter de disposer d’une bonne protection sociale et d’un système de santé de qualité, force est de constater que des efforts restent à faire pour « contribuer à un système de santé qui fonctionne encore mieux et qui n’exclut personne. Ce n’est que de cette manière que nous pourrons garantir que les soins de santé soient un réel droit fondamental pour tout le monde », comme le précisait Maggie De Block (Secrétaire d’État à l’Asile et la Migration, à l’Intégration Sociale et la Lutte contre la Pauvreté) dans la préface du « Livre Vert sur l’accès aux soins en Belgique »(PDF). En réponse à quoi Solidaris, en sa qualité d’acteur social et politique, revendique une croissance des soins de santé qui corresponde à l’évolution des besoins de la population.  « Faire une projection budgétaire avec une croissance de 1,5% alors que l’on sait que la croissance naturelle est de 2,5%, est une utopie et ne laisse place à aucune marge pour les traitements nouveaux.  La sécurité sociale est un pilier essentiel au fondement d’une société plus juste et nous ne pouvons que démontrer la nécessité des besoins en soins de santé et revendiquer haut et fort pour nos affiliés les besoins objectivés en matière de soins de santé. » précise encore Laurence Lejeune, déplorant certaines décisions gouvernementales relatives, par exemple, à l’augmentation du prix des médicaments dont les objectifs initiaux visaient à en diminuer la consommation pour le bien-être de la population, mais qui finalement ne l’a réduite que de 0,1% mais a conduit les patients à payer 7,5 fois plus cher le médicament que le médecin lui a prescrit. 

Et Laurence Lejeune de conclure : « Cessons de culpabiliser les gens, qu’ils soient malades ou sans emploi, et accompagnons-les à mieux prendre soin de leur santé en donnant accès aux soins préventifs sans devoir trier les soins et les médicaments qui, de ce fait perdront en efficience.  Ayons le courage de faire de la sécurité sociale une priorité pour laquelle tout le monde cotise, en ce compris les multinationales. »

Si les solutions ne sont certes pas immédiatement évidentes, le travail conjoint des mutuelles, des pouvoirs décisionnaires et des organisations sociales vise continuellement à apporter une réponse efficace à l’inégalité dans l’accès aux soins de santé pour l’ensemble des citoyens belges.

Continuer la lecture de « On enterre les pauvres, l’écart social se creuse. »

Santé : Appartenir à une certaine classe sociale influence-t-il le processus d’accès aux soins de santé ?

L’accès aux soins de santé des SDF en Belgique ne cesse de diminué d’année en année. Pourtant beaucoup d’associations , organismes luttent contre ce fléau. Appartenir à une certaine classe sociale influence-t-il le processus d’accès aux soins ?

Credit photo : thinkstock

Les médicaments, les consultations chez le médecin et même l’accès aux soins sont trop cher pour cette partie de la population.

“Ces prix exorbitants reflètent de nouveau la financiarisation extrême du marché pharmaceutique, aux dépends de l’accès aux soins” s’exprime Médecins du Monde dans un communiqué. Cette affirmation reflète bien le problème qui existe au niveau de l’accès aux soins de santé dans les différentes classes sociales. 27% des ménages dans le quintile des revenus les plus faibles déclarent avoir postposé des soins par manque d’argent, 24% des “ayant-droit” bénéficie réellement du statut préférentiel OMNIO. Cela prouve que l’accessibilité aux soins est restreinte et particulièrement pour les défavorisés.
Ce post datant de 2013 du président des MdM montrent que cela fait des années que ce sujet est sur la table

Les barrières d’accès

Plusieurs notions alimentent le fait qu’il est difficile pour un sdf d’accéder à la santé. On appelle ça des “barrières” , elles sont de différents types et ce sont elles qui jouent un rôle assez important dans la difficulté d’accès. On a par exemple , la barrière de l’accueil c’est à dire la présence du personnel et des ressources nécessaires, la capacité du patient à pouvoir payer. Nous avons également une barrière géographique qui montre la difficulté du patient à atteindre son médecin au sens physique du terme. La plus connue est sans aucun doute la barrière d’acceptabilité à savoir la langue , le manque de confiance de la part du personnel de santé mais aussi la peur d’être dénoncé pour les personnes qui ne sont pas en règle. “En tant que secrétaire, il m’est souvent arrivé de rédiger des rapports sur des clients indésirables…De plus je suis de temps en temps en contact avec les infirmières, aide soignant ,.. Et c’est clair qu’on est souvent jugé avant même d’exposer son problème” s’exprimait Anne Collet lors de notre interview. La dernière barrière et non des moindre est celle de la disponibilité, qui lié à la démotivation des professionnels par l’excès de lourdeur administrative et financière, qu’il faut prendre en charge pour les populations en situation précaire.

Credits : Anne Collet
Utilisation autorisée
Anne Collet , secrétaire médicale au CHU Mont-Godinne, prise en photo chez elle lors de notre entrevue.



Et les associations dans tout ça ?


Le centre d’accueil de soins et d’orientation (CASO) de l’organisation non gouvernementale Médecin du Monde offre la possibilité d’être informé sur les soins de santé et à n’importe quelle personne, qui a du mal à se faire soigner, sur leur droits et obligations. La grande majorité des personnes qui sollicitaient cette aide étaient sans papier. Madame Collet aime particulièrement Médecins du Monde “ je pense qu’en ce qui concerne l’aide pour les personnes qui sont sdf , les Médecins du Monde font preuve d’une énorme générosité et d’un bon professionnalisme..” Il y a également Mighealthnet un réseau d’information sur les bonnes “pratiques” au niveau de la santé pour les migrants et minorités en Europe. L’ASBL AT D Quart Monde Wallonie-Bruxelles est un mouvement qui lutte contre la grande pauvreté et l’exclusion sociale. Et pour finir, le groupe de travail “hospitalisation de la concertation des sans-abri” est un groupe de professionnels qui ont pour sujet précis : les barrières à l’accès aux soins pour la population spécifique des sans-abris.
Ici on peut remarquer sur ce post l’engagement des Médecins du Monde qui chaque hiver consulte une grosse majorité des sdf de Bruxelles gratuitement

La consultation “sans sous”

La Belgique est encore un de ces rares pays européens où la consultation chez le médecin généraliste est payante. Elle se classe même 20e sur 31 pays européen dans le classement relatif à l’accès aux soins primaire de la Commission européenne.
La consultation << sans argent chez les généralistes >> consiste au tiers payant obligatoire et à la suppression du ticket modérateur. Le tiers payant c’est à dire, le remboursement des prestations des médecins par les organismes, assureurs et le ticket modérateur est une partie des dépenses de santé qui restent à la charge du patient après remboursement de l’assurance maladie. Le système de la consultation “gratuite” : Système de paiement forfaitaire, les mutuelles versent chaque mois un montant fixe par patient directement à la pratique de médecine générale. Du coup , les médecins seront directement rémunérés via les caisses maladies. Ces dernières paient les médecins généralistes directement par voie électronique celui-ci n’a plus besoin de remplir une attestation nécessaire, cette consultation est également rentable, possible et améliore l’accès aux soins.
Malheureusement , l’Association belge des syndicats médicaux n’est pas du même avis en particulier ce qui concerne l’obligation du tiers payant pour les patients moins nantis. Selon eux seuls les médecins ont le droit de décider qui peut ou ne peut pas bénéficier du tiers payant. L’association a peur que ceci entraîne une surconsommation de soins, une augmentation de la charge administrative pour les médecins et à des retards de remboursement. De plus, si le ticket modérateur disparaît qui va le payer? l’INAMI ? Car pour un comptable, les économies à venir sont une pure hypothèse et en plus certains médecins ne sont pas très à l’aise avec l’informatique, seule une poignée arrive à s’en sortir. Et si l’INAMI ne les finance pas, les médecins généralistes ne les sacrifieront pas.
Et pourtant , le fait de ne pas payer n’entraînera pas forcément une surconsommation. Une étude comparative entre les pratiques financées par ceux qui ont un système forfaitaire et ceux qui en sont aux pratiques classiques à démontré que ceux qui sont soumis à un système forfaitaire ne consultaient pas plus que ça leur médecin. L’étude de la Commission européenne a bien montré que le problème de la sous-consommation des soins est clairement plus importante que celui de la surconsommation. Cette consultation est aussi efficace car elle coûte peu, elle est avantageuse et diminue les inégalités sociales. Elle diminue les inégalités sociales du moins pour les soins primaires et permet de retrouver la solidarité pour les assurances maladies. Par exemple, M.Collet affirmait qu’elle ne connaissait pas de système comme celui là peut être que le fait qu’il ne soit pas appliqué ici explique cela.

L’accessibilité aux soins est bel et bien très compliquée pour les citoyens en situation précaire. Si le système ne change pas, il sera encore plus compliqué pour un SDF de se soigner. Oui, c’est bien la gratuité des soins, mais est-ce la réelle solution ?

Pour en savoir plus

Ngenyi Vincent, 21 ans , élève en communication à l’ISFSC


L’accès aux soins de santé est-il réellement accessible pour les migrants?

Malgré que la Belgique soit un pays assez avancé, des précarités sont présentes au niveau de l’accès aux soins de santé pour les migrants. Le fait d’appartenir à une certaine classe social, influencera fortement les soins que tu recevra.

L’un des problèmes les plus importants de ce phénomène a été, sans aucun doute, la possibilité que les personnes se trouvant dans un État illégal doivent jouir de leurs pleins droits en tant qu’immigrants.

Des droits tels que l’accès aux soins de santé doit être incontestables, mais malheureusement, de nombreuses personnes se trouvent dans une situation d’impuissance, où elles rencontrent des obstacles pour accéder à la santé publique et de qualité.

De même, la croyance a toujours été que les immigrants volent les emplois des citoyens de plein droit et que toutes les aides sociales sont reçue par les personnes en situation illégale, mais rien n’est plus faux. Ce que peu de gens connaissent, c’est la situation désespérée dans laquelle se trouve la grande majorité d’entre eux. Ils sont confrontés à une situation dans laquelle ils sont montrés dans une boîte, pieds et mains liés, totalement impossible et sans aucune institution étatique pour les soutenir.

Aujourd’hui nous sommes face à une Belgique qui représente des chiffres tels que 93% des personnes interrogées (y compris les femmes enceintes) n’ont pas de couvert médicale.

https://www.youtube.com/watch?v=2XNbTt0a08c

Y a-t-il d’autres possibilités pour les migrants sans papiers?

Pour un pays très développé, ces chiffres-là sont abominables. Sachant que en théorie tout le monde à accès aux soins de santé, que ça soit par le système de mutualité, d’assurance ou par l’AMU ( aide médical urgente). Malheureusement, la théorie n’est pas appliquée et on se retrouve avec une partie de la population qui n’a pas accès aux soins de santé parcequ’elle n’arrive pas avoir accès à cette aide médical urgente. Pour differentes raisons, mais une des principales c’est la raison administratif. Il faut avoir une adresse de résidence ce qui est compliqué pour les personnes qui n’ont pas de domicile fixe. Ce qui fait qu’elles n’arrivent pas à remplir les conditions administratifs pour béneficier de cette aide.

Il existe des ong tel que Médecins du Monde qui vont à la recherche de ces migrants ayant pas accès aux soins de santé pour leur en donner. Comment vont-ils à leur rencontre ? Médecins du Monde propose ses bureau pour les accueillir. Les personnes peuvent se rendre là-bas et être accueilli par des professionnels, car Médecins du Monde est un mouvement qui est composé du staff salarié mais aussi de nombreux volontaires, 560 actifs en Belgique sur les projets. Parmi ces volontaires, on retrouve des médecins, des infirmiers, des informaticiens, etc

Médibus, concept d’intégration

Il y a aussi le projet du « Médibus », un concept innovateur pour l’intégration. « C’est un dispositif mobile transformé en cabinet médical, des infirmiers et des bénévoles sont présents à l’intérieur. Le but du Médibus c’est d’aller à la rencontre des personnes exclus du système de santé, de réacrocher avec eux, de créer du lien, de permettre à ces personnes là de se déposer, de boire un café,… » explique Marine Poliart, chargée de mobilisation chez Médecins du Monde.

Prendre soin de la personne en lui accordent du temps et si la personne le souhaite, elle peut aller dans le bus et avoir une consultation infirmière. Une fois que cette consultation sera effectuer, l’infirmier pourra référencer et l’orienter envers les différents centres où il pourra se rendre pour se soigner et sans nécessité de présenter l’AMU.

Image de la caravane tranformé en « Médibus »
© Essati Bensliman Mona, 2019

Le but de Médecins du Monde n’est pas de créer un système sanitaire parallèle au belge, mais plutôt d’aller en aide en vers ces personnes et les intégrer dans le système de santé belge.

Se soigner? Oui mais à quel Prix…

Il faut comprendre que tout le monde n’as pas cette facilité à accès aux soins de santé à cause de plusieurs barriéres, on a la financiere, la culturelle. Aller chez un médecins qui n’as pas les memes convitions que toi ou pas la meme religión, ça peut poser problème pour certaines personnes. Il y a aussi la barriere de langue qui est aussi fortement présente dans les établissement hospitalier. Enfin la barriére geographique, certainnes personnes ne savent plus se déplacer au differents centres de santé.  

Aujourd’hui 600.000 belges vivent dans la pauvreté, ce qui fait qu’ils doivent à chaque fois reporter leur soins pour combler d’autres besoins. Ceci est de plus en plus présent alors que s’est censé diminuer. Ces coûts remboursés doivent être augmentés pour que tout le monde puisse bénéficier des soins.

Pourquoi est-ce que l’état n’envisagerai pas un système sanitaire semblable à celui de l’Espagne, qui lui d’ailleurs à été classé un des meilleurs dans le monde (OMS). Celui-ci accueille toute personne ayant ou pas ses papiers. Pour eux c’est plus important d’aider une personne que de savoir si cette personne en question cotise ou pas pour le pays.

Les personnes qui connaissent ce problème doivent satisfaire à certaines exigences qui, pour beaucoup, sont irréalisables, principalement pour des raisons économiques. Beaucoup d’entre elles ne peuvent pas se permettre de bénéficier de soins de santé décents, car le système actuel ne permet pas aux personnes en situation irrégulière de travailler avec tous leurs droits, de sorte que s’il n’y a pas de revenu économique, il n’y a pas de possibilité d’accéder aux soins de santé sans aide. De plus, le manque de d’information concernant les procédures à effectuer devienne une grande barrière. Car beaucoup d’entre eux considèrent que le manque de connaissance de la langue, ainsi que le refus de l’État d’offrir une variété de solutions auxquelles les immigrants peuvent aller sans aucun type de restriction, en font les ingrédients parfaits pour obtenir une société sans conscience de classe dans laquelle l’écart économique et sociale devient de plus en plus grande.

Il est plus que claire que la précarité dans le domaine sanitaire existe. Pour cela il faut trouver des solutions et ne pas laisser toutes ces personnes dans l’oubli car ce sont aussi des être humains. La seule chose qui nous differencie d’un migrant c’est un simple papier qui pour nous, nous donne droit à ses soins et pas le reste des migrants.

Essati Bensliman Mona, 19 ans. Etudiante Bac1 Communication à l’ISFCS

La pilule, dans la lumière, les autres moyens de contraception dans l’ombre ?

© Yasmine De Greve 2019
Utilisation autorisée
Légende :  » il existe différents moyens de contraception qui s’adaptent aux envies et besoins de la personne « 

Malgré les effets négatifs que peut avoir la pilule sur la santé, on continue à la considérer comme le premier moyen de contraception. Peut-on parler d’un tabou des autres moyens de contraception ? Une question qui d’après Isabelle Finkel, psychologue à « Aimer Jeunes », ne se pose pas.

© Yasmine De Greve 2019
Utilisation autorisée
Légende : Isabelle Finkel :  » le bon moyen de contraception c’est celui que la femme choisit  »

D’après une enquête de Sabrina Debusquat, 70 % des femmes interrogées ( dans l’enquête ) se plaindraient d’effets secondaires négatifs, dues à la prise de la pilule sur leur santé. Et pourtant, la pilule reste le moyen de contraception le plus utilisé. Des chiffres plutôt graves, qui nous font nous poser des questions sur l’efficacité de la pilule. Elle explique son mouvement #Payetacontraception en expliquant que les femmes ne devraient plus souffrir à cause de leur contraception.

Néanmoins, Isabelle Finkel explique qu’au centre de planning familial, le suivi de la femme est très important. « Après la prescription d’une pilule on encourage fortement la femme à revenir trois mois après, pour voir comment elle se sent et que s’il y a un mal-être quel qu’il soit, on réfléchit avec la femme à d’autres moyens de contraception ». Pas de tabou, « le but est de voir avec quel moyen elle est le plus à l’aise ».

« Le bon moyen de contraception, c’est celui que la femme choisit« 

Il existe différents moyens de contraception qui s’adaptent en fonction des besoins et des envies de la personne. En voici quelques-uns : l’implant qui se place sous la peau qui libère des hormones qui empêche l’ovulation. Le stérilet hormonal ( DIU ) qui se place dans l’utérus de la femme et qui libère des hormones progestatives qui va faire grossir les sécrétions de ses parois, pour empêcher les spermatozoïdes de passer. Et enfin l’anneau vaginal qui se place dans le vagin avant un rapport, et permet de bloquer les spermatozoïdes.

Dès lors une question se pose, s’il y a autant de moyens de contraception qui peuvent s’adapter à chaque personne pourquoi le corps médical propose-t-il généralement en premier lieu la pilule ? D’après Question santé ( témoignage de féministes ), qui a des avis nuancés sur la question ce n’est pas tant une envie de contrôler les femmes ou de les déresponsabiliser mais bien que les médecins sont finalement très peu informés sur la contraception ainsi que la population. Ils ont donc tendance à proposer ce qu’il connaît le mieux et il ne faudrait donc pas blâmer le corps médical mais trouver des solutions pour mieux informer. Voici un autre point de vue, qui explique que finalement ce n’est plus simplement nous, hommes et femmes, qui gérons notre contraception, mais bien une institution tiraillée entre des questions complexes politiques ,sociétales, économiques et médicales. Isabelle Finkel, pense que la façon de faire du corps médical n’est pas la bonne : « Quand quelqu’un demande un moyen de contraception on lui demande à quoi elle pensait si elle n’avait pas d’idée, on essaie un peu de voir les choses qui sont importantes pour elle, les choses qui pourraient être plus compliquées pour elle. »

Elle ajoute en disant que l’image du médecin patriarcal commence à disparaître. Ce n’est pas pour imposer un moyen de contraception à la femme mais parfois les médecins d’hôpitaux peuvent manquer de temps. Pour le conseil d’un moyen de contraception adapté ou pour simplement montrer à la femme tous les moyens de contraception qui existent et leur présenter leurs inconvénients et avantages. Pour elle, il serait intéressant qu’il y ait une première séance faite par une sage femme ou une infirmière, où on regarde ce qui serait important pour la femme avant d’aller voir le médecin pour déjà savoir ce qu’elles ont comme idée. « Il ne faut donc pas faire de procès d’intention au corps médical. »

Et les moyens de contraception pour garçons ?

Il semblerait qu’il n’y ait finalement que très peu de moyens de contraception pour garçons à peine trois : le retrait, le préservatif masculin et la stérilisation qui permet un arrêt définitif des spermatozoïdes. Seulement trois… Etrange, surtout quand l’on sait que la pilule pour les hommes est apparue en même temps que celle de la pilule pour femmes. Pourquoi donc ce refus de mettre sur le marché la pilule masculine ? Isabelle Finkel expose sa théorie en souriant : « On ne peut faire que des hypothèses, c’est mon hypothèse personnelle. Les femmes sont prêtes à subir les effets secondaires et les hommes, pas ou moins jusqu’à présent. Les femmes ne font peut-être pas confiance aux hommes par rapport à ça. Il y a plein de raisons sociologiques et éducatives. On peut penser que cela va changer dans les années qui viennent. Je vois un début d’intérêt par rapport à ces questions. »

Qu’en est-il des animations sur la sexualité pour les ados ?

Elle répond un peu gênée, « Une animation dans les écoles, ils sont jeunes et agités, on n’est pas profs de maths. En général, sauf exception, on ne va pas commencer à faire une explication détaillée d’une dizaine de moyens de contraception, on va brosser un tableau relativement large, on va dire qu’il n’y a pas que la pilule qui existe. On va leur dire que tous les moyens sont bons et que le meilleur moyen de contraception c’est celui avec lequel elles sont à l’aise. C’est vraiment important de trouver un médecin avec qui elles peuvent discuter de tout ça. On ne détaille pas tous les moyens de contraception. Cela dépend de l’animation, du temps et du sujet. On est plus occupé à parler de l’intimité, du consentement et de la première fois. » On peut donc se dire que l’on ne parle pas de tout à ces animations qui sont censées apprendre aux ados tous les dangers que la sexualité peut occasionner. Un peu inquiétant, quand on se dit que la plupart des jeunes ne savent pas ce qu’il y a comme maladies que l’on peut attraper, parfois graves à cause d’une mauvaise protection. Bien que l’on parle des IST ( de manière générale ) et de certains moyens de contraception en détail ( pilule, préservatif masculin et féminin ) on oublie de parler des dangers concrets tels que l’hépatite A , B… Qui peuvent être mortels. De plus, on oublie le plus important, parler de manière concrète de tous les moyens de protection afin de rassurer, voire d’éclairer et de donner déjà une idée aux jeunes qui s’éveillent à la sexualité… Dommage.

Que peut-on faire pour améliorer la situation ?

On ne peut pas dire qu’il y ait réellement un problème, comme explique Isabelle Flinkel, mais peut être un changement de la part du corps médical. Elle propose des solutions comme : insister sur des lieux où l’on prend le temps de parler de moyens de contraception. Privilégier les consultations individuelles et prendre le temps pour chaque patiente pour mieux les conseiller en matière d’information et d’orientation. « Effectivement, un médecin qui a dix minutes par patient, si c’est pour le choix d’un moyen de contraception, c’est un peu trop court. » Dans les plannings familiaux, lors de journées où il y a beaucoup de monde, et lorsque la personne ne sait pas du tout quel moyen de contraception choisir, Isabelle Finkel propose : «  les accueillantes ont les informations nécessaires pour faire une orientation, pas pour prescrire mais pour faire un premier défrichage des besoins et de la demande ». Elle rajoute qu’on peut gagner finalement beaucoup de temps. « Par ailleurs si on est habitué à faire une orientation sur les moyens de contraception, il y a 2-3 questions qui font que l’on peut gagner beaucoup de temps. »

Ce que l’on peut retenir de ce qu’a dit notre chère psychologue c’est qu’il n’y a pas réellement un tabou mais un manque d’informations que ce soit du côté de la population et des médecins, mais surtout, et clairement un manque de temps. Mais n’est-ce pas justement à cause de ce manque de temps que l’on conseille généralement la pilule en premier lieu ? Il faudrait donc prendre le temps pour chaque personne pour la conseiller en fonction de tous ses besoins et envies et non pas privilégier le temps des consultations. Une amélioration que le corps médical devrait changer pour qu’on ne puisse donc plus jamais parler de tabous.

Pour en savoir plus

Des maladies sans traitement en 2019

Un manque flagrant de nouveau médicament en Belgique. C’est une des problématiques que rencontre le marché médical depuis de nombreuses années. L’inquiétante augmentation de patients atteints de plus en plus jeunes ne cesse de croître et ce sans nouveau traitement à leurs proposé.

Test en laboratoire de l’UCL sur des vessie en plastique. El Khatabbi Nisrine 19-12-2019

Dix miliard d’euros et des années pour un médicament

Cela fait près de 30 ans qu’un nouvel antibiotique n’a pas vu le jour en Europe, pourtant des infections causant plus de 12500 décès par an en France. Comment peut-il avoir une telle absence de découverte médicale sur plusieurs décennies ? Est-ce que les méthodes de recherche sont efficaces ?

Selon Pierre Clopaert un ancien chercheur en laboratoire, ce n’est pas un travail de tout repos d’imaginer des assemblages inédits pour la création d’un médicament miracle. Cela demande énormément de temps des dizaines d’années, voire le double. Parfois, ils peuvent voir tout leur travail tomber à l’eau au bout de quelques années d’acharnement.

Les firmes pharmaceutiques regroupent chaque jour différents produits naturels comme chimiques afin d’en sortir une découverte révolutionnaire. Mais tout cela n’est pas si simple. La création d’un médicament ne dépend pas seulement de la performance des chercheurs. Cela va beaucoup plus loin. Dès la manifestation d’une nouvelle maladie ou encore d’une maladie dont l’importance de trouver un nouveau médicament ne peut plus attendre, les laboratoires se mettent au boulot. Analyse, expérience, recherche, etc. Il se démène pour trouver un mélange exceptionnel qui pourrait les faire avancer.

Avant même de commencer à tester le produit, la firme doit demander une autorisation et justifier exactement la raison pour laquelle elle souhaite entamer la recherche auprès de L’OMS (organisation mondiale de la santé). Les médicaments sont les résultats de longue année de recherche qui demandent près de 1 milliard d’euro d’investissements. Ni le département de la santé qui finance les laboratoires ou encore l’Etat ne veut prendre le risque de perdre une telle somme. Alors il faut un certain niveau de certitude de l’efficacité du produit avant de travailler dessus. Et surtout afin de recevoir les subsides pour entamer les essais.

Des recherches laissées à l’abandon

« Souvent, on trouve un remède incroyable pour une maladie fraîchement découverte, on sue jour et nuit pour aboutir à quelque chose. Mais tout cela demande du temps et quand une maladie se fait connaître le temps, ce n’est pas ce qu’on a. il faut trouver un traitement et vite ! Car une maladie, ça évolue, des complications apparaissent, des aggravation surtout. Alors j’ai vu tout au long de ma carrière dans les laboratoires des médicaments qui auraient pu soigner certaines maladies comme la thyroïde sans intervention chirurgicale, mais cette saleté a tellement vite évolué que le temps de pouvoir mettre en ventre le traitement que notre trouvaille n’était plus assez efficace. » Nous révèle Monsieur Colpaert, ancien chercheur en laboratoire pharmaceutique chez Abbott à Diegem, dont les domaines d’expertise sont : Diabète, Diagnostique, Biologie moléculaire, Médical Optique, Pharmaceutique Vasculaire.

Abbott laboratoire pharmaceutique d’aide à la recherche Julien Hétri 05-04-2017 CC BY SA 4.0

Toutes les étapes qui sont nécessaires au développement d’un nouveau médicament sont surveillées de très près. De la naissance de l’idée trouvée entre les murs blancs qui enferment les chercheurs à sa mise en vente sur le marché.

L’étape la plus sensible sont les essais de ces différentes conceptions. Cela correspondra à l’évaluation du niveau de la toxicité et de la tolérance du traitement chez le patient. Les tests sont d’abord exercés sur certaines espèces animales afin d’avoir une idée sur les potentielles doses injectables à l’Homme. Ensuite, l’étude est faite sur des patients volontaires. Afin de pouvoir être « un candidat médicament », il faut absolument n’avoir aucun problème de santé. Les testeurs injectent des doses croissantes de médicaments aux patients et détectent tout signe d’anomalie ; de régression comment le médicament va se dissoudre dans le corps, son absorption, son métabolisme, son élimination ou encore s’il provoque des effets secondaires. Tout au long du processus, le patient est sous haute surveillance. Les résultats requis permettent de vérifier, comparer et calculer les doses tolérées par l’homme aux tests faits sur les animaux. Une fois que tous les aspects négatifs et / ou positifs du produit sont révélés, les chercheurs peuvent organiser la production du médicament.

« Ce n’est pas si simple que ça de trouver des volontaires, les chercheurs préféreraient faire leurs tests sur des jeunes adultes comme vous encore en forme, en bonne santé, etc. Mais quand on a votre âgé aidé à l’avancée de la médecine, n’est pas une de vos priorités, du moins pas moins que de savoir qui a quitté, je ne sais quelle aventure de télé réalité (petit rire). Après, il y a aussi la peur de savoir que l’on va nous injecter un produit encore jamais testé. Ça peut prendre des années de trouver des volontaires qui ont les critères requis. Mais on y arrive doucement, mais sûrement » ajoute notre professionnel de la santé.

Un médicament en cache parfois un autre

Si la difficulté de parvenir à mettre en vente un médicament est de plus en plus grande, la chance tourne parfois du côté des chercheurs. Le Viagra est un médicament conçu pour des problèmes artériels. Alors que des hommes touchés par des troubles érectiles et qui ont eu recours à ce médicament pour des problèmes artériels se sont vu avoir deux problèmes guérir plutôt qu’un.

« Je pense qu’aujourd’hui, le premier frein qui peut nous arrêter, c’est malheureusement devenu l’argent. Je ne peux pas te donner de nom de médicament car ils n’ont jamais vu le jour puisque la demande financière afin de pouvoir le concevoir était beaucoup trop haute et elle n’aura jamais été rentable. Les projets ont donc dû être annulés et remplacés par des moins coûteux. »

Il faut que chaque citoyen sache tout le travail qui se cache derrière ces boîtes délivré par nos médecins. Il faut aider à l’évolution, à la découverte. Personne n’est passif, chacun pourrait contribuer à la recherche en étant volontaire pour des tests ou encore donateur pour des associations qui poussent à le recherche telle que Télé vit.

On estime finalement que sur 10 000 molécules criblées, 100 seulement sont testées pour aboutir à 10 médicaments candidats, dont 1 seul est finalement commercialisé. Alors ne perdons pas de temps et investissons nous d’avantage.

Continuer la lecture de « Des maladies sans traitement en 2019 »

La santé pour tous, un combat quotidien ?

Il y a en Belgique un système de sécurité sociale qui est basé sur l’inclusion. En effet, il ne veut laisser aucune population sur le côté. Pour ce faire, il met en place toutes sortes de dispositifs, d’associations et d’aides : les mutuelles, le CPAS, la Fédération des maisons médicales, les planning familiaux… Malgré cela, on remarque qu’il y a toujours des populations qui vivent en situation de précarité sanitaire. Ce phénomène touche tous les types de populations, que ce soit des personnes en incapacité de travail, des familles monoparentales, des familles à trop faibles revenus, des personnes sans-abri ou encore des personnes en séjour illégal. Toutes peuvent cependant bénéficier d’aides pour accéder à la santé, mais parfois cela ne suffit pas pour combattre cette précarité.

La sécurité sociale, c’est quoi ?

vidéo d’explication de la sécurité sociale, réalisée par la mutualité Solidaris

Selon une étude dernièrement réalisée par la mutualité Solidaris, 4 belges sur 10 auraient reporté une consultation ou un soin médical pour des raisons financières en 2018. En effet, 18,6% a au moins une fois renoncé à pousser les portes d’une pharmacie, contre 15,5% deux ans plus tôt. En outre, 48,6% sont de plus en plus inquiets de la part grandissante qu’occupent les médicaments dans le budget santé. Aujourd’hui, 69,4% de la population pense que la qualité des soins de santé est menacée pour des raisons financières.

Bénéficier d’aides ? Oui ! Mais à quelles conditions ?

Toute personne séjournant en Belgique de manière légale doit s’affilier à une mutuelle. C’est le système « d’assurance obligatoire » qui est en vigueur en Belgique.  Pour y accéder, la personne doit posséder une carte d’identité ou un titre de séjour valable. Une fois ces conditions réunies, la personne doit faire les démarches pour s’affilier à la mutuelle de son choix. Elle est indispensable pour bénéficier de tous les avantages de la sécurité sociale en Belgique. Celle-ci a plusieurs rôles : elle rembourse en totalité ou en partie les frais de soins de santé, paie les indemnités en cas d’incapacité de travail, informe les affiliés et réponds à leurs questions en matière de soins et enfin elle propose des services complémentaires qui ne rentrent pas dans l’assurance obligatoire.
Les rôles principaux de la mutuelle restent néanmoins le remboursement des soins de santé et la prise en charge des indemnités en cas d’incapacité de travail. Par exemple, dans le cadre d’une consultation chez le médecin généraliste conventionné, elle va prendre en charge une partie de la consultation, vous ne paierez que l’honoraire du médecin tandis que l’assurance s’occupera du reste. De même, lorsqu’on vous prescrit des médicaments, vous ne prendrez en charge qu’une part du montant. Malgré cela, certaines populations ne parviennent pas à s’en sortir. Ceci est dû au coût élevé que peuvent représenter les frais, d’autant plus que tout le monde n’a pas les même besoins en matière de santé. Certaines personnes ont besoin de traitements en continu, d’autres doivent faire face à certaines grosses dépenses quand d’autres encore sont en incapacité de travail.
Par exemple, les personnes qui ne peuvent plus travailler pendant une période indéterminée, elles bénéficieront d’une indemnité d’incapacité de travail qui sera calculée en fonction de leur salaire brut. Mais cela peut parfois être insuffisant pour couvrir les différentes dépenses qui pourraient en découler. Dans ce cas, cette dernière peut se tourner vers le CPAS de sa région. Il met à disposition des cartes médicales qui permettent de bénéficier d’aides financières pour des soins définis.

Delphine L’hoir, Chef adjointe du service d’aide médicale urgente du CPAS de la ville de Bruxelles, explique lors d’une interview que c’est une enquête sociale réalisée par le CPAS qui va déterminer l’état de besoin de la personne, « Je sais que les cartes médicales ne prennent pas tout en charge, les médicaments « de luxe » font exception. Mais ces cartes peuvent être octroyées lorsque les aides de la mutuelle ou encore du chômage ne sont pas suffisantes. »
D’autre part, il y a les personnes en séjour illégal, pour qui la situation de précarité est d’autant plus importante. Comme ces personnes ne possèdent pas de titre de séjour valable, elles ne peuvent être couvertes par l’assurance obligatoire. Certaines d’entre elles ont l’opportunité d’être hébergées dans des centres d’accueil. Tous n’ont pas cette chance et se retrouvent bien souvent à la rue. C’est ce type de profil qui est dirigé vers le service de Delphine L’hoir. Dans ce service, on leur octroie « l’aide médicale urgente » c’est-à-dire une attestation de prise en charge, délivrée par le CPAS, qui garantit la participation de celui-ci à tous les frais qui pourraient être occasionnés. Elle nous explique que ceci est un autre type de carte médicale, qui ne concerne que les personnes en séjour illégal. Ces cartes couvrent plusieurs types de soins médicaux et pharmaceutiques, ainsi que les hospitalisations, ou même des frais de kinésithérapeute.
Outre le fait de proposer des aides aux populations qui en auraient besoin, le CPAS a aussi pour mission d’agir sur le long terme : « Si une personne remplit les conditions, nous sommes tenus de la pousser à s’affilier à une mutuelle dans les trois mois car cela lui permettra de bénéficier d’aides supplémentaires, qui auront toujours pour but de tendre vers l’autonomie de la personne. »

Delphine L’hoir, chef adjointe du service d’aide médicale urgente au CPAS de la ville de Bruxelles.
© de Mendonça Diego, 2019

La précarité en augmentation

D’après une étude publiée le lundi 4 novembre dans la revue scientifique « Brussels Studies », le nombre de sans-abri et de personnes mal logées en Région de Bruxelles-Capitale aurait doublé depuis 10 ans. Le CPAS est directement confronté à cette augmentation. « Il est vrai qu’on ressent cette augmentation; pour y faire face nous essayons de mettre un maximum de moyens en place pour aider ces personnes, via par exemples des logements de transit, ou encore avec des conventions qui sont faites avec des agences immobilières. Il y notamment le lancement du dispositif hiver qui renforce l’accueil de sans-abri. […] Maintenant, il y a une réalité à prendre en compte qui est l’augmentation des loyers, et particulièrement dans la région Bruxelloise, qui reste relativement chère. On essaie de pousser un peu les gens à rechercher en dehors de cette zone pour élargir les possibilités, mais ce n’est pas toujours facile car certaines personnes ont leurs habitudes ou ont leurs enfants scolarisés. Ce sont des réalités à ne pas négliger. »
On considère souvent la santé et le confort comme allant de soi, surtout ici en Belgique, où nous jouissons d’un système de sécurité sociale compétent. Malgré les dispositifs mis en place, des inégalités persistent. Et à l’aube des fêtes de fin d’année, les réalités des uns ne sont pas forcément celles des autres…

vidéo de BX1 expliquant le dispositif hiver mis en place à Bruxelles
en savoir +