Les soins de sante sont-ils réellement accessibles aux sans-abri en Belgique ?

Mieux ne vaut pas tomber malade pour un sans-abri en Belgique. Entre difficulté et précarité la vie reste t-elle une épreuve a surmonter ?

photo : piqsels

En Belgique, l’espérance de vie d’un sans-abri est estimé à 50 ans soit 30 ans de moins que la moyenne population. Dans notre pays l’accès aux soins n’est pas toujours évident pour un sdf. Vivre dans la rue à en effet un impact sur la santé mentale, mais surtout physique. Les sans-abris sont beaucoup plus vulnérables face aux maladies en plus des troubles psychologiques qui les guettent chaque jour, en effet comme nous a fait part Coralie Debreuq responsable de communication chez infirmiers de rue

« ils sont divers : il y’a déjà les problèmes psychiatriques et de santé qui naissent ou s’aggravent à cause de la vie en rue ».

Si les soins de santé doivent être accessibles à tous les citoyens sans exception, ce n’est pas toujours le cas pour eux. Ils n’ont pas droit à certains traitements pour certaines pathologies. Ce qui nous pousse à nous poser la question sur les réelles volontés de la société à offrir au plus vulnérable une vie un peu plus confortable. Quels sont donc les obstacles qui empêchent les sans-abri d’accéder aux soins ? 

Une santé mentale et une santé physique à rude épreuve !

  Les sans-abri ont une santé mentale plus fragile que le reste de population. Selon Coralie Debreuq face à la réalité et leurs conditions de vie, nombreux d’entre eux ont perdu toute motivation de se constituer des perspectives d’avenir. Certains se réfugient dans l’alcool, le tabac et même la drogue. La déprime et le désespoir n’épargnent pas leur santé mentale. Pour continuer à survivre, certains d’entre eux s’effacent et se confinent dans leurs propres univers.   Afin de les aider, les acteurs sociaux doivent percer cette coquille qu’ils se sont fabriquée, ce qui n’est pas toujours évident. Cela constitue un véritable défi à relever. S’ajoutent à cela en expliquant Coralie, les risques physiques qui les guettent comme une mauvaise alimentation, source de carences ainsi que les problèmes dentaires qui compliquent l’alimentation. Cela les empêche de consommer des aliments consistants et plus sains. Ils n’apprécient que les nourritures sous forme de liquide, qu’ils peuvent avaler facilement. Les problèmes de peaux sont très fréquents chez les sans-abri. La plupart de leur plaie n’ayant pas été soignée correctement s’infecte et se complique. Avec le tabac et l’alcool, ils peuvent souffrir du cancer du poumon et de la gorge. Pourtant la personne sans abri ne prendra conscience de son état qu’à un stade avancé de la maladie, rendant les soins presque inefficaces. 


Des parcours de soins remplis d’obstacles !

Les sans-abri à  travers le CPAS  peuvent accéder aux soins de santé. Cet organisme leur propose une aide médicale. Cependant, il doit effectuer une enquête sociale pour connaître ce dont la personne aura réellement besoin, ce qui n’est pas toujours évident à cause du fait qu’ils n’ont pas de domicile fixe. L’enquête peut s’étendre jusqu’à plus de trois semaines. En cas de situation urgente, les hôpitaux prodiguent les soins d’urgence puis demandent au CPAS le remboursement des soins encourus, si le patient fait partie de leur base de données. Face à la demande qui ne cesse d’augmenter tous les jours des associations proposent leur aide , mais se très souvent trouvent submergées de demande et leur offre n’est pas toujours suffisante. Pour combler les manques, certains infirmiers de rues proposent parfois d’intervenir sur place s’il s’agit d’une urgence comme nous explique Coralie Debreuq

« Nous ne pouvons malheureusement pas suivre intensément toutes les personnes sans-abri de Bruxelles. C’est pourquoi nous avons mis en place ce système de pré-suivi. Cela nous permet de tout de même garder un œil sur un maximum de personnes, et de commencer à créer un lien ».

Ils incitent ensuite le patient à s’adresser à certaines structures, leur permettant de profiter de soins beaucoup plus adaptés, mais convaincre à une telle catégorie de personnes de se faire soigner constituent encore un énorme défi à relever pour le personnel médical. Chez les sans domicile fixe, les réels obstacles sont d’ordre psychologique.  Un accueil pas toujours encourageant et un statut social absent. Dans certains cas, quand les sans-abri arrivent dans un centre de soin, ils ne reçoivent pas toujours l’accueil dont il mérite. Certaines personnes des centres médicaux refusent par exemple de soigner un sans-abri parce qu’il est ivre ou parce qu’il manque d’hygiène. Ces cas évoquent les principaux obstacles qui empêchent les sans-domiciles fixes d’accéder aux soins en Belgique. Les sans-abris sont souvent victimes de préjugés qui les empêchent de bénéficier d’une prise en main de qualité. De plus, les sans-abri ne bénéficient pas d’un statut social qui leur facilite l’accès aux soins.   Même si l’assurance santé est obligatoire pour tous les résidents en Belgique, cela ne leur permet pas de profiter des soins de qualité, réellement adaptés à leurs besoins. Certains d’entre eux ne connaissent même pas l’existence du CPAS, et la complexité de certaines procédures administratives les empêche d’être soignés à temps. Les jurisprudences en rapport avec l’accès aux soins des personnes précaires sont également peu connues des prestataires de soins, ce qui les empêche de faire leur travail efficacement. 

https://www.youtube.com/watch?v=q4JpWewvyA4

Les maisons médicales : une bonne alternative ?

image : Pixabay

  Face aux différents obstacles pour accéder aux soins, les sans-abris peuvent profiter des aides proposées par les maisons médicales. Celles-ci n’ont rien à voir avec les hôpitaux privés. Elle utilise un système de financement forfaitaire et l’autogestion pour fonctionner.   L’institution est gérée par une association de travailleurs permettant aux maisons médicales de fonctionner sans l’aide de financement d’un tiers.   Avec les structures déjà existantes, les maisons médicales disposent assez de ressources pour fonctionner longtemps. Les maisons médicales permettent à tout type de population pour profiter des soins adéquats. 

https://twitter.com/CroixRougeBE/status/1196385666411704328



Résoudre la complexité de la santé des personnes sans-abris est un défi que l’État belge doit relever. Beaucoup d’améliorations doivent être mises en place, notamment la création de logements décents et un travail correct. L’accès aux soins passe par des conditions de vie plus agréables. Tant que cela n’est pas mis en place, il est difficile au sans-abri d’accéder aux soins de santé un fait que nous affirme également Coralie lors de notre interview

« C’est sûr que ce n’est pas un travail facile. Il faut savoir jongler entre l’administratif, le médical et les demandes des patients. Et tout ne concorde pas toujours ! Mais notre méthode fonctionne : nous avons prouvé qu’aucun cas n’est désespéré, et que tout le monde peut sortir de la rue ».

Il faut cependant appliquer une pérennisation à chaque projet pour que les structures publiques s’améliorent. Il faut comprendre que le problème des sans-abri est assez compliqué. Ils sont insolvables et donc moins rentables, qu’il faudra une importante solidarité pour que chacun puisse accéder à des soins adaptés. Les obstacles sont nombreux et pour l’instant, l’accès aux soins est assez difficile pour les sans-abris en Belgique. 

El AmartI Mohamed étudiant Bac 1 commu haute école isfsc

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Les soins de santé Belge au top 5 de l’Europe !

Frais médicaux Creative Commons CC0.

En 2019, le rapport annuel du think thank suédois, Health Consumer Powerhouse a classé la Belgique en 5ème position des pays d’Europe possédant les meilleurs soins de santé, néanmoins une partie importante de la population n’arrive pas à avoir accès aux services de soins de santé pour des raisons majoritairement financières.

 Depuis la crise de 2008 l’inégalité d’accès aux soins de santé n’a fait que qu’augmenter en Belgique. Même si le pays couvre 99% de sa population par une sécurité sociale couvert ou pas, il y a encore des personnes qui ne bénéficient pas des soins dont ils ont besoin.

Médecins du monde estiment que 600.000 Belges vivent actuellement dans la pauvreté. Une personne sur quatre reporte ou annule ses soins pour des raisons financières. La situation a empiré chez les personnes disposant de faibles revenus. En 2011 les chiffres indiquaient que 4,3% de ces personnes n’avaient pas accès aux soins alors qu’aujourd’hui ce chiffre a doublé et a atteint les 8%. « Nous fessons toujours des choix économiques parce que nous sommes dans des cellules familiales. Il y a des personnes qui véritablement ont pris la décision de repousser leurs soins de santé à cause de leur coût. Vous avez des gens qui se disent je ne vais pas pouvoir boucler la fin du mois. Donc J’irai chez le médecin le mois d’après. Et ça ce sont des choix qui sont injustes dans notre société égalitaire. Mais s’il y a bien quelque chose sur lequel on en est très ferme, c’est que la santé n’est pas un bien comme les autres. C’est un droit. » déclare François Fille des médecins du monde.

Des soins de santé trop cher ?

Les coûts des soins de santé sont très élevés en Belgique. La part des dépenses à la charge des patients est parmi la plus haute d’Europe. Selon une étude de l’ONG Médecins du monde. Un ménage dépense 1.100 euros par an en moyenne en soins non remboursés.

Alors que 99% les belges sont couverts par une sécurité sociale le nombre de personnes qui report ses soins pour des raisons financières est de 12% en Flandre 23% à Bruxelles ce qui veut dire près d’un Bruxellois sur quatre reportes ses soins par manque de moyens. 19% des belges ne peuvent pas se payer une simple visite chez le dentiste. « La diminution du coût exorbitant de certains médicaments aidera à allégées les frais qui pèsent sur ces personnes fragiles. Les entreprises pharmaceutiques continuent pour certaines maladies orphelines ou certaines pathologies a demandé des traitements spéciaux et coûteux. Alors que leur client principal c’est la sécurité sociale. L’exclusion des soins de santé de ces populations à un coût. Il faudrait que ces entreprises pharmaceutiques baissaient le coût des médicaments.  Nous pourrions alors investir plus dans la prévention qui coûte énormément moins cher que les soins curatifs. » explique François fille

Notre pays a la qualité de procurer aux patients un rendez-vous avec un médecin très rapidement. Malgré cette accessibilité pratique, certains ne prend même pas la peine d’aller en consultation car il n’arrive pas à se procurer le montant nécessaire. La mutuelle devrait remboursé directement la moitié de la somme, à la place du patient qui doit payer tout le montant. Le montant des allocations de famille fournies par le CPAS devrait être rehaussé parce qu’il reste très minime.

La Belgique un système qui exclut ?

Outre le problème financier, il faut acquérir ces deux conditions pour accéder aux soins de santé en Belgique.

•         Avoir un statut administratif (être inscrit au registre national)

•         Le domicile (avoir une adresse de référence).

Remplir ces deux conditions est très difficile pour certaines, telles que les sans-abris, les demandeurs d’asile et les primo-arrivants. C’est que la Belgique a un système qui exclut. Selon le rapport de l’OMS campagne reporter il semblerait que 1% de la population soit exclue des soins. La population qui vit dans la précarité non pas à cause de leur faible revenu mais à cause de leur statut administratif. Ils ne sont pas couverts socialement ils n’ont droit qu’à des mesures d’exception qu’on appelle la nuit d’aide médicale urgente qui est très compliquée à obtenir. Ils doivent faire face à un ensemble de contraintes administratives et bureaucratiques qui prennent du temps.

Une bonne santé passe par la communication ?

Communication entre un médecin et sons patient : Creative Commons CC0

Des facteurs tels qu’un problème de communication, le manque de connaissances du système de santé, des déférences culturelles rend aussi l’accès aux soins de santé difficile. « Il y a une barrière culturelle qu’il faut savoir détruire. Les soins doivent être appropriés en fonction des besoins de la personne, elle doit pouvoir être communiquée au patient qui comprend un traître mot de ce qu’on leur raconte. Pour cela Il faut des interprètes auprès du personnel de soins et notamment dans les structures publiques. Il faut donner les moyens en ressources humaines de pouvoir justement constituer un filtre positif et de communication entre le patient et le docteur. » indique François fille.

Les soins de santé en Belgique satisfaisants ?

En 2018 une étude montre que 77% des belges se trouvent en bonne santé. Seulement les personnes à faible revenu, les migrants, les primo arrivent et les sans abris qui n’ont pas pu payer ses soins de santé préventivement perdent 10 années d’espérance de vie en bonne santé, ce qui nous pousse à réfléchir aux systèmes de santé.

Il y a aussi l’impact psychologique de cette inégalité d’accès aux soins de santé sur ces patients. Comme la dépression, le Burn out, une lutte quotidienne à un impact psycho-social sur votre vie, votre mentale sur ceux de vos proches et sur ceux de vos enfants, les personnes qui en ont assez de moyens peuvent bénéficier d’une prise en charge psychologique appropriée. Mais imaginez ceux qui n’ont pas les moyens. Les soins de santé mentaux sont des soins qui sont chers et pas entièrement recouverts par la Sécurité sociale on parle alors d’exclusion. On n’a l’impression que nos systèmes de soins ne s’adressent pas aux besoins de ces populations fragiles.

Les dépenses de santé par personne par ans en Belgique sont énormes. Et on n’arrive toujours pas à couvrir la totalité de la population dans ce pays. Nous avons les moyens de faire beaucoup mieux.

Pour en savoir plus

La Belgique, modèle en matière d’accès aux soins ? Pas si sûr …

Crédit photo : Pixabay

Depuis de nombreuses années, beaucoup de questions se posent par rapport à l’accès aux soins. Souvent, les femmes sont touchées par les plus grandes difficultés. Le gouvernement manque parfois à son devoir et de nombreuses associations sont donc à la tâche pour aider ces femmes.

Depuis plusieurs années maintenant, la Belgique est considérée par l’Euro Healt Consumer Index (EHCI) comme étant le 5ème meilleur pays en matière de soins de santé en Europe. Effectivement, la qualité des soins prodigués de nos jours en Belgique sont reconnus partout dans le monde. La recherche belge est l’une des meilleures du monde, et plusieurs grandes avancées scientifiques dans le domaine de la santé ont vu le jour dans le plat pays. Des chercheurs de l’ULB ont récemment fait avancer la recherche contre le cancer en découvrant comment les métastases parviennent à migrer. Néanmoins, la Belgique a encore de nombreux progrès à faire en termes d’accès.

L’accès aux soins de santé est un problème qui ne date pas d’hier, le système social actuel ne fait qu’accentuer cette problématique. Ce n’est plus une surprise d’entendre que des femmes vivant seules avec leurs enfants se délaissent au profit du bien des autres. Les personnes en situation de difficultés financières, ou dans une situation familiale instable sont les plus touchées.

« Ces femmes luttent pour pouvoir vivre »

Colette Jadot, responsable du groupe de travail nivellois de l’association « Vie féminine » explique : « Parmi ces personnes en situation de difficulté, on retrouve les femmes. Souvent mise à part dans une société très machiste, ces femmes luttent pour pouvoir vivre. L’émergence des familles mono-parentales rend souvent très dure la situation financière de ces femmes. »

L’instabilité financière est l’une des principales causes du manque de soins chez les femmes. Les inégalités salariales sont activement combattues, mais il n’empêche qu’elles persistent. Souvent dans des branches du travail moins valorisées. « C’est un fait, les femmes touchent moins et nous combattons cela activement. Néanmoins, on note que des aides sont à disposition, mais on déplore aussi qu’elles ne soient pas correctement renseignées. Peu de femmes connaissent réellement leurs droits,… conclut-elle. »

Pas qu’un problème d’argent

Être une femme est un désavantage pour bénéficier d’un bon accès aux soins de santé, et pas seulement à cause des problèmes d’argent. Beaucoup de traitements dit « banals » chez les femmes sont souvent très onéreux. Colette Jadot explique: « Le prix de la pilule contraceptive, et de ce qui est nécessaire pour le bon déroulement des règles est hors de portée pour beaucoup. Une nouvelle fois, elles se délaissent. Mais certaines pratiques médicales sont aussi très violentes, voire dangereuses pour la femme. Je pense notamment aux mutilations génitales lors d’une naissance, ou bien encore à certains examens médicaux ».

De ces examens, on peut retenir par exemple l’hystérographie, un examen assez douloureux souvent prescrit aux femmes qui ont des difficultés à avoir un enfant. Cet examen provoque des grosses douleurs vaginales, des saignements, etc. De quoi en refroidir plus d’une. Souvent peu prises au sérieux quant à la douleur, c’est parfois compliqué d’expliquer ce que l’on ressent quand on sait que les médecins sont majoritairement des hommes. Même si la qualité médicale semble être égale, un médecin homme n’aura pas le même contact, pas la même approche quant à un problème qui ne touche que les femmes.

Et le gouvernement dans tout ça ?

Le gouvernement travaille depuis quelques années sur les droits de la femme dans la société. Beaucoup de points ont été résolus, mais pour la santé ce n’est pas encore gagné. « La Belgique est un pays avec une très bonne sécurité sociale, par rapport à d’autres pays dans le monde, nous n’avons pas à nous plaindre. Il n’empêche que la politique actuelle menée par Maggie De Block a beaucoup de points négatifs. Les budgets pour la prévention ont été fortement diminués, les dépistages sont eux aussi touchés par cette restriction budgétaire. » Cette diminution a pour conséquence directe un manque de suivi des gens pour leur santé.

Et pourtant, investir dans les moyens utiles à la prévention ou au dépistage pourrait également avoir un aspect positif. Le prix des traitements est bien supérieur à celui du dépistage. Investir dans ce dernier permettrait de diminuer le nombre de malades ou de personnes atteintes par un quelconque problème de santé, et donc de diminuer le montant réservé au traitements.

Il y a encore du boulot

Beaucoup d’efforts sont fournis par la Belgique afin de changer la situation. Par contre, il est souvent difficile de trouver des solutions sur le long terme. Malgré un travail acharné de la part des associations et des mouvements qui luttent pour aider toutes les personnes en situation de difficulté, c’est parfois compliqué de tout gérer. « Vie Féminine » survit essentiellement grâce aux dons et aux cotisations de ses membres. Certains subsides nationaux et régionaux viennent aussi s’y ajouter.

Leur travail est pourtant essentiel comme le dit Colette, qui est responsable du groupe de travail nivellois, « Nous luttons au quotidien afin de pouvoir aider ces femmes. Nous les instruisons, le but de notre démarche est de pouvoir les rendre autonomes dans cette société très difficile. De nos jours, les femmes subissent diverses violences : économiques, physiques, et psychologiques. Certaines vivent un véritable enfer, et d’autres organismes comme les maisons maternelles ont un rôle important dans l’émancipation de certaines femmes qui souvent sont au plus bas ».

La jeunesse actuelle et les personnalités telles que la chanteuse Angèle se mobilisent elles aussi. Ici lors des manifestations du 23 novembre dernier.

Un futur que Colette Jadot espère bon

Au sein de « Vie Féminine » depuis 30 ans, la mentalité et les combats du mouvement ont changé et évolué avec le temps. Non pas pour déplaire car la principale force est de pouvoir se remettre en question et se repositionner sur certains sujets de manière continue. La constante évolution de la société pousse les mouvements comme « Vie Féminine » à aller de l’avant. Depuis quelque temps la place de la femme au sein de la société a été revue. La femme est devenue une personne à part entière. Le temps ne fera que faire évoluer positivement la place de celle-ci, et qui sait, un jour peut-être gagneront-elles leur combat.

Lucas Dehoux

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Les prix des médicaments sont de plus en plus élevés : est-ce grave, Docteur ?

Les prix des médicaments

Les prix des médicaments en Belgique sont trop élevés et cette tendance ne fait que se confirmer. Ces prix sont-ils vraiment justifiés ? Devons-nous nous inquiéter de savoir si nos médicaments pourront encore être remboursés ? C’est ce que nous avons cherché à savoir.

Chacun le constate, les prix des médicaments en Belgique sont trop chers et même de plus en plus chers, notamment par rapport à nos voisins, au point que certains Belges n’hésitent pas à aller les acheter en France ou aux Pays-Bas.

Pour de nombreux experts, les conséquences à terme sont très inquiétantes. Pour Mme Julie Frère, porte-parole francophone de Test-Achats, magazine de défense des droits des consommateurs que nous avons rencontrée, ce prix trop élevé des médicaments risque de poser à terme un grave problème de santé publique. En raison des coûts de plus en plus élevés des médicaments, le budget de l’assurance maladie est en train d’exploser et on devra peut-être refuser de rembourser certains médicaments ou n’autoriser leur remboursement que pour certaines catégories de personnes comme les malades les plus atteints. D’après Mme Martine Van Hecke, experte Santé à Test-Achats, c’est déjà le cas, par exemple, pour le Sovaldi, un médicament très efficace contre l’Hépatite C.

Mais au fait : qui fixe les prix ?

Mme Van Hecke nous rappelle quant à elle que « c’est le SPF Economie qui détermine le prix des médicaments, et il consulte pour cela une commission « prix-médicaments » où sont présents différents partenaires ». La fixation des prix se fait donc par une négociation entre les firmes pharmaceutiques, l’INAMI (l’Institut National d’Assurance Maladie-Invalidité, qui se charge du remboursement des soins de santé) et l’Etat. L’Etat intervient donc bel et bien dans la négociation, et c’est même le ministre qui a le dernier mot sur le prix final, mais d’après Mme Van Hecke, « L’Etat n’a pas assez de données pour décider si le prix est juste ou non », notamment en raison du manque de transparence des sociétés pharmaceutiques.

En effet, les sociétés pharmaceutiques utilisent toujours l’argument du coût de la recherche pour justifier le prix élevé des médicaments, mais il est très difficile de vérifier leurs informations car elles refusent de donner les détails sur leurs procédures de Recherche et Développement (R&D). Elles essaient évidemment toujours d’obtenir le prix de vente le plus élevé possible pour leurs nouveaux médicaments mis sur le marché, et ces derniers temps ces prix ont atteint des sommes ahurissantes, en particulier pour les médicaments contre le cancer ou contre les maladies orphelines. On se souvient de la petite Pia, atteinte d’amyotrophie spinale, une maladie héréditaire mortelle dont le traitement fourni par un laboratoire américain coûtait 1,9 million d’euros.

Publiée par TeamPia sur Vendredi 11 octobre 2019
La petite Pia et sa maman, atteinte d’une maladie mortelle dont le traitement, non remboursable, coûtait la somme ahurissante de 1,9 million d’euros.

Une course folle au profit

Test-Achats dénonce cette course au profit extrême menée par les sociétés pharmaceutiques, dont une autre pratique pose question : il s’agit du procédé par lequel une firme pharmaceutique rachète un ancien médicament qui a fait ses preuves et qui est vendu à très bas prix, puis le relance sur le marché en l’ayant à peine modifié, mais en demandant un prix exorbitant. Comme le souligne la journaliste Anne Liesse dans une note parue sur le site de l’Institut Emile Vandervelde, cette pratique conduit à un rapport de force asymétrique entre les autorités et les firmes pharmaceutiques et influence considérablement la fixation du prix des médicaments. Liesse donne également l’exemple d’une firme italienne qui « a abusé de son monopole sans aucun scrupule en multipliant par plus de 300 fois le prix d’un médicament traitant une maladie génétique rare mortelle, passant de 38 euros à 12.750 euros. » Test-Achats a d’ailleurs déjà déposé cinq plaintes auprès de l’autorité belge de la concurrence contre ce genre de pratiques permises par le monopole des firmes pharmaceutiques sur certains médicaments.

Une autre pratique de cette industrie pose question : certaines firmes pharmaceutiques bénéficient de soutiens financiers publics pour la Recherche et le Développement des aides, qui peuvent se chiffrer en millions d’euros. Anne Liesse explique ainsi que « ces recherches fondamentales qui aboutissent à la découverte de nouveaux médicaments sont financées en grande partie par les contribuables. Pourtant, ces fonds publics, investis dans une recherche visant à produire un bien collectif (de nouvelles connaissances), se retrouvent privatisés lors de la phase de développement des médicaments. Le contribuable paie donc doublement : d’abord, pour financer une grande partie de la recherche qui participe au développement des médicaments (via l’impôt), ensuite en payant des prix exorbitants lorsque ces nouveaux médicaments sont mis sur le marché (via les cotisations sociales et en tickets modérateurs). »

Enfin, les experts dénoncent le manque de transparence dans la négociation entre l’Etat et les firmes pharmaceutiques, qui empêche un véritable contrôle démocratique sur ces pratiques. Ici est notamment pointé le rôle des lobbys pharmaceutiques qui sont extrêmement influents en Belgique…

Que peut-on faire ?

Des solutions existent pourtant. C’est d’abord au niveau européen que les Etats devraient s’allier pour négocier un prix « normal » avec les firmes pharmaceutiques, car celles-ci n’hésitent pas à jouer un Etat contre l’autre dans un secteur pourvoyeur d’emplois hautement qualifiés.

La deuxième priorité serait de mettre fin aux négociations secrètes entre les Etats et les firmes pharmaceutiques afin de permettre aux citoyens d’exercer un véritable contrôle démocratique sur l’ensemble des systèmes. Plus de transparence de la part des sociétés pharmaceutiques sur les véritables coûts de la Recherche serait nécessaire.

Par ailleurs, l’Autorité de la Concurrence doit beaucoup plus jouer son rôle, notamment au niveau européen, pour mettre fin aux abus des situations de monopole.

Une autre solution proposée par les experts serait que les investissements et les aides des Etats dans la Recherche et le Développement soient conditionnés à la fin du processus par une commercialisation du produit à un prix raisonnable, c’est-à-dire abordable pour les assurances maladie.

À plus long terme, il faudra peut-être revoir le modèle de développement du secteur avec une meilleure coordination public-privé, avec plus d’investissements des services publics, et une recherche de nouveaux médicaments fondés sur les besoins réels de la société et des citoyens.

Pouvons-nous être optimistes quant à la résolution de ce problème de plus en plus aigu ? Pas vraiment. L’experte Santé de Test-Achats se dit même franchement pessimiste à court terme tant les intérêts financiers sont élevés : « Le problème est à l’agenda politique, des propositions de lois sont en préparation, notamment sur le contrôle démocratique de l’ensemble du processus, mais pour le moment, il n’y a rien de vraiment concret. » Mais cela n’empêche pas que des actions de sensibilisation soient menées, telle cette campagne lancée par Test-Achats en partenariat avec Médecins du Monde, qui a récolté plus de 9.000 signatures en Belgique et plus de 250.000 en France.

C’est le signe que le citoyen est conscient du danger et est prêt à se mobiliser pour éviter un jour de se retrouver dans une situation où certains médicaments seraient réservés à une élite financière, tandis qu’ils resteraient inaccessibles pour le commun des mortels…

Pour en savoir +

Être en bonne santé, une histoire d’argent ?

Pixabay Licence . Image libre de droit

Le dicton dit que « Un homme pauvre en bonne santé est déjà à moitié riche », mais ! En Belgique, est-ce qu’un homme pauvre sait être en bonne santé ?

L’étude réalisée par Solidaris révèle que le nombre de décès avant 65 ans est deux fois plus élevé pour les personnes issues d’un milieu précaire que celles issues d’un milieu plus aisé. En effet pour une population de 150.000 personnes, il y a 402 décès parmi les personnes les plus pauvres contre 174 décès parmi les personnes les plus riches . Comment expliquer ces inégalités de santé ?

Plus vulnérables depuis la naissance

L’inégalité sociale de santé commence déjà depuis la naissance. L’étude de Solidaris a découvert aussi que dès la naissance, le pourcentage de personnes en situation de handicap est déjà deux fois plus élevé parmi les personnes plus précaires. Plus on descend dans l’échelle sociale, plus le pourcentage de personnes en situation de handicap augmente. Les maladies chroniques sont aussi plus fréquentes et causent plus de problèmes chez les plus précaires. Le nombre de personnes portant le diabète est plus élevé dans le groupe social le plus bas. Solidaris estime qu’il y a 43 % de personnes diabétiques en plus parmi les personnes précarisées par rapport à la moyenne de la population. Les diabétiques sont donc deux fois plus nombreux chez les pauvres que chez les riches.

« Prévenir ça coûte moins cher que guérir »

Ensuite, il y a un problème de conscientisation dû au manque de prévention. En effet, le mode de vie et le comportement préventif pourraient atténuer les effets néfastes pour la santé. L’alcool, le tabac et le sucre, par exemple, sont des maladies non transmissibles qui tuent des millions de personnes dans le monde. Chaque année, 16 millions de personnes sont décédées prématurément des suites de maladies non transmissibles, faute de prévention énonce une étude de l’OMS ( L’Organisation Mondiale de la Santé). Les décès prématurés dus à des maladies non transmissibles pourraient être évités par des politiques anti-tabac, anti-alcool et en faveur d’activités sportives. Les plus pauvres, passent outre également des campagnes de dépistage, par exemple pour le cancer du sein, les femmes précarisées sont respectivement 14% moins dépistées que celles qui ont les moyens. Les campagnes de sensibilisation à la contraception ont également du mal à toucher les adolescentes dans les milieux plus défavorisés. On compte jusqu’à 7,5 fois plus de mères adolescentes parmi les plus précaires. « Prévenir ça coûte moins cher que guérir, à condition qu’on en ait les moyens » à énoncé lors d’une interview le docteur Assya Guermit .Médecin généraliste au centre de soins Santé Sans Frontière, un centre qui soigne des patients allant de la très basse classe à la classe moyenne . Selon elle les plus précaires ,certes, ne sont pas assez préventifs, mais que ça va à leur avantage de ne pas l’être .Parce que manger équilibré, faire des dépistages ou pratiquer un sport ça coûte de l’argent.

Plus de prévention médicale sauverait des millions de personnes . Pixabay Lience. Image libre de droit.

Aussi ,comme l’approuve le Dr. Guermit , il s’avère que les personnes pauvres ont tendance à avoir une certaine réticence à l’idée de se soigner ou de se faire simplement consulter. Soit ils minimisent la gravité de la douleur qu’ils ressentent et du coup ne font rien. Soit ils se réfèrent à des remèdes de grand-mère parfois plus efficaces que certains médicaments certes . Et la plupart du temps, ces personnes réticentes s’auto-consultent sur Internet via des sites « santé », qui s’annonce être une mauvaise idée pour cause de leur fiabilité négligente.

Les intellectuels vivent plus longtemps.

Plus le niveau d’étude est élevé, plus l’espérance de vie sera longue. Voici quelques chiffres : les personnes diplômées de l’enseignement supérieur de type long vivent en moyenne 3 à 5 ans de plus que les personnes sans diplôme, ces diplômés vivent en bonne santé en moyenne 18 à 25 années de plus et « seulement » un tiers des personnes diplômées sont entre surpoids contre plus de la moitié des personnes sans diplôme ou diplômées de l’enseignement primaire.

D’après le Dr. Guermit ,le fait de ne pas parler la langue du pays handicape aussi les personnes les plus précaires à accéder aux soins de santé. Un bon nombre de personnes n’ont pas accès aux soins du au fait qu’ils ne sont pas en ordre administrativement. Un système d’aide appelé le kit de communication a été inventé par la mission handicap de l’AP-HP et mis à disposition dans certains hôpitaux français qui ne devrait pas tarder à arriver chez nous en Belgique :

Le kit de communication visant à aider les personnes ne parlant pas la langue du pays

Les différences de conditions de vie entre les riches et les pauvres ? (En chiffres)

 « Les individus les plus avantagés du point de vue socio-économique ont par exemple un meilleur accès aux soins de santé, aux services de prévention, aux installations sportives, à une alimentation saine ou une meilleure salubrité des milieux locaux de vie comme le quartier, l’école, le travail ou le logement » énonce la recherche TAHIB (Tackling Health Inequalities in Belgium)

Les chercheurs ont aussi remarqué que le stress généré par des « situations sociales hostiles » peut se traduire par une plus grande consommation de produits néfastes pour la santé, comme le tabac par exemple. Mais aussi et surtout le stress en lui-même a des effets pathogènes et cause une plus grande vulnérabilité à la maladie de façon générale.

« Moins tu es riche moins tu paieras pour ta santé »

De plus en plus de centres d’aide sont créés pour les personnes en difficulté. Les maisons médicales où les soins sont gratuits, les centres de soins de santé et le CPAS par exemple, sont des aides spécialement dédiées pour les personnes précaires. « Et c’est là que l’on remarque qu’au final les personnes précaires ne sont pas plus dérangées financièrement que la classe juste au dessus «  énonce le Dr.Guermit pour expliquer ce qu’elle entend par « Moins tu es riche moins tu paieras pour ta santé ».

Finalement, les inégalités de santé ne s’expliquent pas seulement par les ressources financières mais sont associées à d’autres facteurs liés aux inégalités. Si l’on veut réduire les inégalités de santé, c’est donc aussi aux causes de la pauvreté elle-même qu’il faut s’attaquer.

Pour en savoir plus

Santé : conséquences de l’inflation belge

Annuler un rendez-vous chez un médecin alors qu’on en avait besoin par manque de moyens, c’est la réalité de quatre Belges sur dix en Wallonie et à Bruxelles. Pour cause : des prix de consultations trop élevés, un remboursement insuffisant, une inflation générale du coût de la vie. Les inégalités sociales pour l’accès aux soins de santé sont de plus en plus grandes.

Aujourd’hui le lien entre la classe sociale d’un individu et son accès aux soins de santé est clairement fait. Les études l’ont prouvé. Malgré tout, les soins de santé sont en recul par rapport aux besoins vitaux. Même la classe moyenne belge a plus de mal. L’explication ? L’inflation du coût de la vie de tous les jours. « Il n’est pas devenu plus cher pour les gens de payer les soins de santé. Mais il y a effectivement une inflation du coût de la vie courante. Les soins passeront après les besoins primaires », commente Jérôme Vrancken, data-analyst au Service Etudes de Solidaris.

Les Belges avec des revenus bas sont plus susceptibles de se déclarer en mauvaise santé contrairement aux personnes plus riches. Cette différence économique n’a pourtant pas de rapport direct avec le budget annuel belge en soins de santé qui s’élève à 10,3% du Produit intérieur brut (PIB) et qui n’a pas beaucoup bougé depuis 2017. Par ce pourcentage élevé du budget de l’Etat, les Belges sont considérés comme les plus généreux de l’Union Européenne en soins de santé. Et malgré cela et une moyenne d’espérance de vie augmentée de quatre ans depuis 2000, il reste une différence de cinq ans de vie entre les groupes sociaux instruits et non-instruits.

L’instruction, une différence ?

L’instruction de la personne ainsi que l’accès à la prévention sont deux éléments importants des différences dans l’accès aux soins de santé. Nos seniors sont parmi les plus touchés par cette inégalité. Les personnes les mieux instruites, les mieux au courant, vivent jusqu’à cinq ans de plus que les personnes en précarité. Malgré tout, la santé de nos seniors recule depuis 2015. Entre départs anticipés pour réduire le stress ou encore pour cause de maladie, 15,6% des retraités regrettent de ne pas être partis plus tôt. Alors que l’âge légal de la pension recule ! Et pourtant selon une étude Solidaris, un quart des francophones belges auraient souhaité partir plus tard. Pour ceux en précarité, pour des raisons économiques. Les seniors avec le plus de diplômes ont tendance aussi à vouloir quitter plus tardivement leur travail.

La prévention trouve aussi une place moindre dans la population défavorisée. Un exemple simple : le nombre de mères adolescentes. Elles sont jusqu’à 7,5 fois plus présentes dans les groupes en précarité. Pour cause : une pratique de la contraception très différenciée d’un groupe à un autre. Un autre type de prévention avec une différence fortement présente : le dépistage du cancer du sein chez les femmes ainsi que du cancer du col de l’utérus. Cette couverture est inférieure jusqu’à 14% et 11% dans les populations précarisées. De plus,il y a 25% de dépistage en moins pour le cancer du col de l’utérus en 10 ans!

La précarité étudiante ne peut être mise de côté !

Entre 2012 et 2018, le coût des études a augmenté de 21% selon la Fédération des étudiants francophones. PHOTO/ Andrew Tan / Pixabay

Un autre type de personne pouvant être touchée par la précarité sont les étudiants. Nous le voyons actuellement en France avec cet étudiant immolé à Lyon. La période des études représente un coût certain pour les parents ou bien les étudiants eux-mêmes. En 2017, la Fédération des étudiants francophones (FEF) sortait une enquête qui fait le lien entre la prostitution de certains et le payement des études. Si les élèves du supérieur ont du mal à payer la vie au quotidien, les soins passeront au second plan. « Les étudiants sont effectivement des profils plus à risque », intervient également Jérôme Vrancken. Entre 2012 et 2018, le coût des études a augmenté de 21% laisse savoir la FEF dans un communiqué de presse de 2018.

#LaPrécaritéTue. Un étudiant français s’immole devant le crous à Lyon – France Info / l’Actu.

Plus on descend sur l’échelle sociale, plus on fait face à des décès avant l’âge de la pension, aux maladies chroniques, graves et invalidantes. Un exemple : il y a deux fois plus de personnes diabétiques et trois fois plus de personnes handicapées parmi la population défavorisée que parmi les riches. Les personnes précarisées se retrouvent étonnamment plus souvent hospitalisées et pour des périodes plus longues que les personnes qui ne sont pas ou moins en difficultés financières. La raison : l’état de santé souvent plus dégradé et une prévention moindre.

La Belgique a une couverture de soins de santé à 99,8%. Elle dépense un peu plus de 10,3% de son PIB aux soins de santé. Ce qui est plus que dans les pays voisins. Selon Jérôme Vrancken, l’appartenance à un groupe social définit l’impact socio-économique sur la santé et l’état de santé d’une personne. L’Etat prend en charge jusqu’à 80% des dépenses dans le domaine de la santé. Les 20% qui restent peuvent représenter un énorme budget pour les personnes en difficulté financière. Chez Solidaris, l’utilisation d’un tiers-payant permet un accès plus ‘simple’ aux soins de base comprenant les visites chez le généraliste ainsi que celles chez le gynécologue. Ce tiers-payant signifie que le patient ne paiera que le ticket modérateur à la place de la totalité du prix, le reste passant directement de la mutualité au prestataire de soin. Généraliser le tiers-payant serait un premier pas vers la santé pour tous.

Remboursement mutuel, une solution ?

Toujours selon J. Vrancken, la Belgique a une couverture quasi universelle à 99,99% grâce à l’assurance maladie obligatoire. Dans la catégorie des gens en difficulté pour cet accès aux mutuelles, les migrants et les sans-abris sont en première place. Le remboursement belge se fait selon une convention signée entre les représentants des professionnels de la santé, des mutualités et des pouvoirs publics. Dans ce document se trouve le prix officiel. Celui-ci se décompose en deux ou trois parties : l’honoraire officiel, à charge de la mutualité, le ticket modérateur, à charge du patient, et les suppléments d’honoraires s’il y en a, également à charge du patient. Il est aussi important de mentionner que les médecins ne sont pas obligés de suivre la convention et peuvent toujours demander le prix qu’ils veulent. Aujourd’hui, certaines mutualités telles que Solidaris, proposent un remboursement total après l’ouverture d’un Dossier médical global (DMG) chez son médecin traitant. Cela signifie qu’elle remboursera aussi le ticket modérateur qui était jusque-là à charge du patient. « Malgré tout, si vous avez des suppléments d’honoraire car votre généraliste n’est pas conventionné, ils resteront à votre charge », confirme Mr. Vrancken.

Si la Belgique est bonne élève en soins de santé, elle ne dépense que 2,2% des 10% du PIB pour les soins en santé publique et prévention des maladies. Ce chiffre se trouve en dessous de la moyenne européenne. Par ce chiffre, il est possible d’affirmer que le nombre d’hospitalisations potentiellement évitable est plus élevé dans notre pays que dans nombre d’autres pays de l’EU. Ne serait-ce pas le prochain pas vers des soins plus accessibles ?

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Une nouvelle voie vers un accès plus facile aux soins de santés ?

L’accès aux soins de santés, un défi pour certains :

Quand on parle de problèmes d’accès aux soins de santé, nous pensons directement à tourner la tête de l’autre côté de l’atlantique. Cependant, la Belgique n’est pas épargnée puisque 9 % des familles wallonnes doivent reporter des soins de santé à cause des coûts de ceux-ci venant mettre en doute l’efficacité de notre système qui se veut normalement égalitaire, social et surtout universelle. En réaction, le gouvernement, depuis quelques années, a mis en place diverse plans pour essayer de rendre plus accessible les soins de santés.

Un des projets les plus important et pourtant pas toujours connu du grand publique est la création dans les quartiers d’une nouvelle forme d’institution de soin de première ligne, celle des maisons médicales.

Les maisons médicales, une nouvelle voie :

Les maisons médicales sont des établissements de soins de première ligne. Elles sont apparues dans les années 70 en Belgique à contre-courant de la mentalité de l’époque qui se voulait centrer au maximum sur les hôpitaux. Cette mentalité a vite révélé certaines faiblesses, surtout au niveau des personnes à faible revenu qui se sont vu presque mises à l’écart des soins de santé malgré les plans d’aide sociale mis en place par l’état.

© shutterstock 2019

Les maisons médicales ont montré un nouvel axe de soins de santé, principalement centré sur le patient dans sa globalité. Ainsi, ne mettant plus à l’écart l’état physique, économique, psychologique mais également social de la personne, revenant à un médecin plus social.

Plus social dans les soins, mais également dans la structure, car celle-ci est directement implante dans les quartiers au plus proches des patients. Plus social économiquement, car plus accessible, avec des tarifs et forfait avantageux. Plus sociable de la gestion, avec les membres médicaux qui participent activement aux décisions de la structure.

Plus social dans les soins, mais également dans la structure, car celle-ci est directement implante dans les quartiers au plus proches des patients. Plus social économiquement, car plus accessible, avec des tarifs et forfait avantageux. Plus sociable de la gestion, avec les membres médicaux qui participent activement aux décisions de la structure.

Les maisons médicales ont créé une autre voie et vision de l’accès aux soins santé contemporains, se voulant le plus universel et accessible.


Medicinae Médicinale ?

video mise en ligne sur youtube par
Fédération des maisons médicales le 18 déc. 2017.

Les maisons médicales, les MM comme on les nomme dans le milieu professionnel, n’ont pas cessés de croître depuis les années 80. Leurs nombres dépassent aujourd’hui 160 MM, reparties dans toute la Belgique avec plus de 360 000 personnes affiliées.

« En 30 ans, les MM ont connu un important développement : leur nombre n’a cessé d’augmenter au rythme de douze MM ouvertes par an ces dernières années. »

Les maisons médicales « à la loupe »
étude de Solidaris Octobre 2017

Comment expliquer cette réussite ?

Les maisons médicales se sont distinguées des autres systèmes de soins grâce à plusieurs spécificités qui on remplir les définis des autres systèmes. La plus importante peut-être, est les faits que le patient ne paie pas l’acte en soi, mais paie chaque mois un forfait lui donnant accès à volonté aux consultations.

Le Dr.Madoki médecin généraliste dans son cabinet.
© Louis-Jourdan Leclercq 2019

Permettant ainsi, aux personnes de ne pas devoir dépenser des sommes trop importantes pour leurs soins ou consultations. Mais au-delà de la simple consultation, cela permet un réel suivi du patient, comme l’explique le docteur Madoki, médecin généraliste dans une maison médicale


« […] par exemple, j’ai un patient pour lequel j’ai un diagnostic qui n’est pas tout à fait sûr, parce qu’il est au début de la maladie. Je voudrais m’assurer que je ne me trompe pas, donc si je suis à l’acte, j’aurais du mal à le faire revenir parce qu’il va devoir venir à nouveau et dépenser l’argent, et il n’a peut-être pas beaucoup de sous. Il va peut-être s’imaginer que c’est pour gagner de l’argent que je vais le faire revenir car je peux très bien dire Revenez dans deux jours, on va voir si rien ne s’était.
Mais avec le forfait, moi, ça va me permettre d’avoir un médecin de meilleure qualité parce que je peux voir le patient autant de fois que je veux. Un exemple plutôt que lui donner un antibiotique, je peux très bien dire, « Ecoutez, on va attendre voir comment ça va se développer si je vois que votre corps résiste, je ne vous donne pas d’antibiotiques » et ce sera revenu moins cher à tout le monde tout en ayant de meilleurs soins […] »


En plus du suivi personnel du patient sur du long terme et si besoin régulier, une des spécificités des maisons médicales est le partage des dossiers entre le personnel soignant, permettant une grande flexibilité.

Un patient veut consulter son médecin habituel qui n’est pas là, pas de souci, un des confrères peut prendre en charge la personne directement en ayant directement accès à tout son dossier ou plus simplement dans le cas de soins spécifiques, ou le patient doit être pris en charge par un autre médecin spécialisé.

La localisation des maisons médicales est aussi un de leurs plus gros atouts avec leur emplacement au plus près de leurs patients, dans leur quartier. Permettant ainsi un suivi presque « personnalisé » du quartier et, par conséquent, de ne pas faire que du soin curatif, mais également du préventif, qui est bien souvent oublié dans notre système de santé.



« […] Il y a eu, par exemple, dans le quartier des vagues de suicide importées, il y a quelques années, des suicides de façon violente avec des défenestrations, donc c’était vraiment très,très très violent.
On a eu sentiment qu’il fallait faire quelque chose dans le quartier. Eh bien, on a eu de l’argent pour le faire, mais si on était à l’acte, on n’aurait pu que constater parce qu’on n’aurait pas eu les moyens de mettre en place des campagnes pour essayer de sensibiliser les jeunes et etc.
C’est intéressant, parce qu’on prend en charge véritablement le quartier et les patients sur l’ensemble de la problématique de santé, et on n’est pas uniquement cantonnés à « Tu es malade, tu viens, je soigne et puis après
au-revoir ». On peut être présent avant que la « maladie » n’intervienne. En parlant de problèmes liés au risque de diabète de l’obésité, les accidents domestiques, tout ça s’est pris en charge également par le préventif. »


Les maisons médicales séduisent également les personnes qui ne se sentent pas à l’aise avec les structures « habituelles ». Où elles ont peur d’être jugées sur leur origine ou leurs statuts sociaux économiques, comme l’explique Liam, patient dans une maison médicale dans un article de l’observatoire belge des inégalités :



 « Ici, il y a une diversité dans la maison médicale, il y a des médecins de toute origine. Personnellement, ça me rassure, je sens bien qu’il n’y aura pas de racisme. Je sais qu’il prendra son temps pour voir ce que j’ai réellement. J’ai des amis qui sont partis chez des médecins privés et vu qu’ils sont d’origine maghrébine, ils ne se sentaient pas à l’aise parce qu’ils sentaient que le médecin avait des réserves. »

Liam, patient , témoignage dans  » Les maisons médicales, garantes d’un accès aux soins de santé pour tou·te·s ?  » le 2 septembre 2019

Les maisons médicales ont réussi à combler le déficit des autres structures ce qui à séduit de plus en plus de belges. Mais il n’existe pas de solution miracle au problème de l’accès aux soins.

Les maisons médicales malheureusement ne répondent pas à tous les problèmes que l’on rencontre dans l’accès aux soins de santé en Belgique. Cependant elles ont réussi à donner accès aux soins a des personnes qui était exclue ou en difficultés. Leurs nombres grandissant montrent le bon fonctionnement et la volonté du et dans le projet.

Et peut-être par la suite à enclencher de nouvelles avancées qui permettront un réel changement de notre système de santé en rendant véritablement égalitaire, qualitatif et accessible à tous.


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