Coronavirus : pas le seul problème des hôpitaux ?

Il partage nos vies depuis quelques mois maintenant… Eh oui, encore et toujours le Coronavirus. Souvent, quand on parle de ce virus, on parle de l’impact qu’il a sur la population, sur le taux de mortalité et bien évidemment depuis plusieurs semaines du taux de guérisons qui augmente. Enfin une bonne nouvelle ! Pourtant quel est son impact sur les soins de santé hospitaliers ? Car oui, ce virus a ralenti le monde, mais il n’a pas pour autant stoppé les autres maladies. Quels ont été les mesures prises pour pouvoir soigner les personnes qui en ont eu besoin et dans quelles circonstances ? Ce sont-elles senties mise de côté ? Le personnel médical, a-t-il eu une charge de travail trop grande ? L’accessibilité aux soins de santé hospitaliers, a-t-elle été mise en péril à cause du covid-19 ?

© Fusion Medical Animation on Unsplash

Résumé de la pandémie

Petit rappel : le Covid-19 celui-ci a été découvert le 17 novembre 2019. Une maladie que l’on ne connaissait absolument pas et qui a été très souvent comparé à une grippe saisonnière, Après les premiers cas en Europe, différentes mesures ont été prises en commençant par les hôpitaux qui se sont réaménagés de manière à pouvoir réagir rapidement en cas de contamination massive. Après les vacances de carnaval et une constatation d’un grand nombre de contaminés, le confinement fût instauré dans pratiquement toute l’Europe.

Fonctionnement et mesure instauré dans les hôpitaux lors du confinement

Il est clair que le coronavirus a pris une grande place de notre quotidien ces derniers mois, mais ce n’est pas pour autant que les autres maladies disparaissent. On a pu constater que toutes les interventions considérées comme non urgente ont été annulées. Toutefois, les hôpitaux ont constaté que malgré leur disponibilité envers les patients autres que ceux contaminés, ceux-ci ne venaient plus aux rendez-vous. Probablement par peur. Si un patient venait à l’hôpital pour des symptômes du Covid-19, un premier tri était fait afin de pouvoir séparer les cas graves des autres contaminés. Dans la vidéo suivante on peut voir un exemple du fonctionnement des hôpitaux en France.

De plus, le manque de matériel à été un point assez compliqué, car beaucoup d’hôpitaux ont dû faire avec les moyens du bord comme utiliser des masques de plongée de chez Décathlon, afin de protéger correctement leur personnel.

Autre problème majeur, le manque de personnel. Avec la surcharge de travail énorme que demande les patients graves atteints du Covid-19, des infirmiers d’autres départements ont dû travailler pour d’autres services.

Alternative au manquement de matériel

Comme dit précédemment, certaines alternatives ont dû être d’actualité pour pouvoir assurer les soins des personnes malades. Malheureusement, il n’y a pas d’alternatives à tout. Le nombre de lits s’est vite retrouvé très limite. A cause de cela, les personnes testées positives mais considérées comme non à risque étaient renvoyées en quarantaine chez elles. Seules les personnes en danger de mort se trouvaient être accepter en hospitalisation. 

Cependant, il ne faut pas oublier que dans un hôpital, il n’y a pas qu’une seule maladie qui circule. Le manque de lit peut aussi se justifier par d’autres hospitalisations pour cause d’autres maladies. Et si l’on avait privatisé un hôpital ? Une infirmière de l’hôpital Érasme a donné son avis à ce sujet  » Pour moi, géographiquement, ce n’est pas possible. Vous imaginez si une personne malade vient de Woluwe, mais doit venir jusqu’à Érasme pour se faire soigner par exemple. Cela risque d’être vraiment compliqué. De plus, il faudrait un hôpital vraiment très grand pour pouvoir accueillir autant de personnes. La manière dont on a géré cette pandémie était beaucoup mieux ».

Le sujet des masques a aussi beaucoup été abordé durant le confinement. Il a souvent été jugé inutile alors que maintenant, il est obligatoire presque dans tous les lieux publics.  » Selon moi, il y avait une vraie pénurie, car on a même été contraint à n’utiliser qu’un seul masque pour la journée. Et ce n’était qu’un masque par personne ! Après, le fait que ce soit obligatoire aujourd’hui , est un bon moyen de protection pour autant qu’il soit correcte et bien porté. Mais il ne faut pas oublier qu’il n’est pas le seul moyen de protection il ne faut pas négliger la distanciation social et le lavage régulier des mains ». Nous raconte cette même infirmière.

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un masque chirurgicale par jour mais d’ou proviens cette pénurie ? pour plus d’information aller sur : https://www.dhnet.be/actu/belgique/coronavirus-pourquoi-une-telle-penurie-de-masques-5e80d982d8ad58163187a7ff

Ce manque de matériel peut être aussi une source de peur et de stress qui peut faire faiblir le personnel soignant déjà bien fatigué. Cette pénurie peut aussi nuire à l’accessibilité des soins.

Le personnel soignant

À 20h chaque soir, ils ont été applaudis afin de les encourager pour leur travail. Mais que pense le personnel soignant de cette action ? « C’était une bonne initiative, mais un peu « inutile ». Il faut se rendre compte que tous les métiers sont difficiles. Ils ont tous leurs avantages et leurs inconvénients. Pour le personnel soignant, c’est faire face aux maladies et aux pandémies. Ce qui est vraiment désolant, c’est qu’en un siècle, nous avons dû faire face à au moins 10 épidémies et l’état n’a toujours pas anticiper une potentielle suivante…’’

Si beaucoup de gens ont décidés de soutenir le personnel soignant, ce ne fût pas le cas de tous. Certains ont même reçu des menaces sur les réseaux sociaux ou pire, chez eux ! Ce harcèlement subit par certains soignants n’arrive pas vraiment au bon moment. Leur moral, déjà bas, ne se retrouve pas meilleur avec cet environnement hostile. Voici un exemple de harcèlement subis :

L’accessibilité après la pandémie

Économiquement, cela risque d’être de plus en plus compliqué. Car notre pays arrive dans une période de crise.  . De plus, il faudra être prévoyant en vue d’une potentielle seconde vague à la suite du déconfinement. Cela va de soi que les efforts vont être augmentés pour pouvoir fournir le matériel adéquat en suffisance ainsi que, bien évidemment, embaucher plus de personnel pour éviter de retomber dans une phase de surchargement des soignants. Pourtant, ce que souhaite le personnel médical est plus haut :  » Je voudrais que l’état s’occupe des besoins du personnel médical, de pouvoir avoir tout le matériel nécessaire, que tout ce qui se rapporte à la branche médicale soit reconnu, d’arrêter de surcharger les infirmiers, car on veut prendre le temps avec chaque patient pour pouvoir se concentrer sur le côté humain ».

Le ressentit de patient malade

Nous avons le témoignage d’une dame âgée de 40 ans atteinte de fibromyalgie et de fibrose artérielle qui nous a fait part de ses sentiments par rapport à la situation : « Je me suis sentie délaissée. Tous mes rendez-vous ont été annulés, parce que l’on a estimé mes soins comme non-urgent. Depuis, j’attends encore d’avoir mes nouveaux rendez-vous. C’est comme si ma maladie était mise en suspend alors que je souffre toujours. La définition de soin non-urgent ? Je ne serais vous dire, la seule chose que j’ai pu constater, c’est que l’on devait être au bord de la mort pour qu’ils puissent prendre la peine de nous ausculter. Pour le personnel médical, je trouve que l’Etat n’a pas assez bougé pour les aider, c’étaient beaucoup de paroles pour peu d’actions. Le seul mot que j’aimerais dire, c’est merci d’avoir été si courageux. »

D’un côté, nous pouvons constater que les hôpitaux se disent accessibles et ils encouragent les patients avec un réel besoin à venir aux rendez-vous. Et de l’autre, nous voyons des patients qui se plaignent de ne pas avoir eu droit à leurs soins. Serait-ce un manque de communication qui a provoqué cette confusion et donc mis en péril l’accès aux soins de santé ?

Ce que l’on peut retenir, c’est que l’accessibilité au soin de santé a été compliquée, mais que le travail du personnel soignant a été admirable. Merci à eux.

Touil Zoubida

étudiante en première communication

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Santé et exilés, la Belgique plus que jamais concernée

En 2020, alors que la crise du Covid-19 est au centre de toutes les préoccupations, on en arriverait presque à en oublier une autre, qui a pourtant fait bien plus de victimes. C’est la crise migratoire. Alors qu’en Belgique l’accès aux soins de santé nous semble être une évidence, il n’en est pas de même pour les migrants. Ces-derniers sont souvent laissés pour compte. Mais dans le contexte actuel, « sans un système de soins de santé accessible à tous, l’épidémie va toujours rejaillir » selon Emmanuel André, épidémiologiste.  

 Selon un rapport publié par le Commissariat général aux réfugiés et aux apatrides (CGRA), le nombre de demandeurs d’asile frôle les 3000 par mois.  Alors que ce nombre ne cesse d’augmenter, les moyens mis en place par l’administration se sont eux retrouvés gelés suite à la crise sanitaire. Malheureusement, les plus vulnérables se trouvent au front de cette pandémie mondiale. Pour beaucoup de réfugiés, la proximité forcée, les normes d’hygiène difficiles à satisfaire et les espaces parfois insalubres qu’ils occupent ne leur permettent pas de se protéger de la même manière que le reste de la population. Peut-on parler d’égalité de traitement entre migrants et citoyens belges face au coronavirus ? C’est dans ce contexte particulier et plus que jamais que les personnes exilées doivent connaitre leurs droits. Mais qu’en est-il vraiment en matière de santé pour ce fragment de population bien souvent oublié ?

« L’immigration médicale représente 3% des immigrés en Europe »

« À peine 3% des personnes ayant émigré en Europe l’ont fait pour des raisons de santé », rapporte le rapport annuel de l’Observatoire européen de l’accès aux soins. En Belgique, aucune donnée exacte existe quant à la corrélation entre le nombre d’exils médicaux et le système de santé qui peut leur être fourni dans le pays. « Ce chiffre des 3% semble être réel et ce malgré le manque d’information dont nous disposons sur le terrain, je dirais que 1 personne sur 20 réclamera des soins de santé » explique Nathan Kellermann, assistant social ayant travaillé dans un centre accueillant les réfugiés.  Ces chiffres ne sont pas significatifs, il n’existe pas de réelle problématique quant aux nombre d’exilés cherchant à bénéficier du système de santé belge.

L’accès aux soins, un parcours du combattant

Bien qu’en théorie l’accès aux soins soit un droit mis en place et atteignable pour tous, la pratique, elle, reflète une toute autre réalité. En Belgique, les personnes en situation irrégulière peuvent avoir recours à « l’aide médicale d’urgence (AMU)». Dans ce cas-là, c’est le CPAS qui prendra en charge les coûts des différents soins de santé. Un réquisitoire sera fourni au patient, celui-ci servira de recouvrement de la part de l’organisme en question. Cette démarche semble être à la portée de tous et se veut donc égalitaire. Selon monsieur Kellermann, malheureusement peu de migrants vont réellement bénéficier de ce droit.

Rapport MSF sur les migrants et réfugiés à Bruxelles expliqué en 2 min

Pas le temps de lire notre rapport sur les réfugiés et migrants à Bruxelles ? Nous vous l'avons résumé en moins de 2 min. Plus d'excuses 😉N'hésitez pas à partager ! 🗣

Publiée par Médecins Sans Frontières (Belgique) sur Mercredi 20 février 2019

Des droits durs à faire valoir

« Parmi les obligations internationales envers les migrants qui ne sont pas remplies par l’État belge figure le devoir d’information » rapporte une analyse du CIRE (coordination et initiatives pour réfugiés et étrangers).

 Au Chauffoir, centre d’accueil de jour mis en place par le CPAS de Schaerbeek durant l’hiver, un assistant juridique passe deux fois par semaines afin de répondre aux questions des bénéficiaires. Dans l’exercice de leur mission, les assistants sociaux tentent tant bien que mal d’expliquer aux exilés l’importance de faire valoir leur droit à la santé.

Plusieurs barrières viennent enliser l’efficacité de ce système. La première est celle de la langue car les patients ont souvent une connaissance insuffisante du néerlandais ou du français. Ensuite, on peut citer le choc des cultures, qui représente un réel obstacle freinant le travail des soignants. Au-delà des difficultés linguistiques, différentes composantes culturelles expliquent un manque de compréhension de la part de chaque partie. La représentation de la santé ainsi que les modes d’expression ne sont pas les mêmes partout.

Arrive enfin une nouvelle problématique, beaucoup de migrants mettent leurs maladies et traumatismes de côté. On parlera ici de « syndrome congelé ». Ce phénomène est interpellant et ce d’autant plus dans le contexte actuel. Dans le cas du covid-19, ces personnes  sont bien souvent exposées à de plus gros risques que le reste de la population. S’ils ne réclament pas de soins de santé et ne sont pas pris en charge par l’État, la propagation du virus continuera. « J’ai été confronté à un migrant à qui l’on a diagnostiqué la tuberculose en Allemagne, et qui, arrivé en Belgique, n’a toujours pas fait le moindre test » témoigne Nathan Kellermann.

image numérique; Creative Commons Zero – CC0; image libre de droit

Des pistes d’action pour un avenir plus sain

« Theo Francken ne remplit pas sa tâche de secrétaire d’état à l’asile. Selon moi, tant que la politique Belge ne prendra pas une position et des mesures claires quant aux personnes en situation irrégulière, le problème de l’accès aux soins santé restera bafoué. » m’explique monsieur Kellermann. Étant donné les différents obstacles mentionnés ci-dessus, la Belgique a plus que jamais besoin de mesures fortes.

Premièrement, un renforcement en matière d’interculturalité  au sein du personnel soignant s’impose. L’apport de nouveaux intervenants, tels que des médiateurs culturels et des traducteurs, est urgent. Leur présence serait un facteur qui permettrait de diminuer les barrières entre les patients et le corps médical.

De plus, la procédure d’aide médicale d’urgence (AMU), n’est pas encore claire pour tout le monde. Ce manque de clarté dans son application conduit à une inégalité grandissante dans le soutien des réfugiés. Selon Nathan Kellermann, une personne sur vingt arrivera à faire valoir ses droits. La peur des procédures administratives est l’un des principaux freins. L’allégement et la facilitation de ces démarches, accompagné de l’aide d’interprètes, permettraient une prise en charge plus efficace.  

La crise que nous traversons nous rappelle que nous sommes tous vulnérables face aux maladies. La santé s’impose comme un idéal commun pour lequel la collectivité doit lutter. Connaître les migrants et leurs états de santé doit être une priorité dans un état de droit. N’est-ce pas le premier pas vers un système de santé efficient pour tous ?

Pour en savoir plus:

Santé des migrants et bonnes pratiques

MIGRATIONS, VULNÉRABILITÉS ET SANTÉ MENTALE

MIGRANTS EN TRANSIT EN BELGIQUE

Exil et santé mentale, un parcours du combattant

Ait Bensassi Safwane, étudiant en 1ère communication à l’ISFSC

La dépression : pression « du bonheur » et surconsommation

Chaque année, ce handicap invisible qu’est la dépression touche plus de 300 millions de personnes dans le monde et entraîne le décès de 800 000 patients dépressifs suite à un suicide.

Cette maladie très handicapante qui provoque crise d’angoisse, changement d’humeur, grande tristesse et qui peut parfois même amener à la mort, est aujourd’hui toujours un sujet difficile à aborder. Souvent assimilée à de la faiblesse, la dépression est aux antipodes de ce que la société peut attendre de nous : productivité, performance, réussite. Les individus souffrant de dépression restent alors le plus souvent dans le déni et pensent qu’il s’agit simplement d’une petite déprime passagère. Cependant, plus la maladie est prise en charge tôt et plus les chances de guérison sont rapides et le risque de récidive amoindrie. Même si les antidépresseurs sont le plus recommandés par les spécialistes de la santé, d’autres méthodes voient le jour.

Quand le diagnostic tombe…

De toutes les maladies mentales, la dépression est la plus fréquente. Elle toucherait 70% des femmes et 4 à 12% des hommes au cours de leur vie. Elle apparaît le plus souvent à l’âge adulte mais peut également toucher enfants et adolescents. Elle est aussi très fréquente chez les personnes âgées souvent isolées et souffrant d’autres maladies. Personne n’est à l’abri d’être un jour touché par la dépression, cependant certaines personnes peuvent être plus à risque.

Algorithme de diagnostic de la dépression. Baromètre santé 2017, Santé publique France

La dépression est le plus souvent une maladie chronique alimentée de périodes de récidive et de rémission. Un handicap difficile à gérer qui a des répercussions sur la vie des malades et qui entraînent l’apparition de différents symptômes tels que la perte de l’appétit, l’insomnie, l’irritabilité, la perte de plaisir…

Court métrage « Et toi ça va ? » réalisé par la Fondation Pierre Deniker

Faut-il la traiter ? Oui, et rapidement ! Certains dépressifs sont dans le déni ou pensent que la dépression se règlera d’elle-même. C’est faux. Il est primordial de commencer le plus rapidement possible un traitement. Mais comment traiter la dépression ? Les experts des maladies mentales recommandent le plus souvent un traitement médicamenteux à prendre pendant plusieurs semaines. En moyenne un traitement d’antidépresseurs dure neuf à douze mois. 2 patients sur 3 devront essayer plusieurs antidépresseurs avant de trouver celui adapté. Des thérapies comportementales peuvent également accompagner la prise de médicaments.

Chiffres provenant de l’Inserm sur la dépression

En parler à son entourage : une étape difficile mais essentielle

Les personnes atteintes de dépression ont du mal à en parler à leurs proches et à rencontrer des professionnels du sujet. Être atteint de dépression est encore un sujet tabou et souvent mal compris ou minimisé par les familles. Elle est souvent associée à un « coup de mou » ou une « faiblesse » et pourtant c’est bien plus que ça. La dépression est un réel handicap.

Marie-Laurence de Bellefroid, psychothérapeute nous dit : « Il y a ce tabou qui est lié à la productivité et à la « pression du bonheur ». On vit dans une société où il est mal vu de ne pas être actif, hyper actif. On est dans l’action, dans le faire, il y a toujours des questions sur « quelles sont tes ambitions », « à quoi es-tu occupé ». Même quand on ne fait rien on fait semblant d’être occupé. Et puis il faut toujours avoir l’air heureux, quand on est à une fête il faut sourire, quand on est au boulot on met son masque du boulot. Il faut toujours être au top, peu importe la génération. »

Elle nous dit également que les troubles mentaux n’ont pas une localisation spécifique, il n’y a pas de lésions, telles que nous pouvons l’observer dans le cas de cancers. Donc c’est une maladie qui semble moins légitime.

La dépression touche deux fois plus les femmes que les hommes. Mais ces chiffres sont difficiles à prendre en compte étant donné que le diagnostic de la maladie se fait deux fois moins chez les hommes que chez les femmes. Et pourtant le taux de suicide est lui trois fois plus élevé chez les hommes. Il existe un stéréotype qui reste aujourd’hui alimenté soutenant l’idée que les femmes sont plus concernées.

« Une des explications à ce taux de suicide plus élevé chez les hommes est qu’ils ont des stratégies de passage à l’acte qui sont souvent beaucoup plus létales, donc plus efficaces, il y a donc peut être la même quantité d’hommes et de femmes qui essaient de se suicider mais les hommes réussissent plus facilement. » nous explique Marie-Laurence de Bellefroid.

Lors de notre interview elle rajoute que les hommes sont élevés dans l’action et pas le verbal, ils ont beaucoup moins de facilité à parler et donc vivent leurs souffrances en silence. L’homme est celui qui doit protéger sa famille, qui doit être le soutien économique, celui qui doit être courageux. Les hommes consultent beaucoup moins, ils ne consultent pas pour des symptômes qui pourraient les rabaisser dans cette idée de virilité, et donc les hommes vont souvent se rediriger vers la consommation de substances, d’alcool, de drogues…

« On aura tendance à croire que monsieur est alcoolique et pas qu’il est dépressif » – Marie-Laurence de Bellefroid

Court métrage « Genre et santé, attention aux clichés ! » Dépression – animation pédagogique. Inserm

Une surconsommation de médicaments

Graphique de dose quotidienne d’antidépresseurs pour 1000 habitants dans une sélection de pays. OCDE/statista.com

Selon les chiffres de la Santé Publique de Belgique et de l’OCDE, la prescription d’antidépresseurs a presque doublé en Belgique ces dernières années. 80 millions de comprimés en plus ont été consommés cette dernière décennie. Cela signifie qu’un Belge sur neuf prendrait des antidépresseurs.

Même si la prise d’antidépresseurs est la solution la plus conseillée par les professionnels de la santé, cette consommation de médicaments n’est pas sans danger. De plus en plus de personnes développent une forme de dépendance vis-à-vis des antidépresseurs. Ce phénomène serait davantage présent chez les seniors. Et ce n’est pas sans conséquences puisqu’ils auraient des effets directs sur les capacités cognitives.

Marie-Laurence nous explique : « Les médicaments psychopharmacologiques comme tous les autres médicaments ont des effets bénéfiques et des effets adverses. Pour les médicaments de la santé psychiatrique, tous ne fonctionnent pas de la même façon chez tout le monde. Il faut connaître le médicament pour ne pas mettre en danger la personne. C’est un peu une balance, les effets négatifs, les effets adverses et les effets positifs, il faut les évaluer en fonction de la situation de la personne. Quel est le taux de souffrance de la personne ? Quels sont ses besoins ? Son niveau de fonctionnalité ? Il faut toujours évaluer le contexte pour voir si donner des médicaments est une bonne décision pour cette personne ou pas.
On sait aussi que plus la personne est âgée, moins ils fonctionnent et plus longtemps on les prend, moins ils fonctionnent aussi ».

De plus, selon Solidaris, plus de 80% des antidépresseurs sont prescrits par un médecin généraliste et non un psychiatre. Alors que ces médicaments ne devraient être prescrits que dans des formes graves de dépression, d’autres alternatives sont recommandées pour des formes moins graves comme la psychothérapie mais est moins accessible financièrement.

« Les médecins généralistes n’ont pas été formés en santé mentale, ils ne sont pas spécialistes, donc aller chez le médecin généraliste pour avoir une prescription d’antidépresseurs et rentrer chez soi et revenir le mois prochain pour une nouvelle prescription, est je pense, une pensée un peu magique et simpliste du vrai problème. Les médicaments en santé mentale sont utiles pour traiter les symptômes mais ils ne guérissent pas la cause du problème, les racines. », Marie-Laurence, psychothérapeute.

Mais elle rajoute que la tâche des médecins généralistes est fort compliquée, parce que c’est eux qui doivent convaincre les patients d’aller consulter le personnel adéquat et c’est sur leurs craintes et leurs tabous qu’ils doivent travailler et non pas sur leur symptômes de dépression. C’est parfois également de la bienveillance du médecin qui ne sait pas comment traiter le patient d’une autre façon ou qui sait que son patient n’ira jamais voir un psy ou ira voir un autre médecin jusqu’à ce qu’il en trouve un qui accepte de lui prescrire. C’est donc aux spécialistes de la santé mentale d’être en contact avec les médecins et de les aider, leur expliquer et créer un réseau pour la bonne orientation des patients.

Ce nombre impressionnant de prescriptions d’antidépresseurs par les médecins généralistes s’explique également par le fait qu’il n’existe aujourd’hui pas de normes, pas de législation concernant cette prescription. Et pourtant, dans d’autres pays, si un patient arrive à la pharmacie avec une prescription d’antipsychotique par un médecin généraliste, le pharmacien ne lui donnera pas le médicament. « C’est compliqué parce que les médecins généralistes ont le droit, c’est à eux de se rendre compte qu’ils n’ont pas été formés à ça et devrait référer les patients à des spécialistes » affirme notre psychothérapeute.

Et les autres solutions : les « antidépresseurs » de demain

Une technique de méditation appelée « thérapie cognitive de pleine conscience » aussi appelée « Mindfulness » pourrait aider les personnes atteintes de dépression, et notamment prévenir les rechutes. Si le traitement classique passe par la prise d’antidépresseurs de plus en plus d’individus recherchent des méthodes alternatives aux médicaments. Spécialiste de cette pratique Marie-Laurence nous explique en quoi elle consiste :
« Le Mindfulness se focalise sur le présent, sur le ici et maintenant et pendant ces temps de pratique ont diminue les ruminations sur le passé parce que la dépression se base sur le passé. (…) Le Mindfulness cherche aussi à se détacher de cette idée que les pensées et les émotions sont des vérités. On devient plutôt témoin de ces pensées qui sont intrusives, de ce que l’on ressent et n’est pas impliqué dedans avec la même intensité. Dans la dépression on a tendance à ruminer sur nos pensées négatives et croire que c’est la vérité mais toutes les autres pensées qui peuvent être plus positives on ne les regardes pas. »

Même si de nouvelles méthodes de soins sont choisies par de plus en plus de personnes, les antidépresseurs ne vont pas disparaître parce que derrière les médicaments il y des laboratoires et donc des enjeux économiques énormes. Mais ces thérapies prennent de la place et la baisse de confiance en la médecine occidentale obligent les professionnels de santé à prendre en compte ces orientations plus naturelles. « Je pense que ça va devenir plus un complément, une transition d’accompagnement. Les seules personnes qui doivent évaluer ce qui marche et ne marche pas sont les patients. Le traitement ne doit pas être imposé mais doit être choisi » conclue Marie-Laurence.

Ce qui est sûr, c’est qu’encore aujourd’hui, la dépression n’est pas un sujet dont on parle aisément. On parle beaucoup de chiffres dans la santé publique, mais on ne fait pas assez de prévention au travail et dans les écoles, c’est là qu’il y a un travail à faire.

POUR EN SAVOIR PLUS :
Dépression : mieux la comprendre pour la guérir durablement
Mieux comprendre la dépression
Qu’est-ce que la « Pleine Conscience » ou « Mindfulness » ?

Julie Sebes, 21 ans. Étudiante en Bachelier Communication à l’ISFSC. S’intéresse à différents sujets culturels, politiques, sociales et aime mettre en avant des sujets dont on ne parle pas assez.

Le système de soins de santé Belge sur la sellette.

Pourquoi est-il sur la sellette ? Pour l’instant le système de soins de santé en Belgique est au top à plusieurs niveaux mais qu’en sera-t-il d’ici vingt ans, sera-t-il toujours aussi performant qu’aujourd’hui ?

https://pixnio.com/fr/science-fr/la-science-medicale/stethoscope-instrument-hopital-medecine-soins-de-sante-sante-dispositif-clinique

Belgique; société solidaire

En Belgique nous avons la chance de vivre dans une société qui se dit solidaire, cela grâce a un système mis en place en 1860. C’est pendant la révolution industrielle que l’ancêtre de nos mutuelles a été créé. Durant cette époque les ouvriers devaient faire face à de nouveaux risques sur leur lieu de travail, ils ont donc créé une caisse commune pour se protéger. Trente ans plus tard, en 1891, l’Etat va subsidier ces sociétés d’assistance mutuelle à condition que celles-ci se rattachent à l’un des différents partis politique existant à l’époque. De là, diverses assurances verront le jour.

Celle qui nous intéresse ici est l’assurance soins de santé.  Elle est géré par l’INAMI (Institut National Assurances Maladies Invalidités). Cet organisme s’occupe de la cotisation liée aux soins de santé. L’assurance soins de santé est obligatoire depuis 1944 et elle coûte environ 10€ par mois en fonction de la mutuelle à laquelle l’on est affilié.

Mais donc qui y a droit à cette assurance et à quoi cela nous sert ?

Tout le monde peut bénéficier d’une assurance soins de santé, il suffit d’être affilié à une mutuelle.  Cela donne droit à une prise en charge, en tout ou en partie par notre assurance, du coût de nombreuses prestations de santé de base. Par exemple ; des soins médicaux primaires, des soins hospitalier, des soins de santé paramédicaux ( kinésithérapie, ergothérapie, logopédie,..), des médicaments, de la revalidation, …

Cette « aide » permets d’avoir accès à des soins de santé de qualités sans avoir pour autant à dépenser des fortunes, comme nous l’a expliqué le Dr Pierre Mols cardiologue à Uccle lors de son interview.  « j’ai eu à faire à un patient ayant besoin de soins vitaux mais qui sont extrêmement coûteux, chaque dose de ce médicament coûtait près de 6900€, il a eu ce traitement durant 10 jours ». Grâce à sa mutuelle ce patient n’a pas dû payer un seul euro. « il se serait trouvé dans un autre pays, tel que les États-Unis, s’il n’avait pas eu la chance de bénéficier d’une super assurance, il se serait malheureusement retrouvé au cimetière par faute de moyens ».

Les lois sociales sont un des points forts de la politique de santé en belgique.

Notre système est également très performants en matière de la prise de rendez-vous. Chez nous les rendez-vous s’obtiennent dans un laps de temps assez court ,d’autres pays tel que l’Irlande ou bien même le Royaume-Uni ne peuvent pas en dire autant.

La société Health Powerhouse réalise chaque année, depuis 2005, un classement des pays en fonction de leur système de soins de santé, dans son dernier rapport la Belgique est classé 5ème sur 35, l’un de nos atouts est l’accès aux soins de santé où nous sommes classé 2ème.

Ce tableau, réalisé par la société Health Powerhouse, regroupe les pays faisant partie de l’Europe et les compare sur leur accessibilité aux soins de santé.

Le seul paramètre sur lequel nous devons encore fournir des efforts d’après ce rapport est celui du temps d’attente pour un rendez-vous en psychiatrie pédiatrique. Lorsque l’on compare nos résultats avec par exemple ceux de l’Irlande, qui eux, sont dans le rouge a tous les niveaux, on constate que l’on ne pas si mal lotis en Belgique.

Cet accès aux soins de santé coûte-il trop cher à l’Etat ?

Depuis que l’assurance soins de santé est devenue obligatoire (1944), la santé coûte de plus en plus cher à l’Etat car il y a de plus en plus de personnes affiliées aux mutuelles et ils sont plus à devoir être remboursé. Malgré cela le Dr Mols nous répond que non cela ne coûte pas trop cher à l’Etat de nous permettre un bon accès aux soins de santé.  « Il vaut mieux se soigner régulièrement qu’attendre que le mal s’amplifie » confie le cardiologue. Mais Pierre Mols constate qu’on vit une médecine qui est de plus en plus duelle, la société est de plus en plus duelle, de plus en plus de personnes prennent des assurances privées. On fait donc face à un problème dû au clivage entre le privé et le public où l’on risque de perdre ce système de soins de base mais de qualité.

Aujourd’hui n’importe qui en Belgique peut avoir accès aux soins de santé et ça dès lors qu’il peut démontrer qu’il possède la nationalité belge et qu’il est inscrit dans une commune. « même une personne sans abris y a droit », relève le Dr Mols, « il faut souvent les prendre par la main et leur montrer qu’ils y ont droit ». Cela fonctionne grâce au système solidaire de nos lois sociales, ce sont les travailleurs qui cotisent pour ceux qui ne travaillent pas ou plus ( chômeur, pensionnés, …). Mais cela pourrait bel et bien changer si la dualisation de notre société s’intensifie.

Le vieillissement de la population

Avec ce principe de cotisation vient un autre problème pour le futur et surtout celui des jeunes générations. La Belgique connais un vieillissement de la population, ce qui implique qu’il y aura plus de personnes qui ne travailleront plus par rapport à celle qui travailleront. Cela entraînera une baisse des cotisations ce qui signifie entre autre ; moins de remboursements, des pensions plus faible et par conséquent des personnes âgées qui auront moins d’argent à consacrer à leur santé. La hausse de l’âge de la retraite, soit des personnes qui vont devoir travailler plus longtemps, ce qui va occasionner une plus grande fatigue du corps. Et encore bien d’autres impacts sur notre société future

Sauf que, oui en effet nous vivons plus longtemps mais pas forcément en bonne santé, cela veut dire que nous aurons besoin de plus de soins de santé, mais qui dit soins de santé dit remboursement d’après nos lois. Si ce n’est que là les caisses de cotisations ne seront plus aussi remplie qu’aujourd’hui .

En effet un bon accès aux soins de santé ne coûte sans doute pas trop cher à l’Etat de nos jours, mais qu’en sera-t-il d’ici quelques années lorsque les impacts de ce vieillissement de population se feront ressentir ?

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Les hommes ont-ils des difficultés d’accès aux soins de santé ?

4K, CC0, domaine public, libre de droits 1 les étapes de la santé

De nos jours, accéder aux soins est une source d’angoisse. La plus grande difficulté rencontrée est les moyens financiers d’autant plus que la plupart des patients passent dans les mailles du filet.

En Belgique, environ 35 % de la population déclare avoir renoncé à des soins de santé pour des raisons financières. Parmi les frais de santé les moins bien pris en charge par l’Assurance maladie, les soins dentaires ou encore l’achat de lunettes arrivent en première place.

Est-il difficile pour une personne d’obtenir un accès aux soins de santé en Belgique ?

« Je pense que de nos jours, il est difficile d’obtenir un soin de santé. Pourquoi ? Faut savoir qu’en Belgique l’accès aux soins de santé est lié à deux conditions : le statut administratif donc être inscrit au registre national et le domicile (avoir une adresse de référence). Malgré les nombreuses mesures prises, il existe encore un certain nombre de personnes qui n’accèdent pas aux soins de santé. Et souvent les personnes n’arrivent pas toujours à réunir ces deux conditions. Comme par exemple : les personnes qui ne sont pas en ordre de séjour, les demandeurs d’asile etc. Et puis il y a aussi les personnes qui réunissent les deux conditions, mais qui n’ont pas les moyens de se soigner. Donc obligé de se tourne vers des maisons sociales. » (Auteur anonyme).

Fréquence et motifs des refus des soins.

Un médecin m’a révélé part son expérience, le refus des soins sont très exceptionnel. La majorité du temps il concerne les actes diagnostiques et thérapeutiques, en raison des traitements ou risque de complication.

Les premières contraintes que rencontrent une personne face à l’accès aux soins de santé.

« Il n’est pas rare que le patient rencontre des contraintes de se faire soigner, ce qui peut sérieusement bouleverser la relation entre patient et médecin. Les causes de ces contraintes sont multiples et parmi celles-ci on retrouve notamment :

Un mauvais apriori à l’égard des médecins, et, plus largement, du système de santé

Le coût qui restera à charge

La peur (du diagnostic, de la douleur, des complications…) ; »

Une expérience d’un refus de soins.

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Le médecin interviewé m’a donnée un exemple d’un patient souffrant régulièrement de maux de ventre et de douleur abdominale. Il  avait refusé à plusieurs reprises de subir des coloscopies pourtant conseillés par divers gastro-entérologue. Les raisons évoquées étaient la peur et les risques de coûts financiers élevés de cette opération. Le médecin lui a proposé un examen en lui expliquant les aides financières existant pour ce type d’opération et qui pourrait donc l’aider du côté financier. Le patient a donc accepté et l’examen a mis en évidence une tumeur du colon sigmoïde malheureusement déjà avancé avec une évolution défavorable. Le faite d’avoir refusé à plusieurs reprises de se faire soigner, a empêché de trouver la tumeur et de la traiter rapidement.

Le système de santé belge est considéré comme l’un des meilleurs au monde. Il prend en charge de nombreux frais. Mais tout le monde n’a pas accès aux mêmes soins.

Le gouvernement l’acteur principal de l’accès financier aux soins

« Faut savoir que le système financier de la sante en Belgique est basé d’une chose sur la taxation directe progressive, d’une deuxième choses les cotisations proportionnelles de sécurité sociale liées aux revenus et le financement supplémentaire lié à la consommation de biens et de services (taxe sur la valeur ajoutée) TVA »

Trop chers chez le dentiste

Les prix d’une consultation chez un médecin :  

Certains médecins font payer les consultations plus chères que les tarifs fixés par la loi, cela s’appelle des « dépassements d’honoraires ». Par exemple, le prix de base d’une consultation chez un médecin en Belgique est de 23 €. L’assurance maladie la rembourse à hauteur de 70 %, soit 16 €. Certains médecins ont des tarifs qui dépassent les sommes remboursées. Tout le monde ne peut pas se permettre de payer un tel montant.

Malheureusement, être bien soigné reste en grande partie une question d’argent dans notre pays car l’Assurance maladie ne rembourse pas tous les frais médicaux. Il est possible de souscrire à une « mutuelle » ou à une « assurance complémentaire santé » qui finance une partie des frais non pris en charge (qu’il prend juste une petite partir des soins). Il reste encore des personnes qui n’ont pas les moyens de se payer une « bonne » mutuelle, qui rembourse bien les soins.

Quelle est la différence entre médecin conventionné, non conventionné ?

Le médecin conventionné est celui qui pratique les honoraires prévus par la convention. Dans ce cas, vous ne payez alors que ce qu’on appelle le ticket modérateur, c’est-à-dire la différence entre le montant remboursé par la mutualité et les honoraires fixés par la convention.

Le médecin non conventionné est libre de pratiquer les prix qu’il souhaite. Il peut donc réclamer des suppléments au-delà des tarifs fixés par cette convention. On appelle cela les suppléments d’honoraires. Ceux-ci ne sont jamais remboursés par la mutualité.

Certains médecins refusent de soigner :

Même si c’est illégal, certains professionnels de la santé refusent de soigner les patients modestes. Des études ont montré que ceux qui bénéficient de « l’aide sociale » subissent des discriminations de la part des médecins, surtout des spécialistes, qui refusent de les recevoir. Pour eux, c’est aux hôpitaux publics de se charger d’eux.

lInstitut national de la statistique et des études économique,INSEE, en sigle, a publié une étude française qui révélait que plus on est aisé, plus l’espérance de vie est élevée.

 Cette étude démontre que l’espérance de vie à la naissance des hommes riches est de 84,4 ans ; cependant, elle est de 71,7 ans pour 5 % des plus pauvres, soit 13 ans d’écart. Chez les femmes, cet écart est plus faible : 8 ans séparent les plus aisées des plus pauvres aux femmes riches.

Alors que notre système de santé est réputé pour être l’un des plus égalitaires au monde, de plus en plus d’européen déclarent avoir renoncé à des soins médicaux pour des raisons financières.

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Des médicaments trop coûteuse ?

L’augmentation du prix de certains médicaments… La santé serait-elle devenue un luxe ?

Des familles belges considèrent le prix des médicaments comme une charge moyenne ou lourde.

Sylvie Duquenoy journaliste a la RTBF a déclaré à la radio RTBF ‘’ Aujourd’hui, nous en sommes surtout aux nouveaux traitements dont la moyenne est autour de 40 000€, mais cela peut aller jusqu’à 100 000€ par an. A l’heure actuelle, les firmes ne se basent plus du tout sur le coût de la recherche ou sur le coût de production du médicament. Pour proposer leurs prix, elles se basent sur une donnée économique. En effet, des économistes ont calculé la valeur d’une année de vie. Et une année de vie en bonne santé vaut 40 000€. Cela a un prix... ‘’

Qu’est-ce que l’assurance maladie, quel est l’intérêt d’avoir une mutuelle ?

La mutuelle santé, également appelée complémentaire santé, est un contrat d’assurance intervenant en complément ou supplément de l’Assurance maladie afin de diminuer le reste à charge de l’assuré (ticket modérateur, dépassements d’honoraires, frais dentaires et d’optique, etc.).

Est-il devenue une mauvaise idée de prendre une mutuelle ?

Les complémentaires santé coûtent de plus en plus cher

Une enquête de  » l’UFC-Que Choisir » révèle que les tarifs des mutuelles n’ont cessé d’augmenter depuis plus de dix ans. La cotisation moyenne à une complémentaire santé s’élève en 2017 à 688 € par an, soit 47 % de plus qu’en 2006. Les cotisations complémentaires ont ainsi progressé trois fois plus vite que l’inflation sur la dernière décennie.

Les assurances offrent une protection sociale dans 2 domaines :

 • Elle intervient financièrement dans les frais médicaux des assurés pour une vaste gamme de prestations : prestations médicales, médicaments, séjour en hôpital ect..  

• Elle garantit un revenu en cas de perte de salaire à la suite d’une incapacité de travail atteignant un degré suffisant.

En conclusion : « Toute personne a droit à un niveau de vie suffisant pour assurer sa santé, son bien-être et ceux de sa famille, notamment pour l’alimentation, l’habillement, le logement, les soins médicaux », nous dit la Déclaration universelle des droits de l’homme adoptée par l’Assemblée générale des Nations Unies.

Tu te demandes comment bénéficier d’une bonne assurance santé ou tu te demandes « C’est quoi une bonne mutuelle ?  » ou  » Quel est l’intérêt d’avoir une mutuelle ?  » n’hésite pas à te renseigner en cliquent sur les liens proposer.

Changer de sexe en Belgique : un parcours semé d’embûches.

Drapeau de la fierté transgenre, dessiné par Monica Helms. Pixabay License. Libre pour usage commercial. Pas d’attribution requise.

Les transgenres rencontrent encore de nombreuses difficultés pour changer de sexe et pour faire reconnaître officiellement leur identité. Personnel médical incompétent, soins de santé trop chers, discrimination…

D’après une étude de l’institut pour l’égalité des femmes et des hommes de 2009 près d’un transgenres sur quatre est réticent à se faire soigner. Il apparaît que les personnes transgenres ont difficilement accès à des soins réguliers ou qu’ils ont vécu des expériences négatives en la matière : un médecin généraliste qui refuse un patient , une hospitalisation dans le mauvais service, etc.

Souvent, le personnel médical n’est pas compétent et pas très coopératif pour aider un patient transgenre. Dans 60% des cas, le médecin n’a pas su ou n’a pas voulu donner d’informations aux personnes transgenres pour leurs problèmes spécifiques. De plus, elles subissent des remarques intrusives et des comportements déplacés dès leur arrivée à l’accueil des hôpitaux.  Elles sont obligées de présenter leur carte d’identité, ce qui cause des situations gênantes et qui entraîne parfois un refus de consultation car le sexe sur les cartes d’identité n’est pas encore mis à jour.

Des coûts et un temps d’attente trop long

Le prix élevé des soins (consultations, hormones, interventions chirurgicales, épilation) et le manque de précision par rapport à leur remboursement par les assureurs et l’Institut national d’assurance maladie-invalidité (INAMI) constitue un autre problème pour les personnes transgenres qui sont à la recherche d’une aide psycho médicale. La pression financière peut être très élevée pour certains. Il faut compter environs plus de 15 000 €  pour une vaginoplastie et pour une augmentation mammaire, car la caisse d’assurance maladie ne rembourse que 80% des frais d’hospitalisation réels. Les délais d’attente sont parfois très longs pour un rendez-vous. Il faut attendre entre 2 et 8 mois pour obtenir un rendez-vous avec un médecin spécialisé et les listes d’attente pour une vaginoplastie ne cessent de s’allonger.

Avant n’importe quelle opération, il faut avoir au préalable suivi un traitement hormonal d’un an au minimum. Une prise quotidienne de progestérone et d’œstrogène est nécessaire, ainsi que des d’anti androgènes tel que l’Androcur qui vont stopper la sécrétion de testostérone. « De toutes les hormones que l’endocrinologue m’a prescrites l’Androcur est la plus chère car elle n’est pas remboursée, explique Ambre Mirzakekiantz, jeune femme transgenre de 20 ans. Tous les mois je dois payer une boîte à 35€, ce qui s’accumule à tous mes autres frais médicaux. »

Ambre Mirzakekiantz, jeune femme transgenre de 20 ans.
© El Ouamari Fayçal 2019

De lourdes démarches administratives

Contrairement à nos homologues Français, depuis le 1er janvier 2018 les personnes transgenres en Belgique pourront faire modifier officiellement leur enregistrement du sexe et leur prénom sans conditions médicales. C’est au travers d’une procédure administrative auprès du fonctionnaire de l’état civil qu’ils pourront changer de sexe sur leurs documents administratifs. Effectivement, jusqu’en 2007, il fallait se présenter devant un magistrat pour pouvoir changer de sexe, la procédure exigeait une intervention chirurgicale et un certificat médical attestant que la personne en question était sous suivi psychologique.

Malgré cette loi, les démarches administratives restent compliquées car le demandeur doit faire une déclaration qui prouve sa volonté de modifier son sexe et son prénom, ce qui le pousse à se justifier une nouvelle fois… « Ce fut pénible et long pour tout changer, surtout pour tout ce qui concerne la mutuelle. J’ai l’impression que toute cette paperasse ne finira jamais sutout que je suis encore domiciliée et attachée à la mutuelle de mes parents », raconte Ambre la jeune bruxelloise.

Discrimination et harcèlement 

Les trans subissent davantage le rejet et l’exclusion dû au manque d’acceptation de la société. Ils et elles sont par ailleurs plus susceptibles d’être exposé.e.s à la discrimination, au harcèlement ou à des formes de violence transphobe car leur apparence et leur comportement ne respectent pas les rôles de genre associés traditionnellement au sexe qui leur a été attribué à la naissance. Ambre, qui a subi de nombreuses formes de discriminations et de harcèlement, s’est fait frapper à la sortie d’une boîte de nuit de la capitale et s’est même vue refuser un job car elle ne rentrait pas dans les critères conventionnels.

« Il était 3h du matin, mes copines étaient encore dans la boîte de nuit, je fumais ma clope à même pas 10 mètres du Bloody Louis en attendant mon Uber. Tout d’un coup un groupe de 3 gars est venu devant moi. Ils m’ont fait des avances que j’ai refusées, lorsqu’ils se sont aperçus que j’étais trans ils se sont moqués de moi, m’ont craché au visage et m’ont bousculé violement. Sur le moment, j’étais sous le choc car c’était la première fois que cela m’arrivait, j’ai directement appelé les secours… »

Agression transphobe sur une jeune femme à Paris
le 2 avril 2019.

D’après une étude belge, “Être transgenre en Belgique” menée auprès de 244 personnes transgenres, les pensées suicidaires et les tentatives de passage à l’acte sont très fréquentes, indépendamment du fait que ces personnes vivent ou non selon l’identité de genre souhaitée. Les personnes trans ont jusqu’à 10 fois plus de risque de passer à l’acte que leurs pairs cisgenres. 62% ont déjà eu des pensées suicidaires et 22% ont déjà fait au moins une tentative de suicide. Des chiffres alarmants qui tirent la sonnette d’alarme…

Ambre anciennement « Sacha » m’explique qu’elle aussi a déjà pensé à passer à l’acte dans les moments difficiles. « Certes, j’y ai pensé mais je ne le ferai jamais, ce n’est certainement pas en se suicidant que les choses vont évoluer. Je pense plutôt que c’est avec la prévention dès le plus jeune  âge dans les écoles qu’on sauve des vies. »

Parler, sensibiliser et visibiliser

Plusieurs campagnes de lutte contre l’homophobie et la transphobie ont été réalisées par l’Institut pour l’Egalité des femmes et des hommes, en collaboration avec le Centre interfédéral pour l’égalité des chances et la Fédération Wallonie-Bruxelles. Des campagnes destinées aux jeunes et aux professionnels qui les encadrent, cette campagne a été réalisée en 2016 et a pour objectif de déconstruire les mythes et stéréotypes liés à l’homosexualité et aux transidentités.

Ambre garde espoir…

« Je suis consciente de la chance que j’ai d’être dans un pays progressiste comme la Belgique qui milite en faveurs des droits LGTBQ+, me confie Ambre. Aujourd’hui je n’ai plus peur, je me trouve belle et courageuse. Toutes ses épreuves de la vie m’ont fait comprendre qui je suis réellement et je suis plus que jamais motivée à faire valoir mes droits et ceux de ma communauté. Même si le chemin vers ma transformation reste difficile, j’essaie de voir le côté positif des choses, c’est mon petit secret… »

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Le Gouvernement face à l’overdose de pénurie

Image: Auteur inconnu via Pexels

On compte 633 conditionnements de médicaments qui manquent depuis le 3 décembre dernier selon l’AFMPS (Agence Fédérale des Médicaments et des Produits de Santé). La pénurie, cette gangrène qui ronge la Belgique depuis plus de 4 ans maintenant ne cesse d’augmenter. Que fait le gouvernement face à cette situation ?

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Au Parlement Fédéral, on tente de résorber la pénurie, en proposant un système d’amende allant jusqu’à 100 000 euros pour certaines firmes.
Image: dimitrisvetsikas1969 via Pixabay CC

Avant toute chose, gardons à l’esprit, que cette pénurie de médicaments concerne majoritairement les conditionnements de médicaments. Les médicaments ne sont donc pas tous différents, certains peuvent être substitués par un produit comportant le même type de molécules mais portant un autre nom (ex: les médicaments sous formes génériques), il est aussi possible de retrouver exactement le même produit mais sous un autre dosage. 


Le 28 août 2019, Kathleen Depoorter, pharmacienne de métier et député à la NV-A propose une loi obligeant le signalement des médicaments manquants ainsi que le motif de ce manque. Cette loi augmente le prix des amendes qui sanctionne le non-respect du signalement, on parle d’un passage de 1000 à 100 000 euros d’amende pour les firmes. Une suspension des exportations de médicaments étant régulièrement indisponibles a également été évoquée. La proposition de loi de madame Depoorter a permis de réétudier la responsabilité des grossistes-répartiteurs qui sont les grossistes des médicaments, faisant office d’intermédiaire entre les pharmacies et les laboratoires pharmaceutiques. On contraint donc ces grossistes à livrer dans les 24 heures sous peine d’amende. Le but d’une telle sévérité envers les firmes et grossistes? Favoriser notre marché et minimiser le problème de pénurie en Belgique. Proposition de loi qui  quelques mois plus tard ( le 6 novembre 2019), est annulée suite à une discussion de R.De Caluwe (Open Vld), N.Farih (CD&V) et K.Depoorter elle-même, via amendement.

Toujours concernant les grossistes répartiteurs belges, ceux-ci devraient avoir le privilège de l’approvisionnement prioritaire par les firmes déjà présentes en Belgique, tout en étant limités au niveau de la délivrance qui se fera à d’autres grossistes répartiteurs à l’étranger, des hôpitaux ou pharmacies. Les députés, Dirk Janssens de l’Open Vld, Nathalie Muylle du CD & V et Damien Thiéry du MR sont les dépositaires de cette proposition.

La pénurie a engendré un autre problème au point de vue légal, le droit à la substitution des pharmaciens. En effet, les pharmaciens doivent, parfois malgré eux, proposer aux patients des médicaments équivalants à ceux prescrits par le médecin. Le hic, seul les médecins ont ce droit, jusque peut-être l’obtention du “Droit à la substitution” qui devrait être proposé d’ici quelques semaines.

La propagation 

Entre octobre et décembre de cette année, l’indisponibilité est passée de 573 à 633 conditionnements de médicaments manquants. Il est bon de savoir que le gouvernement tente de prendre les choses en mains, mais comprendre la propagation de ce dysfonctionnement en est une autre. 

Il y a différentes raisons à l’indisponibilité d’un médicament ( ou dans d’autres cas, son conditionnement). Celui-ci peut avoir été supprimé ou tout simplement en rupture de stock. Pour qu’un médicament soit supprimé du marché belge, il doit enfreindre des règles établies par l’OMS (l’Organisation Mondiale de la Santé), on y retrouve entres autres le respect des normes de qualité, de innocuités (il faut que le médicament ne soit pas toxique) et d’efficacité.

Ces quelques mots peuvent paraître rassurants, néanmoins des risques restent à prendre en compte, l’AFMPS n’écarte pas le possible problème de confusion venant du patient à cause du dosage qui peut différer et il ne faut pas non plus écarter la perte de temps considérable à laquelle sont également soumis les pharmaciens. On parle de 5 à 6 heures où le pharmacien se débrouille pour trouver une alternative au patient quand il y en a une. Mais la procédure n’est pas si aisée, car ne l’oublions pas, jusqu’à l’application du droit de substitution des pharmaciens, celui -ci n’avait légalement pas l’autorisation de fournir un équivalent au client.

Certains professionnels de la santé redoutent, entre autres, une perte de confiance envers les pharmacies. N’étant pas toujours informé de la raison de cette pénurie, le patient se dirige chez son pharmacien avec une ordonnance de son médecin, il s’attend donc à pouvoir recevoir ses traitements. Manque de chance, aucun équivalent n’est disponible. Il ressort bredouille pour revenir 3 jours plus tard (délais d’attente moyen pour la commande d’un médicament).  

A qui la faute?

Néanmoins, rappelons-nous que le manquement auquel la Belgique fait face aujourd’hui, n’est pas majoritairement dû à un non respect des normes. Il est vrai que des cas d’incendies de firmes, ou de manque au niveau des matières premières sont soulignés. Dans le livre Economie du médicament, Nathalie Coutinet, économiste à l’université de Paris XIII , met en avant un désir de rentabilité des firmes pharmaceutiques. Ces firmes qui ne cessent de s’adonner à un phénomène de délocalisation, pour bénéficier d’une main-d’oeuvre à moindre coût . Ce système est d’abord pratiqué pour mieux répondre à l’augmentation de la demande mondiale en produits médicamenteux. Les esprits économistes plaideront un mécanisme naturel, mais celui-ci devient problématique lorsque les pays d’origines de ces firmes sont délaissés , et favorise des pays étrangers à plus forte demande.

 Raison autre, une demande de certains produits tout simplement pas suffisant aux yeux des firmes pharmaceutiques, donc plus ou trop peu produit.  C’est ainsi que malheureusement, des médicaments indispensables tels que Paclitaxel, utilisé en grande partie dans le traitement du cancer du sein, s’est retrouvé en rupture de stock en novembre dernier, c’est via une dérogation que le médicament a pu être importé de l’étranger 2 jours plus tard, avec un surcoût que les patients n’ont pas eu à connaître. Ainsi que le Clamoxyl antibiotique sous sa forme injectable qui traite les infections pulmonaires et entres autres urinaires mais également utilisé par les patients atteints de la maladie de Lyme et d’endocardite bactérienne.

Les maux de la fin?

Une fin à cette pénurie est-elle possible? Monsieur WARMOES, député à la Chambre et Président à la Commission de la Santé et de l’Egalité des Chance, répond ; “Notre but est d’abord de stabiliser la pénurie avant de parler d’éradication ». Du chemin reste à faire…

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De bons soins de santé avec un petit budget, est-ce possible ?

Chaque année, en Belgique, le prix des soins de santé augmente un peu plus. Ça commence par les médicaments, ensuite la consultation chez le médecin, le prix des soins ambulatoire ou encore celui d’une hospitalisation. Comment peut-on éviter de débourser des mille et des cents ? Pour éviter ça, l’État a mis en place toute une série d’aides à la disposition de tous.

Lors de l’année 2019, on a pu constater qu’un bruxellois sur quatre ne se soigne pas ou reporte des soins de santé par manque de moyens financiers et selon Maria employée à la mutuelle libérale du Brabant à Uccle, ce nombre ne va faire qu’augmenter. En Belgique, 7% des personnes de revenu inférieur déclarent des besoins en soins non satisfaits à cause de la distance, des coûts ou des temps d’attente. Mais il faut savoir que beaucoup de choses sont mises en place en Belgique pour aider la population lors des paiements de ses soins de santé.

La mutuelle, l’aide la plus importante.

À partir du moment où on est inscrit dans le registre d’une des nombreuses communes de la Belgique et qu’on a plus de 25 ans ou que l’on travaille, on doit de s’inscrire à la mutuelle. Avant le 1er janvier 2012, on s’inscrivait gratuitement à la mutuelle. Un certain pourcentage (proportionnel au revenu de chacun) était prélevé, pour les salariés sur leurs salaires et pour les chômeurs indemnisés sur leurs indemnités comme cotisation envoyé à l’ONSS pour couvrir les besoins de santé de la population belge. On appelle ça : l’assurance obligatoire.

Mais ces cotisations étant devenues insuffisantes pour subvenir aux besoins de santé de toute la population, chaque membre doit aussi cotiser pour une assurance complémentaire obligatoire (= mutualité). Le montant de la cotisation est fixé par la mutuelle dans laquelle on s’inscrit. Grace à l’assurance complémentaire obligatoire, la personne payant la cotisation ainsi que toutes les personnes domiciliées chez celle-ci qui ont un revenu inférieur à un certain plafond sont couvertes par la mutuelle.

La mutuelle entre-elle en jeu dans toutes les dépenses de santé des belges ?

« Bien sûr, si la personne est en ordre de mutuelle et qu’elle est toujours couverte, la personne est prise en charge. » nous confirme Maria Citrano. Elle ajoute que lors d’une hospitalisation, par exemple, le patient reçoit la facture avec les frais couverts par la mutuelle déjà déduit. Celle-ci rembourse 70% de la somme et les 30% restants sont à charge du patient en plus des frais supplémentaires comme une chambre seule.

C’est bien chouette d’être inscrit dans une mutuelle mais qu’est-ce que ça apporte ?

Calcule des remboursements.
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Celle-ci a différentes missions, la première étant de rembourser en partie ou en totalité les soins de santé comme les consultations chez le médecin généraliste ou spécialiste, la médecine alternative, le prêt de matériel médical (béquille, par exemple) les accouchements, les soins dentaires, infirmiers, de kinésithérapie et hospitaliers.

En cas d’incapacité de travail (ou d’invalidité), de grossesse et de maternité, la mutuelle paie des indemnités. Elle verse aussi une allocation en cas de décès pour les frais funéraires. La mutuelle se doit d’informer ses membres sur la santé et ce qui y touche mais aussi de défendre toute personne étant membre, par exemple en cas de litige. En plus de tout cela, elle propose plusieurs formules payantes d’assurance (non obligatoire) qui, lorsque l’assurance de base n’intervient pas, permettent un remboursement plus important et plus large des soins de santé.

 » Il n’y a absolument aucune limite à ce que la mutuelle rembourse par personne, la mutuelle n’est pas plafonnée tel une assurance privée. » explique madame Citrano. D’ailleurs, elle rembourse jusqu’à 100% des frais avec le MAF.

Le MAF, C’est quoi ?

Le système du maximum à facturer permet de limiter les dépenses au niveau des soins de santé des ménages. Pour chaque ménage, un plafond est calculé par la mutuelle dans laquelle celui-ci est inscrit. Si les frais médicaux à la charge du ménage ( les 30% restants ) atteignent ce plafond alors tous les frais qui s’y ajoutent au cours de la même année sont remboursés en totalité par la mutuelle. Il existe plusieurs types de MAF.

D’autres solutions sont-elles mises en place ?

L’intervention majorée (IM anciennement connu sous « BIM ») permet aux personnes à faible revenu d’avoir accès à de meilleurs remboursements, de payer moins cher leurs médicaments, etc. L’IM fonctionne avec le système du tiers payant, c’est-à-dire, que vous ne devez payer que les frais à votre charge lors d’une consultation chez le médecin et non l’entièreté de la somme et ensuite attendre un remboursement. Pour bénéficier de l’intervention majorée, il faut réponde à différents critères avec ou sans contrôle des revenus.

Lorsque l’on bénéficie de l’intervention majorée et que l’on va consulter un médecin conventionné, la consultation revient à 1 euro (sauf si on n’a pas de dossier médical global chez celui-ci, auquel cas cela ajoutera 50 centimes au prix). Mais il n’y a pas que les bénéficiaires de l’IM qui peuvent en profiter, les personnes ayant un revenu d’intégration (CPAS) et celles bénéficiant d’une allocation aux personnes handicapées peuvent aussi en profiter!

Ce n’est pas tout, il existe aussi des maisons médicales. Il n’y a aucun critère spécifique pour s’inscrire dans une maison médicale. Le principe de ces maisons est assez simple, elle travaille avec un principe de forfait. Le patient, sa mutuelle et la maison médicale passent un contrat qui permet au patient de venir consulter sans rien payer. Comment ? dans le cadre de ce contrat, l’INAMI verse à la maison médicale ce forfait en passant par la mutuelle du patient. Par contre, celui-ci est obligé de se faire soigner dans la maison à laquelle il est affilié, si le patient va ailleurs la mutuelle ne rembourse rien (sauf exception limitée).

L’échappatoire aux prix élevés des médicaments, le générique.

En effet, les médicaments génériques sont 31% moins chers que les marques. Comment est-ce possible ? Si les médicaments génériques ont un coût moins élevé c’est parce que pour les fabriquer, les firmes pharmaceutiques utilisent une formule créée au moins 20 ans plutôt. Elles n’ont donc aucun frais de recherche et ne le facturent donc pas dans le prix du médicament comparé aux marques qui, elles partent de zéro.

Sont-ils pour autant moins performants que les marques ? absolument pas. Les médicaments génériques sont composés des mêmes principes actifs. Ils procurent également les mêmes effets que les médicaments de marque. Parfois, les génériques peuvent se présenter sous d’autres formes que celles de l’originale. Leurs couleurs aussi peut être différente, la seule obligation est de changer de Nom.

« Les médecins devraient être les premiers à en parler aux patients, ce sont eux les mieux informés. Mon médecin généraliste m’en a parlé à plusieurs reprises. » déclare Maria. Elle ajoute ensuite  » mon pharmacien me demande régulièrement si je désire le générique lorsqu’on m’a prescrit la marque. De plus en plus de pharmaciens le font, ils devraient tous le faire. »

Bien que chaque année, les notes de frais médicaux de tous augmentent de plus en plus, des solutions sont mises en place pour nous aider. La mutuelle est d’ailleurs l’une des plus grosse que l’on ait, elle gère tous nos remboursements, paie pour nous si on décide d’aller en maison médicale, calcule le MAF de chacun et avant toute chose elle est la pour répondre à toutes nos questions. Beaucoup de choses sont là pour aider la population, il faut juste savoir bien s’informer !

Pour en savoir +

On enterre les pauvres, l’écart social se creuse.

En Belgique, appartenir à certaines classes sociales influence l’accès aux soins de santé. Alors que les SDF comptent sur les diverses ASBL pour survivre, la classe moyenne peine à s’autoriser tous les soins quand les personnes aisées n’ont, elles, aucune difficulté. Pourquoi un si grand déséquilibre alors que l’accès aux soins de santé est un droit fondamental pour tous ?

Aujourd’hui en Belgique, une personne sur quatre renonce à se soigner et sélectionne les médicaments qui lui sont prescrits pour des raisons financières. D’après l’enquête menée par Solidaris, c’est le report des consultations chez les médecins spécialistes qui a le plus augmenté en 4 ans, passant de 17,7% à 25,6% !

La précarité fait passer les soins de santé à la trappe !

Le minimum vital (revenu minimal que doit posséder une personne pour pouvoir subvenir à ses besoins primaires tels que la nourriture, le logement, l’éducation et les soins de santé) est calculé à partir du contexte socio-économique.

Chez nous, une personne isolée aurait besoin de 1.115 € pour vivre au-dessus du seuil de pauvreté, pourtant le revenu minimum d’allocations d’insertion ne s’élève qu’à 956 €. Cette différence induit une obligation de faire des choix, et ce sont bien souvent les bilans médicaux, particulièrement les soins spécialisés, qui sont abandonnés au profit des besoins vitaux tels que se nourrir, se loger. Si ces choix peuvent s’avérer judicieux sur le court terme, à long terme, ces décisions sont responsables de maladies dépistées trop tard qui finalement aboutissent à des dépenses accrues, voire à une espérance de vie réduite.

Ainsi, les belges les plus pauvres voient leur vie se raccourcir de 14 à 17 ans.

Ces chiffres aberrants s’expliquent notamment par l’origine de la classe sociale et le niveau d’éducation qui entraînent une barrière informationnelle. Ce qui empêche les personnes dans le besoin de savoir à qui s’adresser. 56% des belges vivant dans les quartiers les plus pauvres risquent de mourir dans l’année contrairement à ceux qui vivent dans les quartiers les plus riches, épargnés par ce phénomène. Le manque de revenus entraîne en cascade un manque d’hygiène et encourage les personnes concernées à consommer des produits moins qualitatifs, à abuser de la « malbouffe ». Les difficultés financières obligent aussi certaines familles à résider dans des logements à moindre coûts qui sont parfois insalubres, favorisant le développement de maladies ou d’infections chroniques.

L’enquête Solidaris montre que la précarité force aussi les malades à faire des choix dans les médicaments prescrits par les médecins et dans les consultations chez les spécialistes. L’étude rapporte qu’en 2016, les groupes sociaux les plus faibles se distinguaient par des difficultés financières plus importantes que les autres groupes. Mais 4 ans plus tard, si les groupes sociaux les plus élevés ne sentent aucune différence, et même une amélioration, les classes moyennes, elles, ne peuvent plus faire face au manque de moyens pour se soigner. Ce sont dans les classes faibles et moyennes que les reports de consultations chez les médecins se sont le plus accrus. Les inégalités sociales continuent de se creuser, impactant fortement l’accessibilité aux soins de santé.


©Lara Jacqmin, 2019

Solidaris : « Nous ne laissons personne au bord du chemin. »

C’est par la rencontre de Laurence Lejeune, déléguée à la gestion journalière de Solidaris, que le rôle de la mutualité dans la lutte contre ces inégalités se précise. Elle livre lors d’une interview que Solidaris a pour vocation de ne laisser personne au bord du chemin. 96,9% des affiliés sont satisfaits des services de Solidaris qui représente, à l’échelle Wallonne, 888.223 titulaires et 1.320.702 bénéficiaires. Si ces personnes sont aussi satisfaites de leur mutuelle, c’est qu’elles y trouvent des solutions aux problèmes liés à l’accès aux soins de santé.

Pour les personnes précarisées, la mutuelle applique la pratique du tiers payant, qui dispense le patient d’avancer les frais de santé pris en charge par la mutuelle. Même si la quote part qui reste à leur charge peut s’avérer encore difficile à payer pour certains.

Parallèlement, l’information est un problème majeur dans la difficulté d’accès aux soins de santé. C’est pourquoi Solidaris met en place toute une série d’actions pour faciliter la vulgarisation de l’information. Laurence Lejeune explique que « Les permanences sociales, ainsi que les conseillers, le call center et tout notre réseau de première ligne sont tout à fait disponibles et prêts à aider quiconque les questionne pour un document non compris. Nous avons pleinement conscience que ce n’est pas évident pour tout le monde de se familiariser avec la complexité administrative, c’est pourquoi nous tendons à vulgariser les procédures administratives, afin d’offrir plus d’accessibilité et une meilleure information ». Solidaris organise aussi des conférences thématiques par petits groupes ciblés, pour rappeler l’importance d’être correctement couvert en cas de soucis de santé. Car, Laurence Lejeune le rappelle, les études sociologiques montrent que les personnes les plus précarisées s’isolent et ne demandent pas l’aide dont ils auraient pourtant besoin.

Solidaris privilégie par ailleurs divers moyens de communication, du contact direct au sms, en passant par l’application mobile, afin que chacun puisse retrouver le mode le plus efficient selon ses habitudes de vie.

Solidaris : « Ayons le courage de faire de la sécurité sociale une priorité pour laquelle tout le monde cotise, en ce compris les multinationales ! » 

Si la Belgique peut se vanter de disposer d’une bonne protection sociale et d’un système de santé de qualité, force est de constater que des efforts restent à faire pour « contribuer à un système de santé qui fonctionne encore mieux et qui n’exclut personne. Ce n’est que de cette manière que nous pourrons garantir que les soins de santé soient un réel droit fondamental pour tout le monde », comme le précisait Maggie De Block (Secrétaire d’État à l’Asile et la Migration, à l’Intégration Sociale et la Lutte contre la Pauvreté) dans la préface du « Livre Vert sur l’accès aux soins en Belgique »(PDF). En réponse à quoi Solidaris, en sa qualité d’acteur social et politique, revendique une croissance des soins de santé qui corresponde à l’évolution des besoins de la population.  « Faire une projection budgétaire avec une croissance de 1,5% alors que l’on sait que la croissance naturelle est de 2,5%, est une utopie et ne laisse place à aucune marge pour les traitements nouveaux.  La sécurité sociale est un pilier essentiel au fondement d’une société plus juste et nous ne pouvons que démontrer la nécessité des besoins en soins de santé et revendiquer haut et fort pour nos affiliés les besoins objectivés en matière de soins de santé. » précise encore Laurence Lejeune, déplorant certaines décisions gouvernementales relatives, par exemple, à l’augmentation du prix des médicaments dont les objectifs initiaux visaient à en diminuer la consommation pour le bien-être de la population, mais qui finalement ne l’a réduite que de 0,1% mais a conduit les patients à payer 7,5 fois plus cher le médicament que le médecin lui a prescrit. 

Et Laurence Lejeune de conclure : « Cessons de culpabiliser les gens, qu’ils soient malades ou sans emploi, et accompagnons-les à mieux prendre soin de leur santé en donnant accès aux soins préventifs sans devoir trier les soins et les médicaments qui, de ce fait perdront en efficience.  Ayons le courage de faire de la sécurité sociale une priorité pour laquelle tout le monde cotise, en ce compris les multinationales. »

Si les solutions ne sont certes pas immédiatement évidentes, le travail conjoint des mutuelles, des pouvoirs décisionnaires et des organisations sociales vise continuellement à apporter une réponse efficace à l’inégalité dans l’accès aux soins de santé pour l’ensemble des citoyens belges.

Continuer la lecture de « On enterre les pauvres, l’écart social se creuse. »

Santé : Appartenir à une certaine classe sociale influence-t-il le processus d’accès aux soins de santé ?

L’accès aux soins de santé des SDF en Belgique ne cesse de diminué d’année en année. Pourtant beaucoup d’associations , organismes luttent contre ce fléau. Appartenir à une certaine classe sociale influence-t-il le processus d’accès aux soins ?

Credit photo : thinkstock

Les médicaments, les consultations chez le médecin et même l’accès aux soins sont trop cher pour cette partie de la population.

“Ces prix exorbitants reflètent de nouveau la financiarisation extrême du marché pharmaceutique, aux dépends de l’accès aux soins” s’exprime Médecins du Monde dans un communiqué. Cette affirmation reflète bien le problème qui existe au niveau de l’accès aux soins de santé dans les différentes classes sociales. 27% des ménages dans le quintile des revenus les plus faibles déclarent avoir postposé des soins par manque d’argent, 24% des “ayant-droit” bénéficie réellement du statut préférentiel OMNIO. Cela prouve que l’accessibilité aux soins est restreinte et particulièrement pour les défavorisés.
Ce post datant de 2013 du président des MdM montrent que cela fait des années que ce sujet est sur la table

Les barrières d’accès

Plusieurs notions alimentent le fait qu’il est difficile pour un sdf d’accéder à la santé. On appelle ça des “barrières” , elles sont de différents types et ce sont elles qui jouent un rôle assez important dans la difficulté d’accès. On a par exemple , la barrière de l’accueil c’est à dire la présence du personnel et des ressources nécessaires, la capacité du patient à pouvoir payer. Nous avons également une barrière géographique qui montre la difficulté du patient à atteindre son médecin au sens physique du terme. La plus connue est sans aucun doute la barrière d’acceptabilité à savoir la langue , le manque de confiance de la part du personnel de santé mais aussi la peur d’être dénoncé pour les personnes qui ne sont pas en règle. “En tant que secrétaire, il m’est souvent arrivé de rédiger des rapports sur des clients indésirables…De plus je suis de temps en temps en contact avec les infirmières, aide soignant ,.. Et c’est clair qu’on est souvent jugé avant même d’exposer son problème” s’exprimait Anne Collet lors de notre interview. La dernière barrière et non des moindre est celle de la disponibilité, qui lié à la démotivation des professionnels par l’excès de lourdeur administrative et financière, qu’il faut prendre en charge pour les populations en situation précaire.

Credits : Anne Collet
Utilisation autorisée
Anne Collet , secrétaire médicale au CHU Mont-Godinne, prise en photo chez elle lors de notre entrevue.



Et les associations dans tout ça ?


Le centre d’accueil de soins et d’orientation (CASO) de l’organisation non gouvernementale Médecin du Monde offre la possibilité d’être informé sur les soins de santé et à n’importe quelle personne, qui a du mal à se faire soigner, sur leur droits et obligations. La grande majorité des personnes qui sollicitaient cette aide étaient sans papier. Madame Collet aime particulièrement Médecins du Monde “ je pense qu’en ce qui concerne l’aide pour les personnes qui sont sdf , les Médecins du Monde font preuve d’une énorme générosité et d’un bon professionnalisme..” Il y a également Mighealthnet un réseau d’information sur les bonnes “pratiques” au niveau de la santé pour les migrants et minorités en Europe. L’ASBL AT D Quart Monde Wallonie-Bruxelles est un mouvement qui lutte contre la grande pauvreté et l’exclusion sociale. Et pour finir, le groupe de travail “hospitalisation de la concertation des sans-abri” est un groupe de professionnels qui ont pour sujet précis : les barrières à l’accès aux soins pour la population spécifique des sans-abris.
Ici on peut remarquer sur ce post l’engagement des Médecins du Monde qui chaque hiver consulte une grosse majorité des sdf de Bruxelles gratuitement

La consultation “sans sous”

La Belgique est encore un de ces rares pays européens où la consultation chez le médecin généraliste est payante. Elle se classe même 20e sur 31 pays européen dans le classement relatif à l’accès aux soins primaire de la Commission européenne.
La consultation << sans argent chez les généralistes >> consiste au tiers payant obligatoire et à la suppression du ticket modérateur. Le tiers payant c’est à dire, le remboursement des prestations des médecins par les organismes, assureurs et le ticket modérateur est une partie des dépenses de santé qui restent à la charge du patient après remboursement de l’assurance maladie. Le système de la consultation “gratuite” : Système de paiement forfaitaire, les mutuelles versent chaque mois un montant fixe par patient directement à la pratique de médecine générale. Du coup , les médecins seront directement rémunérés via les caisses maladies. Ces dernières paient les médecins généralistes directement par voie électronique celui-ci n’a plus besoin de remplir une attestation nécessaire, cette consultation est également rentable, possible et améliore l’accès aux soins.
Malheureusement , l’Association belge des syndicats médicaux n’est pas du même avis en particulier ce qui concerne l’obligation du tiers payant pour les patients moins nantis. Selon eux seuls les médecins ont le droit de décider qui peut ou ne peut pas bénéficier du tiers payant. L’association a peur que ceci entraîne une surconsommation de soins, une augmentation de la charge administrative pour les médecins et à des retards de remboursement. De plus, si le ticket modérateur disparaît qui va le payer? l’INAMI ? Car pour un comptable, les économies à venir sont une pure hypothèse et en plus certains médecins ne sont pas très à l’aise avec l’informatique, seule une poignée arrive à s’en sortir. Et si l’INAMI ne les finance pas, les médecins généralistes ne les sacrifieront pas.
Et pourtant , le fait de ne pas payer n’entraînera pas forcément une surconsommation. Une étude comparative entre les pratiques financées par ceux qui ont un système forfaitaire et ceux qui en sont aux pratiques classiques à démontré que ceux qui sont soumis à un système forfaitaire ne consultaient pas plus que ça leur médecin. L’étude de la Commission européenne a bien montré que le problème de la sous-consommation des soins est clairement plus importante que celui de la surconsommation. Cette consultation est aussi efficace car elle coûte peu, elle est avantageuse et diminue les inégalités sociales. Elle diminue les inégalités sociales du moins pour les soins primaires et permet de retrouver la solidarité pour les assurances maladies. Par exemple, M.Collet affirmait qu’elle ne connaissait pas de système comme celui là peut être que le fait qu’il ne soit pas appliqué ici explique cela.

L’accessibilité aux soins est bel et bien très compliquée pour les citoyens en situation précaire. Si le système ne change pas, il sera encore plus compliqué pour un SDF de se soigner. Oui, c’est bien la gratuité des soins, mais est-ce la réelle solution ?

Pour en savoir plus

Ngenyi Vincent, 21 ans , élève en communication à l’ISFSC