Une nouvelle voie vers un accès plus facile aux soins de santés ?

L’accès aux soins de santés, un défi pour certains :

Quand on parle de problèmes d’accès aux soins de santé, nous pensons directement à tourner la tête de l’autre côté de l’atlantique. Cependant, la Belgique n’est pas épargnée puisque 9 % des familles wallonnes doivent reporter des soins de santé à cause des coûts de ceux-ci venant mettre en doute l’efficacité de notre système qui se veut normalement égalitaire, social et surtout universelle. En réaction, le gouvernement, depuis quelques années, a mis en place diverse plans pour essayer de rendre plus accessible les soins de santés.

Un des projets les plus important et pourtant pas toujours connu du grand publique est la création dans les quartiers d’une nouvelle forme d’institution de soin de première ligne, celle des maisons médicales.

Les maisons médicales, une nouvelle voie :

Les maisons médicales sont des établissements de soins de première ligne. Elles sont apparues dans les années 70 en Belgique à contre-courant de la mentalité de l’époque qui se voulait centrer au maximum sur les hôpitaux. Cette mentalité a vite révélé certaines faiblesses, surtout au niveau des personnes à faible revenu qui se sont vu presque mises à l’écart des soins de santé malgré les plans d’aide sociale mis en place par l’état.

© shutterstock 2019

Les maisons médicales ont montré un nouvel axe de soins de santé, principalement centré sur le patient dans sa globalité. Ainsi, ne mettant plus à l’écart l’état physique, économique, psychologique mais également social de la personne, revenant à un médecin plus social.

Plus social dans les soins, mais également dans la structure, car celle-ci est directement implante dans les quartiers au plus proches des patients. Plus social économiquement, car plus accessible, avec des tarifs et forfait avantageux. Plus sociable de la gestion, avec les membres médicaux qui participent activement aux décisions de la structure.

Plus social dans les soins, mais également dans la structure, car celle-ci est directement implante dans les quartiers au plus proches des patients. Plus social économiquement, car plus accessible, avec des tarifs et forfait avantageux. Plus sociable de la gestion, avec les membres médicaux qui participent activement aux décisions de la structure.

Les maisons médicales ont créé une autre voie et vision de l’accès aux soins santé contemporains, se voulant le plus universel et accessible.


Medicinae Médicinale ?

video mise en ligne sur youtube par
Fédération des maisons médicales le 18 déc. 2017.

Les maisons médicales, les MM comme on les nomme dans le milieu professionnel, n’ont pas cessés de croître depuis les années 80. Leurs nombres dépassent aujourd’hui 160 MM, reparties dans toute la Belgique avec plus de 360 000 personnes affiliées.

« En 30 ans, les MM ont connu un important développement : leur nombre n’a cessé d’augmenter au rythme de douze MM ouvertes par an ces dernières années. »

Les maisons médicales « à la loupe »
étude de Solidaris Octobre 2017

Comment expliquer cette réussite ?

Les maisons médicales se sont distinguées des autres systèmes de soins grâce à plusieurs spécificités qui on remplir les définis des autres systèmes. La plus importante peut-être, est les faits que le patient ne paie pas l’acte en soi, mais paie chaque mois un forfait lui donnant accès à volonté aux consultations.

Le Dr.Madoki médecin généraliste dans son cabinet.
© Louis-Jourdan Leclercq 2019

Permettant ainsi, aux personnes de ne pas devoir dépenser des sommes trop importantes pour leurs soins ou consultations. Mais au-delà de la simple consultation, cela permet un réel suivi du patient, comme l’explique le docteur Madoki, médecin généraliste dans une maison médicale


« […] par exemple, j’ai un patient pour lequel j’ai un diagnostic qui n’est pas tout à fait sûr, parce qu’il est au début de la maladie. Je voudrais m’assurer que je ne me trompe pas, donc si je suis à l’acte, j’aurais du mal à le faire revenir parce qu’il va devoir venir à nouveau et dépenser l’argent, et il n’a peut-être pas beaucoup de sous. Il va peut-être s’imaginer que c’est pour gagner de l’argent que je vais le faire revenir car je peux très bien dire Revenez dans deux jours, on va voir si rien ne s’était.
Mais avec le forfait, moi, ça va me permettre d’avoir un médecin de meilleure qualité parce que je peux voir le patient autant de fois que je veux. Un exemple plutôt que lui donner un antibiotique, je peux très bien dire, « Ecoutez, on va attendre voir comment ça va se développer si je vois que votre corps résiste, je ne vous donne pas d’antibiotiques » et ce sera revenu moins cher à tout le monde tout en ayant de meilleurs soins […] »


En plus du suivi personnel du patient sur du long terme et si besoin régulier, une des spécificités des maisons médicales est le partage des dossiers entre le personnel soignant, permettant une grande flexibilité.

Un patient veut consulter son médecin habituel qui n’est pas là, pas de souci, un des confrères peut prendre en charge la personne directement en ayant directement accès à tout son dossier ou plus simplement dans le cas de soins spécifiques, ou le patient doit être pris en charge par un autre médecin spécialisé.

La localisation des maisons médicales est aussi un de leurs plus gros atouts avec leur emplacement au plus près de leurs patients, dans leur quartier. Permettant ainsi un suivi presque « personnalisé » du quartier et, par conséquent, de ne pas faire que du soin curatif, mais également du préventif, qui est bien souvent oublié dans notre système de santé.



« […] Il y a eu, par exemple, dans le quartier des vagues de suicide importées, il y a quelques années, des suicides de façon violente avec des défenestrations, donc c’était vraiment très,très très violent.
On a eu sentiment qu’il fallait faire quelque chose dans le quartier. Eh bien, on a eu de l’argent pour le faire, mais si on était à l’acte, on n’aurait pu que constater parce qu’on n’aurait pas eu les moyens de mettre en place des campagnes pour essayer de sensibiliser les jeunes et etc.
C’est intéressant, parce qu’on prend en charge véritablement le quartier et les patients sur l’ensemble de la problématique de santé, et on n’est pas uniquement cantonnés à « Tu es malade, tu viens, je soigne et puis après
au-revoir ». On peut être présent avant que la « maladie » n’intervienne. En parlant de problèmes liés au risque de diabète de l’obésité, les accidents domestiques, tout ça s’est pris en charge également par le préventif. »


Les maisons médicales séduisent également les personnes qui ne se sentent pas à l’aise avec les structures « habituelles ». Où elles ont peur d’être jugées sur leur origine ou leurs statuts sociaux économiques, comme l’explique Liam, patient dans une maison médicale dans un article de l’observatoire belge des inégalités :



 « Ici, il y a une diversité dans la maison médicale, il y a des médecins de toute origine. Personnellement, ça me rassure, je sens bien qu’il n’y aura pas de racisme. Je sais qu’il prendra son temps pour voir ce que j’ai réellement. J’ai des amis qui sont partis chez des médecins privés et vu qu’ils sont d’origine maghrébine, ils ne se sentaient pas à l’aise parce qu’ils sentaient que le médecin avait des réserves. »

Liam, patient , témoignage dans  » Les maisons médicales, garantes d’un accès aux soins de santé pour tou·te·s ?  » le 2 septembre 2019

Les maisons médicales ont réussi à combler le déficit des autres structures ce qui à séduit de plus en plus de belges. Mais il n’existe pas de solution miracle au problème de l’accès aux soins.

Les maisons médicales malheureusement ne répondent pas à tous les problèmes que l’on rencontre dans l’accès aux soins de santé en Belgique. Cependant elles ont réussi à donner accès aux soins a des personnes qui était exclue ou en difficultés. Leurs nombres grandissant montrent le bon fonctionnement et la volonté du et dans le projet.

Et peut-être par la suite à enclencher de nouvelles avancées qui permettront un réel changement de notre système de santé en rendant véritablement égalitaire, qualitatif et accessible à tous.


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