Le système de soins de santé Belge sur la sellette.

Pourquoi est-il sur la sellette ? Pour l’instant le système de soins de santé en Belgique est au top à plusieurs niveaux mais qu’en sera-t-il d’ici vingt ans, sera-t-il toujours aussi performant qu’aujourd’hui ?

https://pixnio.com/fr/science-fr/la-science-medicale/stethoscope-instrument-hopital-medecine-soins-de-sante-sante-dispositif-clinique

Belgique; société solidaire

En Belgique nous avons la chance de vivre dans une société qui se dit solidaire, cela grâce a un système mis en place en 1860. C’est pendant la révolution industrielle que l’ancêtre de nos mutuelles a été créé. Durant cette époque les ouvriers devaient faire face à de nouveaux risques sur leur lieu de travail, ils ont donc créé une caisse commune pour se protéger. Trente ans plus tard, en 1891, l’Etat va subsidier ces sociétés d’assistance mutuelle à condition que celles-ci se rattachent à l’un des différents partis politique existant à l’époque. De là, diverses assurances verront le jour.

Celle qui nous intéresse ici est l’assurance soins de santé.  Elle est géré par l’INAMI (Institut National Assurances Maladies Invalidités). Cet organisme s’occupe de la cotisation liée aux soins de santé. L’assurance soins de santé est obligatoire depuis 1944 et elle coûte environ 10€ par mois en fonction de la mutuelle à laquelle l’on est affilié.

Mais donc qui y a droit à cette assurance et à quoi cela nous sert ?

Tout le monde peut bénéficier d’une assurance soins de santé, il suffit d’être affilié à une mutuelle.  Cela donne droit à une prise en charge, en tout ou en partie par notre assurance, du coût de nombreuses prestations de santé de base. Par exemple ; des soins médicaux primaires, des soins hospitalier, des soins de santé paramédicaux ( kinésithérapie, ergothérapie, logopédie,..), des médicaments, de la revalidation, …

Cette « aide » permets d’avoir accès à des soins de santé de qualités sans avoir pour autant à dépenser des fortunes, comme nous l’a expliqué le Dr Pierre Mols cardiologue à Uccle lors de son interview.  « j’ai eu à faire à un patient ayant besoin de soins vitaux mais qui sont extrêmement coûteux, chaque dose de ce médicament coûtait près de 6900€, il a eu ce traitement durant 10 jours ». Grâce à sa mutuelle ce patient n’a pas dû payer un seul euro. « il se serait trouvé dans un autre pays, tel que les États-Unis, s’il n’avait pas eu la chance de bénéficier d’une super assurance, il se serait malheureusement retrouvé au cimetière par faute de moyens ».

Les lois sociales sont un des points forts de la politique de santé en belgique.

Notre système est également très performants en matière de la prise de rendez-vous. Chez nous les rendez-vous s’obtiennent dans un laps de temps assez court ,d’autres pays tel que l’Irlande ou bien même le Royaume-Uni ne peuvent pas en dire autant.

La société Health Powerhouse réalise chaque année, depuis 2005, un classement des pays en fonction de leur système de soins de santé, dans son dernier rapport la Belgique est classé 5ème sur 35, l’un de nos atouts est l’accès aux soins de santé où nous sommes classé 2ème.

Ce tableau, réalisé par la société Health Powerhouse, regroupe les pays faisant partie de l’Europe et les compare sur leur accessibilité aux soins de santé.

Le seul paramètre sur lequel nous devons encore fournir des efforts d’après ce rapport est celui du temps d’attente pour un rendez-vous en psychiatrie pédiatrique. Lorsque l’on compare nos résultats avec par exemple ceux de l’Irlande, qui eux, sont dans le rouge a tous les niveaux, on constate que l’on ne pas si mal lotis en Belgique.

Cet accès aux soins de santé coûte-il trop cher à l’Etat ?

Depuis que l’assurance soins de santé est devenue obligatoire (1944), la santé coûte de plus en plus cher à l’Etat car il y a de plus en plus de personnes affiliées aux mutuelles et ils sont plus à devoir être remboursé. Malgré cela le Dr Mols nous répond que non cela ne coûte pas trop cher à l’Etat de nous permettre un bon accès aux soins de santé.  « Il vaut mieux se soigner régulièrement qu’attendre que le mal s’amplifie » confie le cardiologue. Mais Pierre Mols constate qu’on vit une médecine qui est de plus en plus duelle, la société est de plus en plus duelle, de plus en plus de personnes prennent des assurances privées. On fait donc face à un problème dû au clivage entre le privé et le public où l’on risque de perdre ce système de soins de base mais de qualité.

Aujourd’hui n’importe qui en Belgique peut avoir accès aux soins de santé et ça dès lors qu’il peut démontrer qu’il possède la nationalité belge et qu’il est inscrit dans une commune. « même une personne sans abris y a droit », relève le Dr Mols, « il faut souvent les prendre par la main et leur montrer qu’ils y ont droit ». Cela fonctionne grâce au système solidaire de nos lois sociales, ce sont les travailleurs qui cotisent pour ceux qui ne travaillent pas ou plus ( chômeur, pensionnés, …). Mais cela pourrait bel et bien changer si la dualisation de notre société s’intensifie.

Le vieillissement de la population

Avec ce principe de cotisation vient un autre problème pour le futur et surtout celui des jeunes générations. La Belgique connais un vieillissement de la population, ce qui implique qu’il y aura plus de personnes qui ne travailleront plus par rapport à celle qui travailleront. Cela entraînera une baisse des cotisations ce qui signifie entre autre ; moins de remboursements, des pensions plus faible et par conséquent des personnes âgées qui auront moins d’argent à consacrer à leur santé. La hausse de l’âge de la retraite, soit des personnes qui vont devoir travailler plus longtemps, ce qui va occasionner une plus grande fatigue du corps. Et encore bien d’autres impacts sur notre société future

Sauf que, oui en effet nous vivons plus longtemps mais pas forcément en bonne santé, cela veut dire que nous aurons besoin de plus de soins de santé, mais qui dit soins de santé dit remboursement d’après nos lois. Si ce n’est que là les caisses de cotisations ne seront plus aussi remplie qu’aujourd’hui .

En effet un bon accès aux soins de santé ne coûte sans doute pas trop cher à l’Etat de nos jours, mais qu’en sera-t-il d’ici quelques années lorsque les impacts de ce vieillissement de population se feront ressentir ?

Read more

De bons soins de santé avec un petit budget, est-ce possible ?

Chaque année, en Belgique, le prix des soins de santé augmente un peu plus. Ça commence par les médicaments, ensuite la consultation chez le médecin, le prix des soins ambulatoire ou encore celui d’une hospitalisation. Comment peut-on éviter de débourser des mille et des cents ? Pour éviter ça, l’État a mis en place toute une série d’aides à la disposition de tous.

Lors de l’année 2019, on a pu constater qu’un bruxellois sur quatre ne se soigne pas ou reporte des soins de santé par manque de moyens financiers et selon Maria employée à la mutuelle libérale du Brabant à Uccle, ce nombre ne va faire qu’augmenter. En Belgique, 7% des personnes de revenu inférieur déclarent des besoins en soins non satisfaits à cause de la distance, des coûts ou des temps d’attente. Mais il faut savoir que beaucoup de choses sont mises en place en Belgique pour aider la population lors des paiements de ses soins de santé.

La mutuelle, l’aide la plus importante.

À partir du moment où on est inscrit dans le registre d’une des nombreuses communes de la Belgique et qu’on a plus de 25 ans ou que l’on travaille, on doit de s’inscrire à la mutuelle. Avant le 1er janvier 2012, on s’inscrivait gratuitement à la mutuelle. Un certain pourcentage (proportionnel au revenu de chacun) était prélevé, pour les salariés sur leurs salaires et pour les chômeurs indemnisés sur leurs indemnités comme cotisation envoyé à l’ONSS pour couvrir les besoins de santé de la population belge. On appelle ça : l’assurance obligatoire.

Mais ces cotisations étant devenues insuffisantes pour subvenir aux besoins de santé de toute la population, chaque membre doit aussi cotiser pour une assurance complémentaire obligatoire (= mutualité). Le montant de la cotisation est fixé par la mutuelle dans laquelle on s’inscrit. Grace à l’assurance complémentaire obligatoire, la personne payant la cotisation ainsi que toutes les personnes domiciliées chez celle-ci qui ont un revenu inférieur à un certain plafond sont couvertes par la mutuelle.

La mutuelle entre-elle en jeu dans toutes les dépenses de santé des belges ?

« Bien sûr, si la personne est en ordre de mutuelle et qu’elle est toujours couverte, la personne est prise en charge. » nous confirme Maria Citrano. Elle ajoute que lors d’une hospitalisation, par exemple, le patient reçoit la facture avec les frais couverts par la mutuelle déjà déduit. Celle-ci rembourse 70% de la somme et les 30% restants sont à charge du patient en plus des frais supplémentaires comme une chambre seule.

C’est bien chouette d’être inscrit dans une mutuelle mais qu’est-ce que ça apporte ?

Calcule des remboursements.
Pixabay licence libre de droit pour usage commercial.

Celle-ci a différentes missions, la première étant de rembourser en partie ou en totalité les soins de santé comme les consultations chez le médecin généraliste ou spécialiste, la médecine alternative, le prêt de matériel médical (béquille, par exemple) les accouchements, les soins dentaires, infirmiers, de kinésithérapie et hospitaliers.

En cas d’incapacité de travail (ou d’invalidité), de grossesse et de maternité, la mutuelle paie des indemnités. Elle verse aussi une allocation en cas de décès pour les frais funéraires. La mutuelle se doit d’informer ses membres sur la santé et ce qui y touche mais aussi de défendre toute personne étant membre, par exemple en cas de litige. En plus de tout cela, elle propose plusieurs formules payantes d’assurance (non obligatoire) qui, lorsque l’assurance de base n’intervient pas, permettent un remboursement plus important et plus large des soins de santé.

 » Il n’y a absolument aucune limite à ce que la mutuelle rembourse par personne, la mutuelle n’est pas plafonnée tel une assurance privée. » explique madame Citrano. D’ailleurs, elle rembourse jusqu’à 100% des frais avec le MAF.

Le MAF, C’est quoi ?

Le système du maximum à facturer permet de limiter les dépenses au niveau des soins de santé des ménages. Pour chaque ménage, un plafond est calculé par la mutuelle dans laquelle celui-ci est inscrit. Si les frais médicaux à la charge du ménage ( les 30% restants ) atteignent ce plafond alors tous les frais qui s’y ajoutent au cours de la même année sont remboursés en totalité par la mutuelle. Il existe plusieurs types de MAF.

D’autres solutions sont-elles mises en place ?

L’intervention majorée (IM anciennement connu sous « BIM ») permet aux personnes à faible revenu d’avoir accès à de meilleurs remboursements, de payer moins cher leurs médicaments, etc. L’IM fonctionne avec le système du tiers payant, c’est-à-dire, que vous ne devez payer que les frais à votre charge lors d’une consultation chez le médecin et non l’entièreté de la somme et ensuite attendre un remboursement. Pour bénéficier de l’intervention majorée, il faut réponde à différents critères avec ou sans contrôle des revenus.

Lorsque l’on bénéficie de l’intervention majorée et que l’on va consulter un médecin conventionné, la consultation revient à 1 euro (sauf si on n’a pas de dossier médical global chez celui-ci, auquel cas cela ajoutera 50 centimes au prix). Mais il n’y a pas que les bénéficiaires de l’IM qui peuvent en profiter, les personnes ayant un revenu d’intégration (CPAS) et celles bénéficiant d’une allocation aux personnes handicapées peuvent aussi en profiter!

Ce n’est pas tout, il existe aussi des maisons médicales. Il n’y a aucun critère spécifique pour s’inscrire dans une maison médicale. Le principe de ces maisons est assez simple, elle travaille avec un principe de forfait. Le patient, sa mutuelle et la maison médicale passent un contrat qui permet au patient de venir consulter sans rien payer. Comment ? dans le cadre de ce contrat, l’INAMI verse à la maison médicale ce forfait en passant par la mutuelle du patient. Par contre, celui-ci est obligé de se faire soigner dans la maison à laquelle il est affilié, si le patient va ailleurs la mutuelle ne rembourse rien (sauf exception limitée).

L’échappatoire aux prix élevés des médicaments, le générique.

En effet, les médicaments génériques sont 31% moins chers que les marques. Comment est-ce possible ? Si les médicaments génériques ont un coût moins élevé c’est parce que pour les fabriquer, les firmes pharmaceutiques utilisent une formule créée au moins 20 ans plutôt. Elles n’ont donc aucun frais de recherche et ne le facturent donc pas dans le prix du médicament comparé aux marques qui, elles partent de zéro.

Sont-ils pour autant moins performants que les marques ? absolument pas. Les médicaments génériques sont composés des mêmes principes actifs. Ils procurent également les mêmes effets que les médicaments de marque. Parfois, les génériques peuvent se présenter sous d’autres formes que celles de l’originale. Leurs couleurs aussi peut être différente, la seule obligation est de changer de Nom.

« Les médecins devraient être les premiers à en parler aux patients, ce sont eux les mieux informés. Mon médecin généraliste m’en a parlé à plusieurs reprises. » déclare Maria. Elle ajoute ensuite  » mon pharmacien me demande régulièrement si je désire le générique lorsqu’on m’a prescrit la marque. De plus en plus de pharmaciens le font, ils devraient tous le faire. »

Bien que chaque année, les notes de frais médicaux de tous augmentent de plus en plus, des solutions sont mises en place pour nous aider. La mutuelle est d’ailleurs l’une des plus grosse que l’on ait, elle gère tous nos remboursements, paie pour nous si on décide d’aller en maison médicale, calcule le MAF de chacun et avant toute chose elle est la pour répondre à toutes nos questions. Beaucoup de choses sont là pour aider la population, il faut juste savoir bien s’informer !

Pour en savoir +

L’accès aux soins de santé est-il réellement accessible pour les migrants?

Malgré que la Belgique soit un pays assez avancé, des précarités sont présentes au niveau de l’accès aux soins de santé pour les migrants. Le fait d’appartenir à une certaine classe social, influencera fortement les soins que tu recevra.

L’un des problèmes les plus importants de ce phénomène a été, sans aucun doute, la possibilité que les personnes se trouvant dans un État illégal doivent jouir de leurs pleins droits en tant qu’immigrants.

Des droits tels que l’accès aux soins de santé doit être incontestables, mais malheureusement, de nombreuses personnes se trouvent dans une situation d’impuissance, où elles rencontrent des obstacles pour accéder à la santé publique et de qualité.

De même, la croyance a toujours été que les immigrants volent les emplois des citoyens de plein droit et que toutes les aides sociales sont reçue par les personnes en situation illégale, mais rien n’est plus faux. Ce que peu de gens connaissent, c’est la situation désespérée dans laquelle se trouve la grande majorité d’entre eux. Ils sont confrontés à une situation dans laquelle ils sont montrés dans une boîte, pieds et mains liés, totalement impossible et sans aucune institution étatique pour les soutenir.

Aujourd’hui nous sommes face à une Belgique qui représente des chiffres tels que 93% des personnes interrogées (y compris les femmes enceintes) n’ont pas de couvert médicale.

https://www.youtube.com/watch?v=2XNbTt0a08c

Y a-t-il d’autres possibilités pour les migrants sans papiers?

Pour un pays très développé, ces chiffres-là sont abominables. Sachant que en théorie tout le monde à accès aux soins de santé, que ça soit par le système de mutualité, d’assurance ou par l’AMU ( aide médical urgente). Malheureusement, la théorie n’est pas appliquée et on se retrouve avec une partie de la population qui n’a pas accès aux soins de santé parcequ’elle n’arrive pas avoir accès à cette aide médical urgente. Pour differentes raisons, mais une des principales c’est la raison administratif. Il faut avoir une adresse de résidence ce qui est compliqué pour les personnes qui n’ont pas de domicile fixe. Ce qui fait qu’elles n’arrivent pas à remplir les conditions administratifs pour béneficier de cette aide.

Il existe des ong tel que Médecins du Monde qui vont à la recherche de ces migrants ayant pas accès aux soins de santé pour leur en donner. Comment vont-ils à leur rencontre ? Médecins du Monde propose ses bureau pour les accueillir. Les personnes peuvent se rendre là-bas et être accueilli par des professionnels, car Médecins du Monde est un mouvement qui est composé du staff salarié mais aussi de nombreux volontaires, 560 actifs en Belgique sur les projets. Parmi ces volontaires, on retrouve des médecins, des infirmiers, des informaticiens, etc

Médibus, concept d’intégration

Il y a aussi le projet du « Médibus », un concept innovateur pour l’intégration. « C’est un dispositif mobile transformé en cabinet médical, des infirmiers et des bénévoles sont présents à l’intérieur. Le but du Médibus c’est d’aller à la rencontre des personnes exclus du système de santé, de réacrocher avec eux, de créer du lien, de permettre à ces personnes là de se déposer, de boire un café,… » explique Marine Poliart, chargée de mobilisation chez Médecins du Monde.

Prendre soin de la personne en lui accordent du temps et si la personne le souhaite, elle peut aller dans le bus et avoir une consultation infirmière. Une fois que cette consultation sera effectuer, l’infirmier pourra référencer et l’orienter envers les différents centres où il pourra se rendre pour se soigner et sans nécessité de présenter l’AMU.

Image de la caravane tranformé en « Médibus »
© Essati Bensliman Mona, 2019

Le but de Médecins du Monde n’est pas de créer un système sanitaire parallèle au belge, mais plutôt d’aller en aide en vers ces personnes et les intégrer dans le système de santé belge.

Se soigner? Oui mais à quel Prix…

Il faut comprendre que tout le monde n’as pas cette facilité à accès aux soins de santé à cause de plusieurs barriéres, on a la financiere, la culturelle. Aller chez un médecins qui n’as pas les memes convitions que toi ou pas la meme religión, ça peut poser problème pour certaines personnes. Il y a aussi la barriere de langue qui est aussi fortement présente dans les établissement hospitalier. Enfin la barriére geographique, certainnes personnes ne savent plus se déplacer au differents centres de santé.  

Aujourd’hui 600.000 belges vivent dans la pauvreté, ce qui fait qu’ils doivent à chaque fois reporter leur soins pour combler d’autres besoins. Ceci est de plus en plus présent alors que s’est censé diminuer. Ces coûts remboursés doivent être augmentés pour que tout le monde puisse bénéficier des soins.

Pourquoi est-ce que l’état n’envisagerai pas un système sanitaire semblable à celui de l’Espagne, qui lui d’ailleurs à été classé un des meilleurs dans le monde (OMS). Celui-ci accueille toute personne ayant ou pas ses papiers. Pour eux c’est plus important d’aider une personne que de savoir si cette personne en question cotise ou pas pour le pays.

Les personnes qui connaissent ce problème doivent satisfaire à certaines exigences qui, pour beaucoup, sont irréalisables, principalement pour des raisons économiques. Beaucoup d’entre elles ne peuvent pas se permettre de bénéficier de soins de santé décents, car le système actuel ne permet pas aux personnes en situation irrégulière de travailler avec tous leurs droits, de sorte que s’il n’y a pas de revenu économique, il n’y a pas de possibilité d’accéder aux soins de santé sans aide. De plus, le manque de d’information concernant les procédures à effectuer devienne une grande barrière. Car beaucoup d’entre eux considèrent que le manque de connaissance de la langue, ainsi que le refus de l’État d’offrir une variété de solutions auxquelles les immigrants peuvent aller sans aucun type de restriction, en font les ingrédients parfaits pour obtenir une société sans conscience de classe dans laquelle l’écart économique et sociale devient de plus en plus grande.

Il est plus que claire que la précarité dans le domaine sanitaire existe. Pour cela il faut trouver des solutions et ne pas laisser toutes ces personnes dans l’oubli car ce sont aussi des être humains. La seule chose qui nous differencie d’un migrant c’est un simple papier qui pour nous, nous donne droit à ses soins et pas le reste des migrants.

Essati Bensliman Mona, 19 ans. Etudiante Bac1 Communication à l’ISFCS

La santé pour tous, un combat quotidien ?

Il y a en Belgique un système de sécurité sociale qui est basé sur l’inclusion. En effet, il ne veut laisser aucune population sur le côté. Pour ce faire, il met en place toutes sortes de dispositifs, d’associations et d’aides : les mutuelles, le CPAS, la Fédération des maisons médicales, les planning familiaux… Malgré cela, on remarque qu’il y a toujours des populations qui vivent en situation de précarité sanitaire. Ce phénomène touche tous les types de populations, que ce soit des personnes en incapacité de travail, des familles monoparentales, des familles à trop faibles revenus, des personnes sans-abri ou encore des personnes en séjour illégal. Toutes peuvent cependant bénéficier d’aides pour accéder à la santé, mais parfois cela ne suffit pas pour combattre cette précarité.

La sécurité sociale, c’est quoi ?

vidéo d’explication de la sécurité sociale, réalisée par la mutualité Solidaris

Selon une étude dernièrement réalisée par la mutualité Solidaris, 4 belges sur 10 auraient reporté une consultation ou un soin médical pour des raisons financières en 2018. En effet, 18,6% a au moins une fois renoncé à pousser les portes d’une pharmacie, contre 15,5% deux ans plus tôt. En outre, 48,6% sont de plus en plus inquiets de la part grandissante qu’occupent les médicaments dans le budget santé. Aujourd’hui, 69,4% de la population pense que la qualité des soins de santé est menacée pour des raisons financières.

Bénéficier d’aides ? Oui ! Mais à quelles conditions ?

Toute personne séjournant en Belgique de manière légale doit s’affilier à une mutuelle. C’est le système « d’assurance obligatoire » qui est en vigueur en Belgique.  Pour y accéder, la personne doit posséder une carte d’identité ou un titre de séjour valable. Une fois ces conditions réunies, la personne doit faire les démarches pour s’affilier à la mutuelle de son choix. Elle est indispensable pour bénéficier de tous les avantages de la sécurité sociale en Belgique. Celle-ci a plusieurs rôles : elle rembourse en totalité ou en partie les frais de soins de santé, paie les indemnités en cas d’incapacité de travail, informe les affiliés et réponds à leurs questions en matière de soins et enfin elle propose des services complémentaires qui ne rentrent pas dans l’assurance obligatoire.
Les rôles principaux de la mutuelle restent néanmoins le remboursement des soins de santé et la prise en charge des indemnités en cas d’incapacité de travail. Par exemple, dans le cadre d’une consultation chez le médecin généraliste conventionné, elle va prendre en charge une partie de la consultation, vous ne paierez que l’honoraire du médecin tandis que l’assurance s’occupera du reste. De même, lorsqu’on vous prescrit des médicaments, vous ne prendrez en charge qu’une part du montant. Malgré cela, certaines populations ne parviennent pas à s’en sortir. Ceci est dû au coût élevé que peuvent représenter les frais, d’autant plus que tout le monde n’a pas les même besoins en matière de santé. Certaines personnes ont besoin de traitements en continu, d’autres doivent faire face à certaines grosses dépenses quand d’autres encore sont en incapacité de travail.
Par exemple, les personnes qui ne peuvent plus travailler pendant une période indéterminée, elles bénéficieront d’une indemnité d’incapacité de travail qui sera calculée en fonction de leur salaire brut. Mais cela peut parfois être insuffisant pour couvrir les différentes dépenses qui pourraient en découler. Dans ce cas, cette dernière peut se tourner vers le CPAS de sa région. Il met à disposition des cartes médicales qui permettent de bénéficier d’aides financières pour des soins définis.

Delphine L’hoir, Chef adjointe du service d’aide médicale urgente du CPAS de la ville de Bruxelles, explique lors d’une interview que c’est une enquête sociale réalisée par le CPAS qui va déterminer l’état de besoin de la personne, « Je sais que les cartes médicales ne prennent pas tout en charge, les médicaments « de luxe » font exception. Mais ces cartes peuvent être octroyées lorsque les aides de la mutuelle ou encore du chômage ne sont pas suffisantes. »
D’autre part, il y a les personnes en séjour illégal, pour qui la situation de précarité est d’autant plus importante. Comme ces personnes ne possèdent pas de titre de séjour valable, elles ne peuvent être couvertes par l’assurance obligatoire. Certaines d’entre elles ont l’opportunité d’être hébergées dans des centres d’accueil. Tous n’ont pas cette chance et se retrouvent bien souvent à la rue. C’est ce type de profil qui est dirigé vers le service de Delphine L’hoir. Dans ce service, on leur octroie « l’aide médicale urgente » c’est-à-dire une attestation de prise en charge, délivrée par le CPAS, qui garantit la participation de celui-ci à tous les frais qui pourraient être occasionnés. Elle nous explique que ceci est un autre type de carte médicale, qui ne concerne que les personnes en séjour illégal. Ces cartes couvrent plusieurs types de soins médicaux et pharmaceutiques, ainsi que les hospitalisations, ou même des frais de kinésithérapeute.
Outre le fait de proposer des aides aux populations qui en auraient besoin, le CPAS a aussi pour mission d’agir sur le long terme : « Si une personne remplit les conditions, nous sommes tenus de la pousser à s’affilier à une mutuelle dans les trois mois car cela lui permettra de bénéficier d’aides supplémentaires, qui auront toujours pour but de tendre vers l’autonomie de la personne. »

Delphine L’hoir, chef adjointe du service d’aide médicale urgente au CPAS de la ville de Bruxelles.
© de Mendonça Diego, 2019

La précarité en augmentation

D’après une étude publiée le lundi 4 novembre dans la revue scientifique « Brussels Studies », le nombre de sans-abri et de personnes mal logées en Région de Bruxelles-Capitale aurait doublé depuis 10 ans. Le CPAS est directement confronté à cette augmentation. « Il est vrai qu’on ressent cette augmentation; pour y faire face nous essayons de mettre un maximum de moyens en place pour aider ces personnes, via par exemples des logements de transit, ou encore avec des conventions qui sont faites avec des agences immobilières. Il y notamment le lancement du dispositif hiver qui renforce l’accueil de sans-abri. […] Maintenant, il y a une réalité à prendre en compte qui est l’augmentation des loyers, et particulièrement dans la région Bruxelloise, qui reste relativement chère. On essaie de pousser un peu les gens à rechercher en dehors de cette zone pour élargir les possibilités, mais ce n’est pas toujours facile car certaines personnes ont leurs habitudes ou ont leurs enfants scolarisés. Ce sont des réalités à ne pas négliger. »
On considère souvent la santé et le confort comme allant de soi, surtout ici en Belgique, où nous jouissons d’un système de sécurité sociale compétent. Malgré les dispositifs mis en place, des inégalités persistent. Et à l’aube des fêtes de fin d’année, les réalités des uns ne sont pas forcément celles des autres…

vidéo de BX1 expliquant le dispositif hiver mis en place à Bruxelles
en savoir +