Des maladies sans traitement en 2019

Un manque flagrant de nouveau médicament en Belgique. C’est une des problématiques que rencontre le marché médical depuis de nombreuses années. L’inquiétante augmentation de patients atteints de plus en plus jeunes ne cesse de croître et ce sans nouveau traitement à leurs proposé.

Test en laboratoire de l’UCL sur des vessie en plastique. El Khatabbi Nisrine 19-12-2019

Dix miliard d’euros et des années pour un médicament

Cela fait près de 30 ans qu’un nouvel antibiotique n’a pas vu le jour en Europe, pourtant des infections causant plus de 12500 décès par an en France. Comment peut-il avoir une telle absence de découverte médicale sur plusieurs décennies ? Est-ce que les méthodes de recherche sont efficaces ?

Selon Pierre Clopaert un ancien chercheur en laboratoire, ce n’est pas un travail de tout repos d’imaginer des assemblages inédits pour la création d’un médicament miracle. Cela demande énormément de temps des dizaines d’années, voire le double. Parfois, ils peuvent voir tout leur travail tomber à l’eau au bout de quelques années d’acharnement.

Les firmes pharmaceutiques regroupent chaque jour différents produits naturels comme chimiques afin d’en sortir une découverte révolutionnaire. Mais tout cela n’est pas si simple. La création d’un médicament ne dépend pas seulement de la performance des chercheurs. Cela va beaucoup plus loin. Dès la manifestation d’une nouvelle maladie ou encore d’une maladie dont l’importance de trouver un nouveau médicament ne peut plus attendre, les laboratoires se mettent au boulot. Analyse, expérience, recherche, etc. Il se démène pour trouver un mélange exceptionnel qui pourrait les faire avancer.

Avant même de commencer à tester le produit, la firme doit demander une autorisation et justifier exactement la raison pour laquelle elle souhaite entamer la recherche auprès de L’OMS (organisation mondiale de la santé). Les médicaments sont les résultats de longue année de recherche qui demandent près de 1 milliard d’euro d’investissements. Ni le département de la santé qui finance les laboratoires ou encore l’Etat ne veut prendre le risque de perdre une telle somme. Alors il faut un certain niveau de certitude de l’efficacité du produit avant de travailler dessus. Et surtout afin de recevoir les subsides pour entamer les essais.

Des recherches laissées à l’abandon

« Souvent, on trouve un remède incroyable pour une maladie fraîchement découverte, on sue jour et nuit pour aboutir à quelque chose. Mais tout cela demande du temps et quand une maladie se fait connaître le temps, ce n’est pas ce qu’on a. il faut trouver un traitement et vite ! Car une maladie, ça évolue, des complications apparaissent, des aggravation surtout. Alors j’ai vu tout au long de ma carrière dans les laboratoires des médicaments qui auraient pu soigner certaines maladies comme la thyroïde sans intervention chirurgicale, mais cette saleté a tellement vite évolué que le temps de pouvoir mettre en ventre le traitement que notre trouvaille n’était plus assez efficace. » Nous révèle Monsieur Colpaert, ancien chercheur en laboratoire pharmaceutique chez Abbott à Diegem, dont les domaines d’expertise sont : Diabète, Diagnostique, Biologie moléculaire, Médical Optique, Pharmaceutique Vasculaire.

Abbott laboratoire pharmaceutique d’aide à la recherche Julien Hétri 05-04-2017 CC BY SA 4.0

Toutes les étapes qui sont nécessaires au développement d’un nouveau médicament sont surveillées de très près. De la naissance de l’idée trouvée entre les murs blancs qui enferment les chercheurs à sa mise en vente sur le marché.

L’étape la plus sensible sont les essais de ces différentes conceptions. Cela correspondra à l’évaluation du niveau de la toxicité et de la tolérance du traitement chez le patient. Les tests sont d’abord exercés sur certaines espèces animales afin d’avoir une idée sur les potentielles doses injectables à l’Homme. Ensuite, l’étude est faite sur des patients volontaires. Afin de pouvoir être « un candidat médicament », il faut absolument n’avoir aucun problème de santé. Les testeurs injectent des doses croissantes de médicaments aux patients et détectent tout signe d’anomalie ; de régression comment le médicament va se dissoudre dans le corps, son absorption, son métabolisme, son élimination ou encore s’il provoque des effets secondaires. Tout au long du processus, le patient est sous haute surveillance. Les résultats requis permettent de vérifier, comparer et calculer les doses tolérées par l’homme aux tests faits sur les animaux. Une fois que tous les aspects négatifs et / ou positifs du produit sont révélés, les chercheurs peuvent organiser la production du médicament.

« Ce n’est pas si simple que ça de trouver des volontaires, les chercheurs préféreraient faire leurs tests sur des jeunes adultes comme vous encore en forme, en bonne santé, etc. Mais quand on a votre âgé aidé à l’avancée de la médecine, n’est pas une de vos priorités, du moins pas moins que de savoir qui a quitté, je ne sais quelle aventure de télé réalité (petit rire). Après, il y a aussi la peur de savoir que l’on va nous injecter un produit encore jamais testé. Ça peut prendre des années de trouver des volontaires qui ont les critères requis. Mais on y arrive doucement, mais sûrement » ajoute notre professionnel de la santé.

Un médicament en cache parfois un autre

Si la difficulté de parvenir à mettre en vente un médicament est de plus en plus grande, la chance tourne parfois du côté des chercheurs. Le Viagra est un médicament conçu pour des problèmes artériels. Alors que des hommes touchés par des troubles érectiles et qui ont eu recours à ce médicament pour des problèmes artériels se sont vu avoir deux problèmes guérir plutôt qu’un.

« Je pense qu’aujourd’hui, le premier frein qui peut nous arrêter, c’est malheureusement devenu l’argent. Je ne peux pas te donner de nom de médicament car ils n’ont jamais vu le jour puisque la demande financière afin de pouvoir le concevoir était beaucoup trop haute et elle n’aura jamais été rentable. Les projets ont donc dû être annulés et remplacés par des moins coûteux. »

Il faut que chaque citoyen sache tout le travail qui se cache derrière ces boîtes délivré par nos médecins. Il faut aider à l’évolution, à la découverte. Personne n’est passif, chacun pourrait contribuer à la recherche en étant volontaire pour des tests ou encore donateur pour des associations qui poussent à le recherche telle que Télé vit.

On estime finalement que sur 10 000 molécules criblées, 100 seulement sont testées pour aboutir à 10 médicaments candidats, dont 1 seul est finalement commercialisé. Alors ne perdons pas de temps et investissons nous d’avantage.

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