Zoom sur l’accessibilité aux soins pour personnes handicapées …

Les personnes handicapées souffrent de difficultés au niveau de l’accessibilité les encombrant dans leur vie quotidienne. L’autorité est soutenue par des aides complémentaires pour parvenir à trouver des solutions efficaces à cette problématique qui persiste encore à l’heure actuelle.

© Cris Renma via Pixabay. Accessibilité.Invalidité.Barrières.
Utilisation autorisée.

Belgique 2019, l’Organisation de Coopération et de Développement Economiques (OCDE) constate que 99 % de la population du pays bénéficie d’une assurance maladie obligatoire. Au monde, ce système de santé belge représente l’un des meilleurs, le 5ème le plus efficace en Europe pour être exact. Notre pays accorde une importance conséquente au domaine de la santé. 10,4 % de son PIB en 2018. Cependant, de nombreuses inégalités en terme d’accessibilité se constatent, y compris pour les personnes ayant un handicap.

Bien qu’il représente 15% de la population mondiale, le handicap n’est pas égalitaire d’un point de vue politique que social, économique ou culturel.

Gérard Silvestre va tenter de répondre à nos interrogations sur le sujet du handicap. Gestionnaire de projet à Alteo, mouvement social de personnes malades, valides et handicapées, association reliée au Cawab défendant l’accessibilité pour les personnes à mobilité réduite sera notre témoin tout le long de cet article.

Pour quelles raisons ?

© Camille Voordecker, août 2020.
Gérard Silvestre, malvoyant accompagné de son son fidèle compagnon, Mistral.
« Il faut aller à la rencontre des gens, les gens isolés. Si personne ne va vers eux, ils crèvent tout seul. »

 » A l’aide des témoignages, nous avons constaté trois grandes problématiques. Le première est l’accessibilité aux infrastructures au niveau des bâtiments et des instruments de soins.

« Je ne vais plus chez le gynécologue depuis des années parce que les tables ne sont pas accessibles dû à mon handicap » Témoignage recueilli par Gérard Silvestre

(…) Le diable est dans les détails c’est-à-dire que dans les hôpitaux, on voit par exemple des problèmes d’accessibilité aux sanitaires. Des trucs énormes comme les toilettes pour handicapées sont transformées en remise ou encore l’inaccessibilité aux guichets; guichets trop hauts et trop larges.

Tweet sur un mécontentement du manque d’accessibilité pour personnes à mobilité réduite.

« La deuxième problématique est tout ce qui touche à la relation. » Cet acteur militant pour les valeurs du handicap nous mentionne que la signalétique est un des plus grands facteur portant préjudice à une vie plus « sereine ». Il nous donne l’exemple suivant : « Dans les hôpitaux, c’est chaque fois un casse-tête, on te donne des routes à suivre, tu ne t’y retrouves jamais même pour les valides. (…) Il y a également l’aspect relationnel qui rentre en compte : la relation entre le soignant et le soigné ou encore entre le soignant et l’un des parents du soigné. Nous sommes confrontés à un contexte dans les hôpitaux avec un financement pour faire tourner la machine. Les médecins sont, je dois dire, acteurs et victimes à la fois. Ils sont sous pression.  Ce ne sont pas eux qui décident mais ce sont eux qui en profitent quand-même. Ils font beaucoup d’actes donc ils récoltent plus d’argent.  »

Un des principes depuis la loi des droits du patient depuis 2002 est la liberté des choix du prestataire cependant, cette règle n’est pas tout a fait respectée dû au manque d’accessibilité. « Les personnes à mobilité réduites n’ont plus le choix du prestataire puisque il y a pt 60-80% des cabinets qui ne sont pas accessibles et ce, pour tous les prestataires »

« Je suis hospitalisé suite à une encéphalopathie qui me rend aphasique. La nuit, je sonne pour appeler l’infirmière, elle arrive dans la chambre et je n’arrive pas à lui exprimer mes besoins. Elle s’en va en me disant : « quand vous saurez ce que vous voulez dire, vous rappellerez ». J’ai résonné plusieurs fois et à chaque foi, elle revenait dans la chambre et repartit après quelques secondes. J’ai donc dû attendre le lendemain matin pour qu’une autre infirmière prenne le relais et comprenne mon aphasie pour enfin s’occuper de moi. » Témoignage recueilli par Gérard Silvestre

La troisième problématique moins fréquente mais tout aussi importante est la préparation de la sortie.

 » Liège, un homme tombe avec les deux mains vers l’avant et se casse les poignets. Après avoir fait le strict nécessaire pour le soigner : « Monsieur, vous pouvez retournez chez vous » sans savoir si le monsieur en question a quelconque aide pour l’aider dans sa routine quotidienne étant donné qu’il est dépourvu de la motricité de ses poignets pendant un petit temps. »


Radio Rtl midi. Plus de droits pour les personnes handicapées avec Sophie Cluzel, secrétaire d’Etat française chargée des personnes handicapées.

Les améliorations actuellement en 2020 …

L’ONU attendait une amélioration suite à l’évaluation réalisée en 2019 sur la mise au point de l’accessibilité en Belgique pour les personnes handicapées. Notre enquêteur, homme du terrain, Gérard Silvestre mentionne ces changements : « Par rapport à l’accès aux soins, pour donner un exemple très positif, il y a des choses qui bougent par exemple, l’Avicq, la sorte de tutelle du secteur hospitalier a rédigé un référentiel des aménagements des nouveaux bâtiments. (…) C’est tout récent. Maintenant, on devrait étendre ça aux cabinets médicaux, médecins, dentistes etc qui sont en cabinet. Il y a des choses qui évoluent mais de toute façon c’est un cycle relativement lent. Le secteur associatif doit absolument être derrière pour créer du changement. Ici, on a travaillé sur les parkings, on a fait aussi une proposition d’aménagements de place confort à Liège. Si on doit se limiter aux personnes qui ont des cartes de stationnement, on va exclure toute une série de personnes qui ont quand-même besoin d’une place de parking avec un aménagement plus large d’où cette places « confort » Nous observons déjà la mise à disposition trouver des places « conforts » au sein du parking de la clinique CHC Mont Légia à Liège. En effet, celles-ci sont plus grandes et son plus voyantes que les places de parking « traditionnelles ».

Et le soutien de l’autorité dans tout ça ?

La convention de l’ONU mentionne que l’autorité se doit de mettre  tout en œuvre pour que toutes les personnes ayant un handicap quelconque puissent jouir des mesures de soutien. Le problème c’est que le niveau individuel ainsi que le besoin réel d’un soutien sont rarement analysés ou pris en compte comme le refus de budget d’assistance personnelle en raison d’un entourage proche alors que ce même entourage ne souhaite pas prendre les soins en charge ou encore le fait qu’une personne sourde ne peut pas participer à certains loisirs étant donné que le quota d’heures d’interprétation attribué ne suffit pas. « C’est important d’avoir des balises pour dire, il faut avoir un objectif à atteindre et ça donne une obligation de résultats. Cela donne une légitimité à ce qu’on le demande. On a plus besoin de se justifie en donnant l’impression de demander des faveurs. C’est un droit qu’on exerce. J’ai droit. C’est important de se dire qu’on a quitté le registre de la bienfaisance. Plus, on met des normes, plus on met de temps à faire un projet plus ça coutera aussi, on doit rester donc le plus raisonnable. « 

Des solutions apportées par des personnes engagées…

Par l’optimisme de personnes comme Gérard Silvestre, nous pouvons tous à notre façon essayer de trouver des solutions pour s’aider les uns les autres. L’avancement est lent.

« On vit les choses, on voit ce qui se passe dans la vie de tous les jours. Pour ça, il faut rencontrer des gens, des gens qui ne parlent à personne. Qui n’ont pas ce droit tellement qu’ils sont isolés. » Un des idéaux de cet homme :  « On pourrait faire valoir des arguments pour que l’hôpital mette la main à la patte, les gens seraient en meilleure santé et n’auraient pas à accumuler les problèmes et le personnel médical irait plus vite pour faire des soins et serait plus facilement disponible pour d’autres personnes. »

Pour en savoir plus :

Camille Voordecker, 23 ans. Étudiante en Bachelier de Communication à l’ISFSC.  Très observatrice par le monde qui m’entoure, la découverte m’anime. Ma créativité, ma générosité, ma sensibilité, mon audace, ma bienveillance, mon optimisme mais aussi ma persévérance me donnent envie d’avancer pour donner le meilleur de moi-même dans le but de contribuer au monde de demain !