Les soins de sante sont-ils réellement accessibles aux sans-abri en Belgique ?

Mieux ne vaut pas tomber malade pour un sans-abri en Belgique. Entre difficulté et précarité la vie reste t-elle une épreuve a surmonter ?

photo : piqsels

En Belgique, l’espérance de vie d’un sans-abri est estimé à 50 ans soit 30 ans de moins que la moyenne population. Dans notre pays l’accès aux soins n’est pas toujours évident pour un sdf. Vivre dans la rue à en effet un impact sur la santé mentale, mais surtout physique. Les sans-abris sont beaucoup plus vulnérables face aux maladies en plus des troubles psychologiques qui les guettent chaque jour, en effet comme nous a fait part Coralie Debreuq responsable de communication chez infirmiers de rue

« ils sont divers : il y’a déjà les problèmes psychiatriques et de santé qui naissent ou s’aggravent à cause de la vie en rue ».

Si les soins de santé doivent être accessibles à tous les citoyens sans exception, ce n’est pas toujours le cas pour eux. Ils n’ont pas droit à certains traitements pour certaines pathologies. Ce qui nous pousse à nous poser la question sur les réelles volontés de la société à offrir au plus vulnérable une vie un peu plus confortable. Quels sont donc les obstacles qui empêchent les sans-abri d’accéder aux soins ? 

Une santé mentale et une santé physique à rude épreuve !

  Les sans-abri ont une santé mentale plus fragile que le reste de population. Selon Coralie Debreuq face à la réalité et leurs conditions de vie, nombreux d’entre eux ont perdu toute motivation de se constituer des perspectives d’avenir. Certains se réfugient dans l’alcool, le tabac et même la drogue. La déprime et le désespoir n’épargnent pas leur santé mentale. Pour continuer à survivre, certains d’entre eux s’effacent et se confinent dans leurs propres univers.   Afin de les aider, les acteurs sociaux doivent percer cette coquille qu’ils se sont fabriquée, ce qui n’est pas toujours évident. Cela constitue un véritable défi à relever. S’ajoutent à cela en expliquant Coralie, les risques physiques qui les guettent comme une mauvaise alimentation, source de carences ainsi que les problèmes dentaires qui compliquent l’alimentation. Cela les empêche de consommer des aliments consistants et plus sains. Ils n’apprécient que les nourritures sous forme de liquide, qu’ils peuvent avaler facilement. Les problèmes de peaux sont très fréquents chez les sans-abri. La plupart de leur plaie n’ayant pas été soignée correctement s’infecte et se complique. Avec le tabac et l’alcool, ils peuvent souffrir du cancer du poumon et de la gorge. Pourtant la personne sans abri ne prendra conscience de son état qu’à un stade avancé de la maladie, rendant les soins presque inefficaces. 


Des parcours de soins remplis d’obstacles !

Les sans-abri à  travers le CPAS  peuvent accéder aux soins de santé. Cet organisme leur propose une aide médicale. Cependant, il doit effectuer une enquête sociale pour connaître ce dont la personne aura réellement besoin, ce qui n’est pas toujours évident à cause du fait qu’ils n’ont pas de domicile fixe. L’enquête peut s’étendre jusqu’à plus de trois semaines. En cas de situation urgente, les hôpitaux prodiguent les soins d’urgence puis demandent au CPAS le remboursement des soins encourus, si le patient fait partie de leur base de données. Face à la demande qui ne cesse d’augmenter tous les jours des associations proposent leur aide , mais se très souvent trouvent submergées de demande et leur offre n’est pas toujours suffisante. Pour combler les manques, certains infirmiers de rues proposent parfois d’intervenir sur place s’il s’agit d’une urgence comme nous explique Coralie Debreuq

« Nous ne pouvons malheureusement pas suivre intensément toutes les personnes sans-abri de Bruxelles. C’est pourquoi nous avons mis en place ce système de pré-suivi. Cela nous permet de tout de même garder un œil sur un maximum de personnes, et de commencer à créer un lien ».

Ils incitent ensuite le patient à s’adresser à certaines structures, leur permettant de profiter de soins beaucoup plus adaptés, mais convaincre à une telle catégorie de personnes de se faire soigner constituent encore un énorme défi à relever pour le personnel médical. Chez les sans domicile fixe, les réels obstacles sont d’ordre psychologique.  Un accueil pas toujours encourageant et un statut social absent. Dans certains cas, quand les sans-abri arrivent dans un centre de soin, ils ne reçoivent pas toujours l’accueil dont il mérite. Certaines personnes des centres médicaux refusent par exemple de soigner un sans-abri parce qu’il est ivre ou parce qu’il manque d’hygiène. Ces cas évoquent les principaux obstacles qui empêchent les sans-domiciles fixes d’accéder aux soins en Belgique. Les sans-abris sont souvent victimes de préjugés qui les empêchent de bénéficier d’une prise en main de qualité. De plus, les sans-abri ne bénéficient pas d’un statut social qui leur facilite l’accès aux soins.   Même si l’assurance santé est obligatoire pour tous les résidents en Belgique, cela ne leur permet pas de profiter des soins de qualité, réellement adaptés à leurs besoins. Certains d’entre eux ne connaissent même pas l’existence du CPAS, et la complexité de certaines procédures administratives les empêche d’être soignés à temps. Les jurisprudences en rapport avec l’accès aux soins des personnes précaires sont également peu connues des prestataires de soins, ce qui les empêche de faire leur travail efficacement. 

https://www.youtube.com/watch?v=q4JpWewvyA4

Les maisons médicales : une bonne alternative ?

image : Pixabay

  Face aux différents obstacles pour accéder aux soins, les sans-abris peuvent profiter des aides proposées par les maisons médicales. Celles-ci n’ont rien à voir avec les hôpitaux privés. Elle utilise un système de financement forfaitaire et l’autogestion pour fonctionner.   L’institution est gérée par une association de travailleurs permettant aux maisons médicales de fonctionner sans l’aide de financement d’un tiers.   Avec les structures déjà existantes, les maisons médicales disposent assez de ressources pour fonctionner longtemps. Les maisons médicales permettent à tout type de population pour profiter des soins adéquats. 

https://twitter.com/CroixRougeBE/status/1196385666411704328



Résoudre la complexité de la santé des personnes sans-abris est un défi que l’État belge doit relever. Beaucoup d’améliorations doivent être mises en place, notamment la création de logements décents et un travail correct. L’accès aux soins passe par des conditions de vie plus agréables. Tant que cela n’est pas mis en place, il est difficile au sans-abri d’accéder aux soins de santé un fait que nous affirme également Coralie lors de notre interview

« C’est sûr que ce n’est pas un travail facile. Il faut savoir jongler entre l’administratif, le médical et les demandes des patients. Et tout ne concorde pas toujours ! Mais notre méthode fonctionne : nous avons prouvé qu’aucun cas n’est désespéré, et que tout le monde peut sortir de la rue ».

Il faut cependant appliquer une pérennisation à chaque projet pour que les structures publiques s’améliorent. Il faut comprendre que le problème des sans-abri est assez compliqué. Ils sont insolvables et donc moins rentables, qu’il faudra une importante solidarité pour que chacun puisse accéder à des soins adaptés. Les obstacles sont nombreux et pour l’instant, l’accès aux soins est assez difficile pour les sans-abris en Belgique. 

El AmartI Mohamed étudiant Bac 1 commu haute école isfsc