La Belgique, modèle en matière d’accès aux soins ? Pas si sûr …

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Depuis de nombreuses années, beaucoup de questions se posent par rapport à l’accès aux soins. Souvent, les femmes sont touchées par les plus grandes difficultés. Le gouvernement manque parfois à son devoir et de nombreuses associations sont donc à la tâche pour aider ces femmes.

Depuis plusieurs années maintenant, la Belgique est considérée par l’Euro Healt Consumer Index (EHCI) comme étant le 5ème meilleur pays en matière de soins de santé en Europe. Effectivement, la qualité des soins prodigués de nos jours en Belgique sont reconnus partout dans le monde. La recherche belge est l’une des meilleures du monde, et plusieurs grandes avancées scientifiques dans le domaine de la santé ont vu le jour dans le plat pays. Des chercheurs de l’ULB ont récemment fait avancer la recherche contre le cancer en découvrant comment les métastases parviennent à migrer. Néanmoins, la Belgique a encore de nombreux progrès à faire en termes d’accès.

L’accès aux soins de santé est un problème qui ne date pas d’hier, le système social actuel ne fait qu’accentuer cette problématique. Ce n’est plus une surprise d’entendre que des femmes vivant seules avec leurs enfants se délaissent au profit du bien des autres. Les personnes en situation de difficultés financières, ou dans une situation familiale instable sont les plus touchées.

« Ces femmes luttent pour pouvoir vivre »

Colette Jadot, responsable du groupe de travail nivellois de l’association « Vie féminine » explique : « Parmi ces personnes en situation de difficulté, on retrouve les femmes. Souvent mise à part dans une société très machiste, ces femmes luttent pour pouvoir vivre. L’émergence des familles mono-parentales rend souvent très dure la situation financière de ces femmes. »

L’instabilité financière est l’une des principales causes du manque de soins chez les femmes. Les inégalités salariales sont activement combattues, mais il n’empêche qu’elles persistent. Souvent dans des branches du travail moins valorisées. « C’est un fait, les femmes touchent moins et nous combattons cela activement. Néanmoins, on note que des aides sont à disposition, mais on déplore aussi qu’elles ne soient pas correctement renseignées. Peu de femmes connaissent réellement leurs droits,… conclut-elle. »

Pas qu’un problème d’argent

Être une femme est un désavantage pour bénéficier d’un bon accès aux soins de santé, et pas seulement à cause des problèmes d’argent. Beaucoup de traitements dit « banals » chez les femmes sont souvent très onéreux. Colette Jadot explique: « Le prix de la pilule contraceptive, et de ce qui est nécessaire pour le bon déroulement des règles est hors de portée pour beaucoup. Une nouvelle fois, elles se délaissent. Mais certaines pratiques médicales sont aussi très violentes, voire dangereuses pour la femme. Je pense notamment aux mutilations génitales lors d’une naissance, ou bien encore à certains examens médicaux ».

De ces examens, on peut retenir par exemple l’hystérographie, un examen assez douloureux souvent prescrit aux femmes qui ont des difficultés à avoir un enfant. Cet examen provoque des grosses douleurs vaginales, des saignements, etc. De quoi en refroidir plus d’une. Souvent peu prises au sérieux quant à la douleur, c’est parfois compliqué d’expliquer ce que l’on ressent quand on sait que les médecins sont majoritairement des hommes. Même si la qualité médicale semble être égale, un médecin homme n’aura pas le même contact, pas la même approche quant à un problème qui ne touche que les femmes.

Et le gouvernement dans tout ça ?

Le gouvernement travaille depuis quelques années sur les droits de la femme dans la société. Beaucoup de points ont été résolus, mais pour la santé ce n’est pas encore gagné. « La Belgique est un pays avec une très bonne sécurité sociale, par rapport à d’autres pays dans le monde, nous n’avons pas à nous plaindre. Il n’empêche que la politique actuelle menée par Maggie De Block a beaucoup de points négatifs. Les budgets pour la prévention ont été fortement diminués, les dépistages sont eux aussi touchés par cette restriction budgétaire. » Cette diminution a pour conséquence directe un manque de suivi des gens pour leur santé.

Et pourtant, investir dans les moyens utiles à la prévention ou au dépistage pourrait également avoir un aspect positif. Le prix des traitements est bien supérieur à celui du dépistage. Investir dans ce dernier permettrait de diminuer le nombre de malades ou de personnes atteintes par un quelconque problème de santé, et donc de diminuer le montant réservé au traitements.

Il y a encore du boulot

Beaucoup d’efforts sont fournis par la Belgique afin de changer la situation. Par contre, il est souvent difficile de trouver des solutions sur le long terme. Malgré un travail acharné de la part des associations et des mouvements qui luttent pour aider toutes les personnes en situation de difficulté, c’est parfois compliqué de tout gérer. « Vie Féminine » survit essentiellement grâce aux dons et aux cotisations de ses membres. Certains subsides nationaux et régionaux viennent aussi s’y ajouter.

Leur travail est pourtant essentiel comme le dit Colette, qui est responsable du groupe de travail nivellois, « Nous luttons au quotidien afin de pouvoir aider ces femmes. Nous les instruisons, le but de notre démarche est de pouvoir les rendre autonomes dans cette société très difficile. De nos jours, les femmes subissent diverses violences : économiques, physiques, et psychologiques. Certaines vivent un véritable enfer, et d’autres organismes comme les maisons maternelles ont un rôle important dans l’émancipation de certaines femmes qui souvent sont au plus bas ».

La jeunesse actuelle et les personnalités telles que la chanteuse Angèle se mobilisent elles aussi. Ici lors des manifestations du 23 novembre dernier.

Un futur que Colette Jadot espère bon

Au sein de « Vie Féminine » depuis 30 ans, la mentalité et les combats du mouvement ont changé et évolué avec le temps. Non pas pour déplaire car la principale force est de pouvoir se remettre en question et se repositionner sur certains sujets de manière continue. La constante évolution de la société pousse les mouvements comme « Vie Féminine » à aller de l’avant. Depuis quelque temps la place de la femme au sein de la société a été revue. La femme est devenue une personne à part entière. Le temps ne fera que faire évoluer positivement la place de celle-ci, et qui sait, un jour peut-être gagneront-elles leur combat.

Lucas Dehoux

Sur les maisons maternelles et leurs rôles avec les femmes: Maison Maternelle du Brabant Wallon

Sur l’association et ses combats au quotidien : Vie Féminine

Lucas Dehoux

Titulaire d’un CESS de transition en sciences sociales et éducatives. Titulaire d’un certificat d’éducateur A1

Actuellement étudiant en communication à l’ISFSC.

Animateur radio chez « Fun Radio » Animateur radio chez « Ultrason » Responsable communication dans la radio « Ultrason »